avanie
- nature
- nom féminin
- diction
- [avani] · 3 syllabes
- attesté
- 1557
- usage
- moins de 1 par million de mots
Sens et définitions
Nom 2
-
Affront fait de propos délibéré. Traitement humiliant qu’une personne reçoit publiquement.
- Avanie et framboise sont les mamelles du destin. Boby Lapointe, Framboise, 1960
1 emploi spécialisé
- Histoire Vexation, insulte à la dignité des pèlerins et des étrangers en général, que les Turcs pratiquaient au Levant en exigeant de l’argent.
Citation
J'avais été prévenu de ne me laisser jamais plaisanter par un Turc, si je ne voulais m'exposer à mille avanies
Origine du mot
Avanye, (« imposition infligée par les Turcs aux chrétiens, rançon ») , (1713) avanie ; de l’italien avania (« taxe injustifiée »), du turc qui l’a emprunté à l’arabe خوان, khawwaan (« non-fiable, traître »), ou, plus pertinent selon Antoine-Paulin Pihan, de l’arabe هوان, hawane qui signifie (« mépris »). Louis Marcel Devic rejette le bas grec άβανία car il correspond à l’arabe أواني, awani qui signifie (« ustensiles »).
1873 — le Littré
AVANIE s. f. (a-va-nie)
1 Vexations qu'exerçaient les Turcs contre ceux qui n'étaient pas leurs coreligionnaires, pour leur extorquer de l'argent.
- J'avais été prévenu de ne me laisser jamais plaisanter par un Turc, si je ne voulais m'exposer à mille avanies — CHATEAUB., Itin. 57
2 Traitement humiliant, affront public. encore relevé aujourd’hui
- Je veux aux yeux de tous vous en faire avanie, à toute heure, en tous lieux — REGNARD, le Joueur, V, 4
- Phocion essuya la même avanie — DIDER., Ess. s. Claude, liv. II
1 autre citation
- La dîme royale le délivrerait [le peuple] tout d'un coup de toutes les vexations et avanies des collecteurs, des receveurs des tailles et de leurs suppôts — VAUBAN, Dîme, p. 57
Étymologie
Grec moderne ἀϐανία ; de l'arabe houân, mépris. On trouve vanie :
- telles vanies des Turcs ne s'apaisans que par présens, — Mercure françois, t. IV, 1616, p. 403.
Supplément au dictionnaire
AVANIE. - ÉTYM. Ajoutez : M. Devic, Dict. étym. n'admet pas l'arabe houān, mépris, que Pihan a indiqué, le sens n'étant pas satisfaisant ; ce qui lui paraît le plus plausible, c'est que avanie correspond à un terme du Levant, awāni, qui n'est pas dans les dictionnaires, et qui se rattache peut-être à l'habitude où étaient les courriers royaux de rançonner les populations, d'où ἀγγαρεύειν, angariare et awāni, [voy. ANGARIER au Supplément].
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (cibles)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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