fanal
- nature
- nom masculin
- diction
- [fanal] · 2 syllabes
- attesté
- 1501
- usage
- 3 par million de mots
Sens et définitions
Nom 4
-
Grosse lanterne.
- J’imaginai de sortir, j’allumai ma lanterne. (On conduit en prison, à Stamboul, les promeneurs sans fanal.) Pierre Loti, Aziyadé, 1879
-
Meuble représentant dans les armoiries un falot monté sur un échaffaudage. La corbeille du falot est rarement présente. Comme le falot, il est dit allumé quand la flamme est d’un autre émail. À rapprocher de falot, flambeau, lampe, lampe de mineur et torche.
- D’argent, au mont de sinople de trois coupeaux, surmonté d’un fanal de sable allumé de gueules ; au chef denché de trois pièces d’azur, qui est de la paroisse de Mattmar du Jämtland en Suède → voir illustration « armoiries avec un fanal »
2 emplois spécialisés
-
Marine
Feu qu’on allume durant la nuit sur des tours, à l’entrée des ports et le long des plages maritimes, pour indiquer aux bâtiments la route qu’ils doivent tenir.
- Déjà les flammes gigantesques avaient surmonté tous les obstacles et s’élevaient dans le crépuscule, semblables à un fanal immense qui éclairait au loin le pays environnant. Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820
-
Marine
Phare à éclipse.
- Une pareille alternative ressemblait assez aux feux à éclipse des fanaux tournants, et j’attendais incessamment je ne sais quel réveil en moi, comme j’aurais attendu le retour du signal. Eugène Fromentin, Dominique, L. Hachette et Cie, 1863, réédition Gründ, page 70
Citation
Astre inutile à l'homme [la lune], en toi tout est mystère ; Tu n'es pas son fanal, et tes molles lueurs Ne savent pas mûrir les fruits de ses sueurs
Origine du mot
De l’italien fanale.
1873 — le Littré
FANAL s. m. (fa-nal)
1 Feu qu'on allume durant la nuit au sommet des tours, à l'entrée des ports, le long des plages maritimes. encore relevé aujourd’hui
- Chercher sans boussole un fanal presque inaccessible — J. J. ROUSS., Prom. 3
- Astre inutile à l'homme [la lune], en toi tout est mystère ; Tu n'es pas son fanal, et tes molles lueurs Ne savent pas mûrir les fruits de ses sueurs — LAMART., Harm. I, 10
Par extension.
- Dès que l'on verra sur le haut des montagnes Briller de loin en loin des fanaux allumés — LEMIERRE, G. Tell, II, 8
Fig.
- Athènes étant comme le fanal de toute la terre, elle ferait éclater partout la gloire de ses actions — ROLLIN, Hist. anc. Œuv. t. VII, p. 189, dans POUGENS
2 Grosse lanterne dont on se sert à bord des vaisseaux.
- Au XVIIe siècle, les officiers généraux portaient trois fanaux à l'arrière, auxquels l'amiral en ajoutait un fixé à la grande hune ; alors tous les vaisseaux avaient un fanal derrière — JAL
- En 1685, j'eus ordre d'aller à Rochefort armer le Bourbon [vaisseau de 3e rang] et de le mener avec quatre autres vaisseaux à Belle-Ile, pour y joindre M. de Preuilly ; je ne l'y trouvai point ; on me rapporta pourtant qu'il trouvait à redire qu'il y eût trois fanaux au Bourbon, et j'en fis ôter deux dès que je sus qu'ils blessaient sa délicatesse — Mém. de Villette, 1685, dans JAL
1 autre citation
- Le vaisseau que l'amiral montera portera le pavillon carré blanc au grand mât et les quatre fanaux — Ordonn. d'août 1681, liv. I, tit. I, art. 7
3 Il s'est dit, par extension, pour lanterne, réverbère.
- Aujourd'hui les spectacles journaliers, la foule des chars dorés, les milliers de fanaux qui éclairent pendant la nuit les grandes villes, forment un plus beau spectacle et annoncent plus d'abondance que les plus brillantes cérémonies des monarques du XVIe siècle — VOLT., Mœurs, 121
- Ces fanaux que Louis XIV établit le premier dans Paris, qui ne sont pas même encore connus à Rome, éclairèrent pendant la nuit la ville de Pétersbourg — ID., Russie, II, 11
Faire fanal, allumer le fanal, ou marcher devant avec le fanal pour guider.
4Fig. Ce qui sert de guide, de lumière intellectuelle.
- Ces grandes vérités devinrent autant de fanaux à l'aide desquels on se dirigea dans les recherches scientifiques — Dict. de l'Acad.
Historique
XVIe s.
- Flodoart, qui vivoit en ce tempslà, duquel j'use en tout ce discours comme d'un fanal pour me conduire dans les obscurités de cette histoire — PASQUIER, dans le Dict. de DOCHEZ.
Étymologie
Bas-lat. fanale, fanarium ; ital. fanale ; du grec φανὸς, brillant ; comparez falot 1.
Supplément au dictionnaire
FANAL. - HIST. Ajoutez : XIVe s.
- Phanars prins pour faire feu de nuit — Mandements de Charles V, 1369, p. 322
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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