calomnie
- nature
- nom féminin
- diction
- [kalɔmni] · 3 syllabes
- usage
- 4 par million de mots
- parenté
- calomnier
Sens et définitions
Nom 1
-
Critique injustifiée, inventée avec le dessein de nuire à la réputation ou à l’honneur.
- En outre, ils ont accueilli trop facilement les calomnies que toute opinion régnante épargne rarement aux opinions indépendantes. Jean-Jacques Ampère, La Chine et les travaux d'Abel Rémusat, Revue des Deux Mondes, 1832, tome 8
Formes fléchies 5
- Première personne du singulier de l’indicatif présent de calomnier.
-
Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de calomnier.
- Il arrive presque toujours qu’un homme ignore les bruits qui courent sur son compte : une ville entière s’occupe de lui, le calomnie ou le tympanise ; s’il n’a pas d’amis, il ne saura rien. Honoré de Balzac, La Vieille fille, 1844
- Première personne du singulier du subjonctif présent de calomnier.
- Troisième personne du singulier du subjonctif présent de calomnier.
- Deuxième personne du singulier de l’impératif de calomnier.
Citation
Pour faire une œuvre grande Qui de la calomnie et du temps se défende
Origine du mot
Emprunt savant au latin calumnia (« chicane », « fausse accusation ») qui donne chalonge en ancien français, challenge via l'anglais.
Dans le dictionnaire latin : calumnia
1873 — le Littré
CALOMNIE s. f. (ka-lo-mnie)
1 Imputation que l'on sait fausse, et qui blesse la réputation et l'honneur. C'est une noire calomnie. Repousser une calomnie. encore relevé aujourd’hui
- Les calomnies qu'on imposait aux chrétiens — BOSSUET, Hist. I, 10
- Pour vous voir vous laver de cette calomnie — MOL., Mis. V, 4
2 Absolument, les calomniateurs. Être en butte à la calomnie.
- J'inventai des ressorts, j'armai la calomnie — RAC., Esth. II, 1
- Rois, chassez la calomnie — ID., ib. III, 3
3 autres citations
- Pour faire une œuvre grande Qui de la calomnie et du temps se défende — RÉGNIER, Sat. IX
- Il n'est pas mal de couper une tête de l'hydre de la calomnie dès qu'on en trouve une qui remue — VOLT., Lett. Damilaville, 8 nov. 1762
- La calomnie ! Monsieur, vous ne savez guère ce que vous dédaignez ; j'ai vu les plus honnêtes gens près d'en être accablés ; croyez qu'il n'y a pas de plate méchanceté, pas d'horreurs, pas de conte absurde qu'on ne fasse adopter aux oisifs d'une grande ville, en s'y prenant bien.... D'abord un bruit léger, rasant le sol comme une hirondelle avant l'orage.... telle bouche le recueille, et, piano, piano, vous le glisse en l'oreille adroitement ; le mal est fait : il germe, il rampe, il chemine, et, rinforzando, de bouche en bouche, il va le diable ; puis tout à coup, ne sais comment, vous voyez la calomnie se dresser, siffler, s'enfler, grandir à vue d'œil ; elle s'élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient un cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription — BEAUMARCHAIS, Barbier de Sév. II, 8
Historique
XIe s.
- Jetez moi [sauvez-moi] hui de mort e de calunge — Ch. de Rol. CCLXVI
XVe s.
- Sans aucune fraude ou calomnie de verités — J. LE FEVRE DE ST-REMY, Hist. de Charles VI, p. 39, dans LACURNE
- Liqueur, chere amie, Pour la calomnie, Ne crains point qu'aucunement à jamais ; je t'oublie — BASSELIN, X.
XVIe s.
- Tant qu'il fust present, il vint toujours au dessus de ses calumniateurs autant qu'il voulut, et n'eurent leurs calumnies aucun effet encontre luy, sinon pendant qu'il fut absent — AMYOT, Alc. et Cor. comp. 6
- Lorsque le juge aura soupçon que le procureur use de cavillation, il pourra d'office, en quelque estat que la cause soit, exiger de lui le serment de calomnie, de sorte que, si après le dit serment le procureur estoit trouvé calomniateur, il seroit puni comme parjure — Nouveau coustumier général, t. I, p. 721
Étymologie
Provenç. calonja, calumpnia ; espagn. calumnia ; ital. calonnia ; de calumnia. Calomnie est un mot refait sur le latin ; l'ancienne forme est calenge, chalenge, reproche, défi (d'où l'anglais challenge, défi, provocation), avec l'accent tonique sur la même syllabe qu'en latin (calúmnia).
Supplément au dictionnaire
CALOMNIE. - HIST. XVIe s. Ajoutez :
- .... Que, au prealable.... tu ne sois deuement et canoniquement purgé de calomnie et conseil [purgé de l'imputation d'avoir calomnié et d'avoir besoin d'un conseil judiciaire] — Œuvres facétieuses de Noël du Fail, Paris, 1874, t. II, p. 214
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (cibles)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « calomnie » du Wiktionnaire.