obédience

nature
nom féminin
diction
[obedjɑ̃s] · 3 syllabes
attesté
Au plus tard au XIIᵉ siècle
usage
2 par million de mots

Sens et définitions

Nom 7

  1. Obéissance.
    • Le supérieur a commandé à ce religieux en vertu de la sainte obédience.
  2. Ordre ou permission par écrit qu’un supérieur donne à un religieux ou à une religieuse pour aller en quelque endroit ou pour passer d’un couvent à un autre.
    • Le curé Fortier avait décidé de ne pas rêver, de ne pas moisir dans le désœuvrement en attendant une autre obédience et de chercher un second métier en harmonie avec son caractère et son rôle de prêtre. Eugène Rivest, Roman d’un curé de campagne, éditions de la Vallée, Montréal, 1963, page 81
  3. Maison religieuse qui dépend d’une maison principale.
  4. Obéissance. il ne se dit ordinairement qu’en parlant des religieux.
3 emplois spécialisés
  1. Religion Emploi particulier qu’un religieux ou une religieuse a dans son couvent.
    • Cette religieuse est cellérière, c’est son obédience.
  2. Franc-maçonnerie Groupe de loges partageant (en principe) des orientations communes, et souvent un rite commun.
    • La Grande Loge nationale française est actuellement l'une des plus grosses obédiences de France
  3. Politique Rattachement à une doctrine.
    • L'islam était alors divisé en deux obédiences religieuses, en deux « papautés » ennemies. René Grousset, Histoire des croisades, 1939

Citation

La vie religieuse consiste en trois parties essentielles, pauvreté, obédience, chasteté
Olivier Patru, Plaidoyer 15, dans RICHELET

Origine du mot

Du latin oboedientia (« obéissance »).

Dans le dictionnaire latin : oboedientia

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

OBÉDIENCE s. f. (o-bé-di-an-s')

1 Action de celui qui obéit (il ne se dit qu'en parlant des religieux).

  • La vie religieuse consiste en trois parties essentielles, pauvreté, obédience, chasteté — PATRU, Plaidoyer 15, dans RICHELET

2 Congé par écrit du supérieur, permettant à un religieux d'aller en quelque endroit, ordinairement pour changer de couvent. encore relevé aujourd’hui

  • Vous aurez une obédience de moi pour aller avec madame votre sœur — BOSSUET, Lett. abb. 260
  • Je m'offre à demander votre obédience à M. l'archevêque — ID., Lett. Corn. 145

3 Emploi particulier qu'un religieux ou une religieuse a dans son couvent. Cette religieuse est cellérière, c'est son obédience. repris par le Wiktionnaire

4 Nom donné à des maisons religieuses inférieures aux maisons principales, dont elles dépendaient, et qui en étaient éloignées. encore relevé aujourd’hui

5 Ambassade d'obédience, ambassade qu'un roi ou un corps de fidèles envoie vers le pape, pour l'assurer de son obéissance filiale.

  • Les derniers jours du pontificat de Grégoire XIII furent célébrés par cette ambassade d'obédience qu'il reçut du Japon — VOLT., Mœurs, 183

Ambassadeur d'obédience, ambassadeur envoyé au pape à cet effet.

L'ambassadeur fut reçu à l'obédience ; c'est-à-dire il fut reçu par le pape en plein consistoire, avec les cérémonies accoutumées.

On dit dans le même sens : serment, hommage d'obédience.

  • Le roi [Charles VIII] vint prêter ce qu'on appelle hommage d'obédience — VOLT., Mœurs, 107

6 Pays d'obédience, nom qu'on donnait, en France, aux provinces qui n'étaient pas comprises dans le concordat, telles que la Bretagne, la Lorraine, etc. où, pendant huit mois de l'année, le pape conférait de plein droit les bénéfices vacants ; il se dit aussi de tous les pays où le pape exerce le même droit. non relevé aujourd’hui

  • Son parti [d'Arnauld] fut toujours persécuté dans les Pays-Bas catholiques, pays qu'on nomme d'obédience, et où les bulles sont des lois souveraines — VOLT., Louis XIV, 37

7 Dans les temps de schisme, obédience a été le nom donné aux différents pays qui reconnaissaient l'un ou l'autre pape.

  • Les papes et les autres évêques des obédiences d'Urbain et de Clément avaient aussi l'imposition des mains successive — FÉN., t. II, p. 66

8 Prêtres, frères d'obédience, membres de la 4e des cinq classes de l'ordre de Malte ; ils prononçaient des vœux pour posséder des bénéfices. non relevé aujourd’hui

9 Lettres d'obédience, lettres qu'un supérieur donne à des religieux ou à des religieuses appartenant aux ordres enseignants, et que le gouvernement reçoit comme équivalent d'un certificat de capacité.

  • Les lettres d'obédience sont évidemment un privilége.... la lettre d'obédience n'est point l'équivalent vrai du certificat de capacité ; la lettre d'obédience est un acte purement potestatif, qui appartient en entier au supérieur qui le délivre — ROULAND, au sénat, Moniteur, 30 mars 1867, p. 383, 6e col.
Historique

XIIe s.

  • À l'arcevesque en vunt li evesque parler, Dient que lur estut [convient] les leis le rei guarder ; Car par obedience les lur fist graanter — Th. le mart. 40

XIIIe s.

  • Il metra tout l'empire de Constantinoble à l'obedience de Rome, dont elle estoit departie pieça — VILLEH., LI
  • Desous la loi de Rome n'a nule region, Qui à Rome obeisse de cuer se France non, Et de s'obedienche a si bel guerredon Que on li tolt [enlève] souvent sa laine et sa toison — RUTEB., 236

XVe s.

  • Et luy fit le roy l'obedience filiale, en toute humilité — COMM., VII, 12
  • Je m'en voys presentement sans sejourner aucun petit, par une nostre obedience [couvent], que nous avons près d'icy — Lancelot du lac, t. I, f° 13, dans LACURNE

XVIe s.

  • L'intention du fondateur estoit qu'ils vequissent en humilité, chasteté et obedience — DESPÉR., Contes, XLIX.
Étymologie

Lat. obedientia, d'obedire, obéir.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « obédience » du Wiktionnaire.

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