gagnage

nature
nom masculin
diction
[ɡaɲaʒ] · 2 syllabes
usage
moins de 1 par million de mots
parenté
gagner

Sens et définitions

Nom 6

  1. vieilli Pâturage, pâtis où vont paître les bestiaux.
  2. Nourriture que les lièvres, les faisans et autre gibier viennent, sortant du bois, prendre dans les champs avoisinants.
  3. zone de gagnage, zone d'alimentation : Endroit où des animaux sauvages, en particulier des oiseaux et le gibier, viennent s’alimenter.
  4. vieilli Produit des terres emblavées.
2 emplois spécialisés
  1. Histoire Part des moissonneurs sur la récolte, pour salaire du travail.
    • …on les loue à tant par arpent de récolte, ou pour le prix total de toute la moisson : l’usage commun est de les nourrir & de les coucher, & de leur laisser prendre ce qu’ils appellent leur gagnage. L’agronome ou dictionnaire portatif du cultivateur, Rouen, 1787
  2. Zoologie Territoire où le gibier et la faune trouvent une nourriture abondante.

Origine du mot

Gagner, dans le sens de paître ; picard, gagnage, gain ; Berry, gâgnage, gangnage ; prov. gazanhatge. — Littré, 1873

1873 — le Littré

GAGNAGE s. m. (ga-gna-j')

Pâtis, pâturage où vont paître les troupeaux. encore relevé aujourd’hui

  • Les troupeaux que la faim a chassés des bocages à pas lents et craintifs entrent dans les gagnages — RACAN, Berg. Alcidor, I, 1

Champs ensemencés.

  • Les pigeons s'en vont aux gagnages — DU CANGE, gaignagium.

Terme de chasse. On dit que les bêtes vont au gagnage, quand elles vont chercher leur nourriture à certaines heures, dans les terres semées de grains ou chargées d'herbe.

Historique

XIIIe s.

  • Il a une terre trouvée, Qui de tous biens est estourée ; Car il n'y avoit que gagnaiges, Et prés, rivieres et boscaiges — DU CANGE, gagnagium
  • Et prendoit proies ès paysans et tourbloit le pays qu'on n'i semoit ne ahanoit nient, ne faisoit nul gaegnage [récolte] tant comme la terre de la marche duroit et encore autre — Chr. de Rains, p. 73

XIVe s.

  • Les meilleurs ouvriers sayeurs de bleds et autres gaignages durant les moissons ne peuvent prendre n'avoir que deux sols six deniers — Ordonn. des rois, t. II, p. 367

XVIe s.

  • On met sa terre en gagnage [à profit, on en tire parti, en la faisant cultiver] par baux à rente, cens ou fief — LOYSEL, 505
  • Il sçavoit par sur tous laisser courre et lancer, Bien demesler d'un cerf les ruses et la feinte, ....Les gangnages, la nuict, le lict et le coucher — RONS., 210
3 autres citations
  • Dedans faisoit sa bauge une beste sauvage Qui jamais autre part ne cherchoit son gaignage — ID., 670
  • Aussi faut il sçavoir qu'il y a difference entre gaignages et taillis ; les gaignages se prennent pour champs et jardins là où sont semez les bleds et potages ; et si un cerf faisoit sa nuit dedans ces champs, le veneur doit dire qu'il a fait son viandis dedans les gaignages — FOUILLOUX, Vénerie, f° 36, dans LACURNE
  • Bon gaignage fait bon potage — COTGRAVE
Étymologie

Gagner, dans le sens de paître ; picard, gagnage, gain ; Berry, gâgnage, gangnage ; prov. gazanhatge.

Supplément au dictionnaire

GAGNAGE. Ajoutez :

2

  • Nom du prélèvement, en Picardie, de la 10e botte, en Artois de la 11e, auquel ont droit les moissonneurs, après avoir coupé et lié les céréales, — VÉRET, Agronomie pratique, Amiens, 1875, p. 357

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « gagnage » du Wiktionnaire.

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