emprunter
- nature
- ver
- diction
- [ɑ̃pʁœ̃te] · 3 syllabes
- usage
- 23 par million de mots
Sens et définitions
Verbe 7
-
Demander et recevoir en prêt, obtenir à titre de prêt.
- Tant de doubles qu’à force de s’emprunter, se rendre, se remprunter les stylos à bille, on en avait le tournis ! Jypé Carraud, Tim-Tim-Bois-Sec, éditions Payot et Rivages, 1996, collection Rivages/Mystère, page 83
-
Prendre pour s’approprier et utiliser, en parlant d'une chose.
- La matière première est le bois de tremble, excellent combustible et docile à la main, qu'on paie 2 francs le décistère, mais qu'on emprunte aussi aux forêts de l’État, dans les nuits d'hiver : c'est le bois de lune. « Excursion mycologique du 13 Septembre 1908 dans les bois de Landèves et de Vandy », compte rendu par V. Harlay, dans le Bulletin de la Société d'histoire naturelle des Ardennes, 15ᵉ année, tome 15 (1908), Charleville : chez A. Anciaux, note 1, p. 77
-
figuré Utiliser ; se servir de.
- L’État a choisi le dossier Cofiroute et son tunnel de dix kilomètres à deux niveaux de circulation superposés réservé aux seuls véhicules légers : les poids lourds n’emprunteront pas l'ouvrage, ils auront le leur. Denis Lemarié, Chroniques de Versailles : Janvier à juillet 2005, Éditions Publibook, 2005, page 181
-
figuré Se servir, user, tirer parti de ce qui est à un autre ou de ce qu’un autre fournit.
- Ce sont donc le lunettes d’Argand que nous emprunterons pour suivre, à cinquante millions d’années de distance, la genèse des Alpes. Pierre Rousseau, Histoire de la Terre, volume 2 : Jeunesse de la Terre, Nouvelles Éditions Latines, 1950, page 63
-
Suivre une voie, un chemin ou une route.
- La vieille route est une fondrière que sauf le « piéton », porteur de la gazette ou de lettres, nul étranger n’emprunte plus… Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958
2 emplois spécialisés
-
Linguistique
Introduire un mot d’une autre langue.
- Entre le Moyen Âge et la Seconde Guerre mondiale, l’anglais a emprunté plus de 5 000 mots au français, alors que le français en a emprunté un peu plus de 3 000 à l’anglais durant la même période. Magali Favre, Si la langue française m'était contée, Fides, 2021, page 397
- Philosophie Introduire un mot d’un autre.
Conjugaison
Indicatif
Présent
- j'emprunte
- tu empruntes
- il emprunte
- nous empruntons
- vous empruntez
- ils empruntent
Imparfait
- j'empruntais
- tu empruntais
- il empruntait
- nous empruntions
- vous empruntiez
- ils empruntaient
Passé simple
- j'empruntai
- tu empruntas
- il emprunta
- nous empruntâmes
- vous empruntâtes
- ils empruntèrent
Futur simple
- j'emprunterai
- tu emprunteras
- il empruntera
- nous emprunterons
- vous emprunterez
- ils emprunteront
Passé composé
- j'ai emprunté
- tu as emprunté
- il a emprunté
- nous avons emprunté
- vous avez emprunté
- ils ont emprunté
Plus-que-parfait
- j'avais emprunté
- tu avais emprunté
- il avait emprunté
- nous avions emprunté
- vous aviez emprunté
- ils avaient emprunté
Passé antérieur
- j'eus emprunté
- tu eus emprunté
- il eut emprunté
- nous eûmes emprunté
- vous eûtes emprunté
- ils eurent emprunté
Futur antérieur
- j'aurai emprunté
- tu auras emprunté
- il aura emprunté
- nous aurons emprunté
- vous aurez emprunté
- ils auront emprunté
Subjonctif
Présent
- j'emprunte
- tu empruntes
- il emprunte
- nous empruntions
- vous empruntiez
- ils empruntent
Imparfait
- j'empruntasse
- tu empruntasses
- il empruntât
- nous empruntassions
- vous empruntassiez
- ils empruntassent
Passé
- j'aie emprunté
- tu aies emprunté
- il ait emprunté
- nous ayons emprunté
- vous ayez emprunté
- ils aient emprunté
Plus-que-parfait
- j'eusse emprunté
- tu eusses emprunté
- il eût emprunté
- nous eussions emprunté
- vous eussiez emprunté
- ils eussent emprunté
Conditionnel
Présent
- j'emprunterais
- tu emprunterais
- il emprunterait
- nous emprunterions
- vous emprunteriez
- ils emprunteraient
Passé
- j'aurais emprunté
- tu aurais emprunté
- il aurait emprunté
- nous aurions emprunté
- vous auriez emprunté
- ils auraient emprunté
Impératif
Présent
- emprunte
- empruntons
- empruntez
Passé
- aie emprunté
- ayons emprunté
- ayez emprunté
Formes impersonnelles
- Infinitif présent
- emprunter
- Participe présent
- empruntant
- Participe passé
- emprunté
Citation
Bientôt, pour subsister, La noblesse sans bien trouva l'art d'emprunter
Origine du mot
Du latin vulgaire *impromut(u)are, formé sur le latin classique promutuari (« emprunter »).
Dans le dictionnaire latin : impromut
1873 — le Littré
EMPRUNTER v. a. (an-prun-té)
1 Obtenir à titre de prêt. Emprunter de l'argent, un cheval, un livre. encore relevé aujourd’hui
Absolument.
- Ceux qui empruntent sont bien malheureux — MOL., l'Avare, II, 1
- Bientôt, pour subsister, La noblesse sans bien trouva l'art d'emprunter — BOILEAU, Sat. v.
2 autres citations
- Pour empêcher les emprunts d'où naissent la fainéantise, les fraudes et la chicane, le roi Asychis ne permettait aux Égyptiens d'emprunter qu'à condition d'engager le corps de leur père à celui dont on empruntait — BOSSUET, Hist. III, 3
- Il emprunte de tous côtés, pour se cacher à lui-même sa misère — ID., la Vallière.
2 Tirer de, prendre de, recevoir de. La lune emprunte sa lumière du soleil. Les magistrats empruntent leur autorité du pouvoir qui les institue. encore relevé aujourd’hui
- Aimez donc la raison, et que tous vos écrits Empruntent d'elle seule et leur lustre et leur prix — BOILEAU, Art p. I
- Virgile a emprunté d'Homère quelques comparaisons, quelques descriptions — VOLT., Ess. sur la poésie ep. chap. 3
2 autres citations
- Les Grecs ont emprunté des Égyptiens l'idée et la forme des temples — BARTHÉL., Anach. ch. XI
- Il [Napoléon] compte sur cette puissance d'illusion que lui donne sa renommée ; jusqu'à ce jour, elle a emprunté de lui une force réelle et immanquable ; il s'efforce donc par des raisonnements spécieux de soutenir la confiance des siens, et peut-être aussi le faible espoir qui lui reste — SÉG., Hist. de Napol. VIII, 11
Absolument.
- Voilà où elle [l'âme] est tombée quand elle a voulu emprunter des sens ; mais ce n'est pas encore là la fin de ses maux ; car ces sens dont elle emprunte, empruntent eux-mêmes de tous côtés — BOSSUET, la Vallière.
3 Avoir recours à, employer. encore relevé aujourd’hui
- Sans emprunter ta main pour servir ma colère — CORN., Cinna, III, 4
- J'emprunte du secours et le fais hautement — ID., Nic. III, 8
4 autres citations
- Vos deux filles, seigneur, ont emprunté ma voix, Et leur cœur par ma bouche expliquait leurs misères — MAIRET, Mort d'Asdr. III, 1
- Ne saurait-il rien voir qu'il n'emprunte vos yeux ? — RAC., Brit. I, 2
- L'insolent de la force empruntait le secours — ID., Phèd. IV, 1
- Et j'irais pour ma cause emprunter d'autres bras ! — VOLT., Triumv. IV, 2
4 Se couvrir d'une fausse apparence. Emprunter le masque de la vertu, le langage de l'humanité. encore relevé aujourd’hui
- Il faut d'un suppliant emprunter le visage — RAC., Mithr. III, 1
- D'Achille qui l'aimait, j'empruntai le langage — ID., Iphig. I, 5
5 V. n. Terme d'organiste. Lorsque, le sommier n'étant pas bien fermé, le vent qui doit aller dans un tuyau entre dans un autre, on dit : ce tuyau emprunte.
6Terme d'arithmétique. Se dit, dans l'opération de la soustraction, pour prendre une dizaine au chiffre placé à la gauche du chiffre supérieur trop faible pour que la soustraction se fasse. encore relevé aujourd’hui
7 S'emprunter, v. réfl. Être obtenu par emprunt. Il y a des choses qui ne peuvent s'emprunter. encore relevé aujourd’hui
Remarque
Quand le régime indirect d'emprunter est un nom de chose, il faut de : la lune emprunte sa lumière du soleil ; quand c'est un nom de personne, on met indifféremment à ou de : j'ai emprunté mille francs de mon ami ou à mon ami.
Historique
XIIe s.
- Respondi li prophetes : Va, emprunte de tes veisins vaissels vuidz et mulz — Rois, p. 355
XIIIe s.
- Dont emprunterent li message dui cens mars en la ville, et les baillerent au duc — VILLEH., XX
- Adonc avint que li rois de Cypre en ala à Acre et vot emprunter deniers à un bourjois — Chron. de Rains, p. 47
6 autres citations
- Et s'il n'a nul home [pour un jugement par pairs], il les doit emprunter à son segnor, et li sires y est tenus à prester — BEAUMANOIR, 46
- Li pechierres empruntera et ne soldra mie — Psautier, f° 45
- Par foi, Hiamont, trop par as mal erré, Quant sans ton pere t'es à Carlon mellé ; Car ci François ne sunt mie empruté ; Bien nous chalengent la lor grant herité — Agolant, p. 172
- Ne semble pas chevalier empruté — ib. p. 163
- Au partir que il firent d'Acre, le conte de Poitiers empronta joiaus à ceulz qui ralerent en France — JOINV., 257
- Dame, bien soiez venue, Dit li moines, et bien trouvée. Cele ne fut pas empruntée, Ainz tert [essuye] ses ieux, si lui respond — Fabliaux, 2e éd. p. 245
XIVe s.
- Furent maintes dames parées, Pas ne sembloient empruntées — Chastelain de Couci, V. 906
- Le dit Jehan emprinta de la Maison-Dieu de Bourges huit liz granz — Bibl. des Chartes, 4e série, t. II, p. 68
XVe s.
- Quel couleur [du drap] vous semble plus belle ? .... Tel que vous le pourrez avoir ; Qui emprunte n'y choysist mye — Patelin
- Furent empruntez cinquante mille ducats d'un marchand de Milan — COMM., VII, 4
XVIe s.
- Ce sont advantages empruntez, non pas nostres — MONT., I, 242
Étymologie
Berry, emprêter, empreuter ; wallon, epronter ; ital. improntare. Diez, trouvant le valaque imprumút, emprunt, imprumutá, emprunter, qui paraît venir du latin promutuum, un prêt, regarde le mot français comme ayant même origine. Mais im-promútuum, avec l'accent sur mú aurait donné sans doute comme dans le valaque impromut et non emprunt ; du moins c'est là une grave difficulté. Scheler essaye de la lever en recourant non au substantif, mais au verbe : verbe fictif impromutuare, d'où impromptuare, impromptare. Ce qui gêne un peu, ajoute-t-il, c'est la voyelle u pour le latin o. Cette difficulté de l'u pour l'o subsiste dans l'ancienne étymologie im-promptare, qui en a une autre, c'est que impromptare, qui vient par promptus, de promere, produire, fournir, devrait signifier prêter et non emprunter. Remarquons toutefois que, à côté d'emprunter, se trouve le Berry emprêter et l'ancien français emprest (voy. EMPRUNT, à l'historique) ; ceux-là viennent certainement de en, et praestare. On notera les formes citées à l'historique, empruter, emprinter, qui, réunies au Berry empreuter, semblent indiquer une incertitude entre ces formes. Il faut donc admettre que impraestare, qui, naturellement, signifierait prêter, a pris le sens d'emprunter. Impromptare, de son côté, a reçu dans l'italien inprontar la double acception, celle de prêter qui est directe, et celle d'emprunter qui est inverse. De cette discussion on peut conjecturer qu'une confusion s'est faite entre impromutuare et impromtare ; que l'u de promutuum s'est fait sentir dans emprunt ; que promptare se retrouve dans le wallon epronter et l'italien improntar, et praestare, dans l'ancien français emprest et le Berry emprêter.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 2 de l’édition papier
Liens de sens
Contraires
Dérivés
co-emprunter désemprunter empruntable emprunté emprunter un pain sur la fournée emprunteur emprunteuse inempruntable réemprunter remprunter
Associés
Domaine
linguistique philosophie
Famille morphologique
Prononciation
Homophones
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
- Morphalou 3.1 — ATILF (CNRS / Université de Lorraine) LGPL-LR
Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « emprunter » du Wiktionnaire.