moralité
- nature
- nom féminin
- diction
- [moʁalite] · 4 syllabes
- usage
- 7 par million de mots
- parenté
- moral
Sens et définitions
Nom 7
-
Réflexion morale.
- Un recueil de moralités. Dans ce sens, il vieillit.
-
Sens moral que renferme un discours fabuleux ou allégorique.
- La moralité d’une fable, d’un apologue.
-
vieilli Poèmes dramatiques qui représentaient une action morale à l’aide de personnages allégoriques.
- Nous devons avoir l’honneur de déclamer et représenter devant son éminence Monsieur le cardinal une très belle moralité, qui a nom : Le bon jugement de madame la vierge Marie. Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, 1831
-
Discernement moral.
- On concédera aux partisans de la douceur que la violence peut gêner le progrès économique et même qu'elle peut être dangereuse pour la moralité, lorsqu'elle dépasse une certaine limite. Georges Sorel, Réflexions sur la violence, Chap.VI, La moralité de la violence, 1908, page 256
-
Caractère moral, principes, mœurs d’une personne.
- On voit que la moralité des armateurs et des gros négociants n'était pas toujours irréprochable et que l'amour ancillaire avait, à Saint-Malo, de chauds pratiquants. Étienne Dupont, Le vieux Saint-Malo : Les Corsaires chez eux, Édouard Champion, 1929, page 110
-
familier Conclusion d'ordre moral, sentencieux ou ironique.
- Moralité, tu aurais dû continuer à courir pour ta patrie d'origine au lieu de changer de nationalité en 2013.
1 emploi spécialisé
- Éthique et Morale Qualité de concordance d'être en accord avec les règles concernant le bien et le mal établies par une culture pour assurer sa continuité.
Citation
Massillon montre, dans son petit Carême, des moralités écrites avec une élégance qui ne bannit pas la simplicité
Origine du mot
Du latin moralitas (« façon, caractère, comportement approprié »).
Dans le dictionnaire latin : moralitas
1873 — le Littré
MORALITÉ s. f. (mo-ra-li-té)
1 Réflexion morale. repris par le Wiktionnaire
- Nous sommes tous d'Athène en ce point ; et moi-même, Au moment que je fais cette moralité.... — LA FONT., Fabl. VIII, 4
- ... Si vous n'aviez lu que ces moralités, Vous sauriez un peu mieux faire mes volontés — MOL., Sgan. 1
3 autres citations
- Votre Provence vous dira toujours des merveilles ; le beau temps ne vous est de rien ; vous y êtes trop accoutumée ; pour nous, nous voyons si peu le soleil, qu'il nous fait une joie particulière ; il y a de belles moralités à dire là-dessus — SÉV., 10 nov. 1675
- J'aime les moralités, elles endorment — BARON, Homme à bonn. fort. I, 10
- Massillon montre, dans son petit Carême, des moralités écrites avec une élégance qui ne bannit pas la simplicité — CHATEAUBR., Génie, III, IV, 3
Moralité chrétienne, réflexions conformes aux principes et à l'esprit de la religion chrétienne.
2 Sens moral qui est renfermé sous une fable, un récit. La moralité d'un apologue n'est pas toujours exprimée. encore relevé aujourd’hui
3 Ancien poëme dramatique français qui représentait une action sérieuse ou morale, à l'aide de personnages allégoriques. encore relevé aujourd’hui
- Le soir, le cardinal de Bourbon leur donna une fête magnifique, suivie d'une comédie de ce temps [sous Louis XI], c'est-à-dire une moralité ou sotie — DUCLOS, Œuv. t. III, p. 32
4 Discernement moral. Les actions des fous sont dénuées de moralité. repris par le Wiktionnaire
Rapport des actions humaines avec les principes qui en sont la règle. La moralité des actions humaines suppose la liberté de l'être humain.
5 Qualité de ce qui est moral. encore relevé aujourd’hui
- Tous les rites chrétiens sont de la plus haute moralité — CHATEAUBR., Génie, I, 1, 7
En parlant des personnes, caractère moral. Prendre des renseignements sur la moralité de quelqu'un. Des certificats de moralité.
Historique
XIIIe s.
- Si comme la cire reçoit la figure dou seel, tout autressi la moralité des homes est formée par exemples — BRUN. LATINI, Trés. p. 466
- Deux manieres sont de vertuz : l'une est de l'entendement de l'home, ce est sapience, science et sens ; l'autre est moralité, ce est chasteé et largesce, et autres semblables — ID., ib. p. 265
XIVe s.
- Et de toute ceste doctrine la meilleur, la plus digne et la plus proffitable, c'est la science de moralité contenue par especial en ung livre — ORESME, Eth. prol.
XVe s.
- Une moult belle moralité, sotie et farce — Chron. scand, de Louis XI, p. 336, dans LACURNE
XVIe s.
- Nos moralitez tiennent lieu de tragedies et comedies indifferemment — SIBILET, Art poétique, livre II, p. 124, dans LACURNE
- Formellement la moralité bonne ou mauvaise, vertu et vice (qui ne peust estre sans le franc arbitre et est matiere de merite et demerite) ne peut estre en la beste — CHARRON, Sagesse, I, 35
Étymologie
Provenç. moralitat ; esp. moralidad ; ital. moralità ; du lat. moralitatem, de moralis, moral.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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