obéir

nature
ver
diction
[obeiʁ] · 3 syllabes
usage
28 par million de mots

Sens et définitions

Verbe 10

  1. Se soumettre à une demande, une règle ou une obligation d’une personne ; exécuter un ordre donné.
    • La partie habitable de l’aéronef était éclairée et retentissait du va-et-vient de l’équipage obéissant au branle-bas. H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 240 de l’édition de 1921
  2. figuré Céder à.
    • Obéir à l’instinct, à sa nature.
  3. Être soumis à ; subir l’action de, en parlant des choses.
    • Les soirées entre Coréens obéissent toujours au même schéma : on boit l'apéritif (du soju ou de la bière) chez l'un, puis on va dîner dans l'un de ces restaurants où l'on est accroupi devant une table basse ; […]. Jean Piel, Corée, tempête au pays du Matin-Calme, Arles : chez P. Picquier, 1998
  4. Répondre à la sollicitation.
    • Ses doigts malhabiles, enflés par la goutte, lui obéissaient très mal. Ivan Tourgueniev, L'Exécution de Troppmann, avril 1870, traduction française de Isaac Pavlovsky, publiée dans ses Souvenirs sur Tourguéneff, Savine, 1887
  5. Être soumis à l’autorité d’un prince, d’un empire.
    • Les provinces qui obéissent au roi.
  6. Prendre la direction donnée, en parlant de navires, de véhicules.
    • Obéir bien au coup de volant.
  7. Se laisser gouverner, manier aisément, en parlant d’un animal.
    • Ce cheval obéit bien à l’éperon, à la main, aux aides.
  8. Obéir à soi-même.
    • Autrement dit : celui qui obéit à un autre le fait parce qu'il ne peut s'obéir (et donc se commander) à soi-même. André Stanguennec, Le questionnement moral de Nietzsche, 2005, page 96
  9. Être écouté par quelqu’un qui répond à la demande formulée.
1 emploi spécialisé
  1. Manœuvre des navires Pour un navire, réagir aux commandes de la barre.

Conjugaison

Indicatif

Présent

  1. j'obéis
  2. tu obéis
  3. il obéit
  4. nous obéissons
  5. vous obéissez
  6. ils obéissent

Imparfait

  1. j'obéissais
  2. tu obéissais
  3. il obéissait
  4. nous obéissions
  5. vous obéissiez
  6. ils obéissaient

Passé simple

  1. j'obéis
  2. tu obéis
  3. il obéit
  4. nous obéîmes
  5. vous obéîtes
  6. ils obéirent

Futur simple

  1. j'obéirai
  2. tu obéiras
  3. il obéira
  4. nous obéirons
  5. vous obéirez
  6. ils obéiront

Passé composé

  1. j'ai obéi
  2. tu as obéi
  3. il a obéi
  4. nous avons obéi
  5. vous avez obéi
  6. ils ont obéi

Plus-que-parfait

  1. j'avais obéi
  2. tu avais obéi
  3. il avait obéi
  4. nous avions obéi
  5. vous aviez obéi
  6. ils avaient obéi

Passé antérieur

  1. j'eus obéi
  2. tu eus obéi
  3. il eut obéi
  4. nous eûmes obéi
  5. vous eûtes obéi
  6. ils eurent obéi

Futur antérieur

  1. j'aurai obéi
  2. tu auras obéi
  3. il aura obéi
  4. nous aurons obéi
  5. vous aurez obéi
  6. ils auront obéi

Subjonctif

Présent

  1. j'obéisse
  2. tu obéisses
  3. il obéisse
  4. nous obéissions
  5. vous obéissiez
  6. ils obéissent

Imparfait

  1. j'obéisse
  2. tu obéisses
  3. il obéît
  4. nous obéissions
  5. vous obéissiez
  6. ils obéissent

Passé

  1. j'aie obéi
  2. tu aies obéi
  3. il ait obéi
  4. nous ayons obéi
  5. vous ayez obéi
  6. ils aient obéi

Plus-que-parfait

  1. j'eusse obéi
  2. tu eusses obéi
  3. il eût obéi
  4. nous eussions obéi
  5. vous eussiez obéi
  6. ils eussent obéi

Conditionnel

Présent

  1. j'obéirais
  2. tu obéirais
  3. il obéirait
  4. nous obéirions
  5. vous obéiriez
  6. ils obéiraient

Passé

  1. j'aurais obéi
  2. tu aurais obéi
  3. il aurait obéi
  4. nous aurions obéi
  5. vous auriez obéi
  6. ils auraient obéi

Impératif

Présent

  1. obéis
  2. obéissons
  3. obéissez

Passé

  1. aie obéi
  2. ayons obéi
  3. ayez obéi

Formes impersonnelles

Infinitif présent
obéir
Participe présent
obéissant
Participe passé
obéi

Citation

Madame la Dauphine, éloignée de toute curiosité et présomption, ne savait que deux choses : obéir et croire
Esprit Fléchier, Dauphine.

Origine du mot

Du latin oboedire.

Dans le dictionnaire latin : oboedire

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

OBÉIR v. n. (o-bé-ir)

1 Faire ce que veut un autre, faire ce qui est commandé. encore relevé aujourd’hui

  • Qui ne peut être aimé, se peut faire obéir — CORN., Héracl. I, 2
  • Comme Phorbas avait mal obéi.... — ID., Œdipe, V, 6
11 autres citations
  • Il est meilleur d'obéir à Dieu qu'aux hommes — PASC., Pens. XXIV, 66 bis, édit. HAVET.
  • Il serait bon qu'on obéît aux lois et coutumes, parce qu'elles sont lois.... qu'ainsi il faut seulement suivre les reçues : par ce moyen on ne les quitterait jamais — ID., ib. VI, 40
  • Le prince obéit à la décision d'un sage religieux — BOSSUET, Louis de Bourbon.
  • Madame la Dauphine, éloignée de toute curiosité et présomption, ne savait que deux choses : obéir et croire — FLÉCH., Dauphine.
  • La rime est une esclave et ne doit qu'obéir — BOILEAU, Art poét. I
  • Et, l'amour seul alors se faisant obéir, Vous m'aimeriez, madame, en me voulant haïr — RAC., Andr. II, 2
  • La gloire d'obéir est tout ce qu'on nous laisse — ID., ib. III, 2
  • Vous avez entendu ce que je vous demande, Madame : je le veux et je vous le commande, Obéissez — ID., Iph. III, 1
  • Quoique je les [les femmes d'un sérail] garde pour un autre, le plaisir de me faire obéir me donne une joie secrète — MONTESQ., Lett. pers. 9
  • Un peuple libre obéit, mais il ne sert pas ; il a des chefs, et non pas des maîtres ; il obéit aux lois, mais il n'obéit qu'aux lois ; et c'est par la force des lois qu'il n'obéit pas aux hommes — J. J. ROUSS., Lett. de la mont. 9
  • Eh ! quel bien, dites-moi, vaut le charme suprême D'obéir à son âme et de plaire à soi-même ? — DELILLE, Imag. VI

2 Être sujet d'un prince. encore relevé aujourd’hui

  • Sans lui j'obéirais où je donne la loi — CORN., Hor. V, 3
  • Écoutez la suite de la prophétie : je veux que ces peuples lui obéissent, et qu'ils obéissent encore à son fils, jusqu'à ce que le temps des uns et des autres vienne — BOSSUET, Reine d'Anglet.
4 autres citations
  • Trézène m'obéit — RAC., Phèdre, II, 2
  • Ainsi par le destin nos vœux sont traversés, J'obéissais alors, et vous obéissez — ID., Brit. III, 8
  • Plus heureux d'obéir à une nation barbare qu'à un gouvernement corrompu — MONTESQ., Esp. XIII, 16
  • Pour qu'on vous obéisse, obéissez aux lois — VOLT., Brutus, III, 6

3 Il se dit des animaux. Le chien obéit à son maître. Le chat n'obéit pas.

  • Ces superbes coursiers qu'on voyait autrefois Pleins d'une ardeur si noble obéir à sa voix — RAC., Phèdre, V, 5

Ce cheval obéit bien à l'éperon, à la main, aux aides, il se laisse gouverner, manier aisément.

4 Faire ce à quoi on est contraint par une certaine nécessité. Obéir à la force. Obéir à la nécessité. Il faut que les passions obéissent à la raison. encore relevé aujourd’hui

S'obéir à soi-même, suivre les conseils qu'on reçoit de sa propre raison.

  • La volonté commande, et elle-même qui commande ne s'obéit pas ; éternel obstacle à ses désirs propres, elle est toujours aux mains avec ses propres désirs — BOSSUET, 2e serm. Jeudi de la sem. de la pass. 1

5Fig. En parlant des choses inanimées, céder, plier. L'osier obéit. Ce bois obéit sans se rompre. encore relevé aujourd’hui

  • Tel qu'un ruisseau docile Obéit à la main qui détourne son cours — RAC., Esth. II, 9
  • Cette pierre n'est point schisteuse ; elle obéit très bien au ciseau — SAUSSURE, Voy. Alpes, t. V, p. 154, dans POUGENS

Il se dit aussi des choses qui cèdent aux lois, aux forces naturelles. Les corps obéissent à la gravitation.

  • C'est ainsi qu'obéissant aux deux forces combinées, ce corps descendra comme il est monté, c'est-à-dire de diagonale en diagonale, jusqu'au point le plus bas — CONDIL., Art de rais. III, 1
  • Ce levier obéissant à des contre-poids suspendus extérieurement au bras opposé — GIRARD, Instit. Mém. scienc. t. VII, p. 423

Terme de marine. Obéir à la barre, au gouvernail, céder à l'effort que fait le gouvernail pour changer la direction de la route.

6 Se dit, à plusieurs jeux de cartes, de l'action de celui qui fournit la couleur demandée.

7 Obéir est un verbe neutre dont, par exception, le participe passé se prend au sens passif.

  • À quoi la force doit-elle servir qu'à défendre la raison ? et pourquoi commandent les hommes si ce n'est pour faire que Dieu soit obéi ? — BOSSUET, Reine d'Anglet.
  • Il y a des hommes qui doivent être obéis par d'autres hommes et servis par d'autres hommes — BOURDAL., Purif. de la Vierge, Myst. t. II, p. 236
4 autres citations
  • Il est dangereux de l'habituer [Louis XV enfant] à obéir aveuglément : car ou il serait gouverné, ou il voudrait être obéi de même — MAINTENON, Lett. à Mme la duch. de Ventadour, 14 juin 1715
  • Quand vous commanderez, vous serez obéi — RAC., Iph. IV, 4
  • Lorsque vous aviez cette passion furieuse, votre volonté n'était plus obéie par vos sens — VOLT., Métaph. 7
  • La nature a fait les enfants pour être aimés et secourus ; mais les a-t-elle faits pour être obéis et craints ? — J. J. ROUSS., Ém. II
Historique

XIIe s.

  • Ço que reis volt [veut] est leis, ço dient li alquant ; As terriens seignurs sunt tuit obeisant — Th. le mart. 38
  • Clerc ne deivent, fait-il, à voz leiz obeir — ib. 27

XIIIe s.

  • Cil a le cuer et felon et salvage, Ki vers amours ne se veut obeir — Ms. de poés. franç. avant 1300, t. III, p. 1196, dans LACURNE
  • Et que en quelque lieu ou joustice que il se transporteront dedans la vicomté de Paris, oiberront aus mestres du mestier de Paris — Liv. des mét. 365
1 autre citation
  • Il doivent obeir à le [la] requeste de lor sougès — BEAUMANOIR, X, 1

XIVe s.

  • Lesquels [ligaments de la tête et du col] se ilz fussent fors, ilz n'obeisissent pas legierement à mouvement — LANFRANC, f° 28
  • Ce sang [épanché sur la dure-mère dans les plaies de tête] n'est pas englué en la substance de la mere si comme en appostumes ; pour quoy il obeit plus à l'expulsion de nature, et mieulx obeit à l'atraction de medecine — ID., f° 26
2 autres citations
  • Il n'est nul si meschant mary qui ne veuille estre obei de sa femme — Ménagier, I, 6
  • Icellui Thibaut respondi que il obeissoit [s'engageait] à paier le dit Chiviere, s'il lui estoit en aucune chose tenuz — DU CANGE, obedire.

XVIe s.

  • Comme un feutre ou balle de laine, qui obeit doucement aux choses qui l'attouchent — PARÉ, I, 10
  • Je suis fol, ma raison n'obeyt plus au frein — RONS., 239
Étymologie

Bourguig. oboïtre ; provenç. obedir, obezir ; catal. obeir ; ital. ubbidire ; du lat. obedire ; l'orthographe archaïque en est oboedire, de ob, et audire, écouter ; oe se rattache à l'u de audire, comme dans moenia et munire, poena et punire.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « obéir » du Wiktionnaire.

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