oie
- nature
- nom féminin
- diction
- [wa] · 1 syllabe
- usage
- 11 par million de mots
Sens et définitions
Nom 6
-
Oiseau palmipède aquatique, apparenté au canard mais plus gros et plus grand, vivant à l’état sauvage ou à l’état domestique.
- Cette année-là, une épidémie s’étant abattue sur les phasianidés, Mme Lefur dut s’estimer heureuse de pouvoir remplacer par une oie sa dinde noëlesque. revue Lectures pour tous, Hachette et Cie, 1908, page 254
- Femelle de cette espèce, le mâle étant le jars.
-
familier Indistinctement, bernache du Canada (« outarde ») ou oie des neiges (« oie blanche »).
- À la nuit tombée, il n'est pas donné à tous de distinguer avec certitude le cacardage d’une volée d’outardes de celui d’une volée d'oies blanches. Gérald Baril, Si près, si loin, les oies blanches, Montréal, XYZ, 2020, pages 179-180
-
figuré Personne sotte.
- C’est une vraie oie.
-
Meuble représentant l’animal du même nom dans les armoiries. Elle est généralement représentée passante sans aucun caractère particulier la distinguant du jars, ce qui peut induire une confusion. À rapprocher de canard, cane, canette, cygne et jars.
- D’azur au pont d’or à trois arches maçonné de sable sommé d’une oie d’argent becquée et membrée d’or, qui est de Lapoutroie → voir illustration « armoiries avec une oie »
1 emploi spécialisé
- Oiseaux Oiseau palmipède (ansériformes), au plumage blanc ou gris, au long cou, dont une espèce est depuis très longtemps domestiquée.
Formes fléchies 2
- Première personne du singulier du présent du subjonctif de ouïr.
- Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de ouïr.
Citation
L'oie nous fournit cette plume délicate sur laquelle la mollesse se plaît à reposer, et cette autre plume, instrument de nos pensées, et avec laquelle nous écrivons ici son éloge
Origine du mot
Du moyen français oie, de l’ancien français oe, oue, du bas latin auca, contraction de *avica, du latin avis (« oiseau »).
Dans le dictionnaire latin : avis
1873 — le Littré
OIE s. f. (oî)
1 Espèce d'oiseau aquatique plus gros et plus grand que le canard : l'oie sauvage, anser segetum ; l'oie domestique, anser cinereus, dite absolument oie ; l'oie à cravate, anas canadensis, L. ; l'oie nonnette, la bernache nonnette, anser erythropus, L. Faire rôtir une oie. Garder les oies.
- L'oie nous fournit cette plume délicate sur laquelle la mollesse se plaît à reposer, et cette autre plume, instrument de nos pensées, et avec laquelle nous écrivons ici son éloge — BUFF., Ois. t. XVII, p. 47
- La domesticité de l'oie est moins ancienne et moins complète que celle de la poule — ID., ib. p. 49
2 autres citations
- Les oies sauvages sont peut-être de tous les oiseaux les plus sauvages et les plus farouches — ID., ib. p. 79
- Les Gaulois, bien instruits du sentier qui mène au Capitole, y montent pendant la nuit ; toutes les sentinelles dormaient, les oies consacrées à Junon veillaient seules ; elles crient : un personnage consulaire, M. Manlius, s'éveille, appelle du secours.... — LÉVESQUE, Inst. Mém. sc. mor. et pol. t. III, p. 224
Terme d'antiquité romaine. Oies sacrées, les oies qu'on promenait en triomphe tous les ans en mémoire de ce qu'elles avaient donné l'alarme dans l'attaque nocturne des Gaulois.
Tirer l'oie, se dit d'un jeu barbare qui consiste à attacher une oie par le cou, et à y lancer des bâtons jusqu'à ce que le cou ait été rompu.
- Fontaubin : Monsieur a l'air.... - Lisette : D'un marinier qui va tirer l'oie — LEGRAND, l'Usurier gentilh. SC. 13
Bête comme une oie, qui se laisse plumer sans crier, c'est-à-dire très bête.
On dit de même : n'avoir pas le sens d'une oie.
- La paix ! il n'y aura point de paix ; c'est un labyrinthe dont on ne se peut tirer ; ah ! pauvres Français, réjouissez-vous ; car vous n'avez pas le sens d'une oie — VOLT., Lett. d'Argental, 14 sept. 1761
Fig. C'est une oie, se dit d'une personne très sotte.
2 Jeu de l'oie, jeu que l'on joue avec des dés sur un carton où des figures d'oie sont placées dans un certain ordre. non relevé aujourd’hui
- Plus, un trou-madame et un damier, avec un jeu de l'oie, renouvelé des Grecs, fort propres à passer le temps lorsqu'on n'a que faire — MOL., l'Avare, II, 1
- Le jeu de l'oie vous a renouvelée, comme il l'a été par les Grecs — SÉV., 125
3 autres citations
- Mme la Dauphine s'était mise à jouer à l'oie, ne pouvant mieux — SAINT-SIMON, 303, 199
- J'aime les jeux galants où l'esprit se déploie : C'est, monsieur, par exemple un joli jeu que l'oie — REGNARD, le Joueur, I, 7
- Le jeu de l'oie n'est pas la seule chose qui soit renouvelée des Grecs — ARNAULT, Loisirs d'un banni, t. II, p. 45, dans POUGENS
3 Contes de ma mère l'oie, contes dont on amuse les enfants. non relevé aujourd’hui
- Et ne m'émeus non plus.... Que d'un conte d'Urgande et de ma mère l'oie — RÉGNIER, Sat. X
- Qu'aurait-on dit de Virgile, bon Dieu ! si à la descente d'Énée dans l'Italie, il lui avait fait conter par un hôtelier l'histoire de Peau d'âne et des contes de ma mère l'oie ? — BOILEAU, Dissert. sur Joconde (en 1669)
Fig. Faire des contes de ma mère l'oie, dire des choses où il n'y a nulle apparence de raison et de vérité.
D'après J. Grimm, les contes de la mère l'oie se rattachent à Berthe la fileuse ou Berthe pied d'oie, dite dans le midi la reine Pedauque ; Berthe, Berchta est une divinité germanique.
4 Merde d'oie (on prononce mêr-doi), se dit d'une couleur mêlée de vert. Couleur merde d'oie. non relevé aujourd’hui
5 Petite-oie, ce qu'on retranche d'une oie quand on l'habille pour la faire rôtir, comme les pieds, les bouts d'aile, le cou, le foie, le gésier. C'est ce qu'on appelle aujourd'hui un abatis. non relevé aujourd’hui
Fig. Petite-oie, les bas, le chapeau, et les autres ajustements pour rendre un habillement complet ; ainsi dit par comparaison avec l'abatis d'une volaille.
- Ne vous vendrai-je rien ? monsieur, des bas de soie, Des gants en broderie, ou quelque petite-oie ? — CORN., Galer. du pal. IV, 14
- Que vous semble de ma petite-oie ? la trouvez-vous congruente à l'habit ? — MOL., Préc. 10
1 autre citation
- À la vérité, nos modes changent de temps en temps ; mais avez-vous pris garde que ces changements ne vont pas tant à l'essentiel des habits qu'aux ajustements et à la petite-oie ? — BOUHOURS, Entret. d'Ariste et d'Eug. 2
Fig. Les petites faveurs que les femmes accordent à leurs amants.
- Hors de cela, elle lui accorda après deux ou trois conversations ce qu'une fille peut accorder honnêtement à un homme ; et il fut maître de ce que nous appelons en France la petite-oie — BUSSY-RABUTIN, la France galante, p. 305, édit. POITEVIN, 1857
- Menu détail, baisers donnés et pris ; La petite-oie ; enfin ce qu'on appelle En bon français les préludes d'amour — LA FONT., Orais.
Par extension, toute sorte de prélude, de diminutif.
- Je mettais mon chapeau en garçon qui n'était pas un sot ; enfin j'avais déjà la petite-oie de ce qu'on appelle usage du monde — MARIV., Pays. parv. part. I
- Cette légère mortification a fait dire à une dévote janséniste, que leur sort était bien digne d'envie, et qu'ils avaient obtenu la petite-oie du martyre — D'ALEMB., Destruct. des jésuit. Œuv. t. V, p. 202, dans POUGENS.
Petite-oie est vieux dans toutes ses acceptions.
6 Patte-d'oie, voy. PATTE-D'OIE, à son rang. non relevé aujourd’hui
7 Oie noire, synonyme de macreuse. non relevé aujourd’hui
8 Petite constellation qu'on réunit ordinairement à celle du Renard. Le Renard et l'Oie forment la constellation dite Fleuve du Tigre. non relevé aujourd’hui
- Le Toucan, autre constellation, est appelé Oie d'Amérique, — LEGOARANT
Historique
XIIIe s.
- Auwes ne capons — TAILLIAR, Recueil, p. 140
XIVe s.
- Chars de buef, d'oies — H. DE MONDEV., f° 45
- Que nulz n'achate oes que en la place ou es champs qui sont entre le ponceau de Roulle du pont de Chaillouau jusques aus faubours de Paris — Liv. des mét. 176
XVIe s.
- C'est toy qui maints de los très amples doues ; Mais endroit moy tu fais cignes les oues — MAROT, II, 380
- De chacun baril d'auve, sain, oinct, et autres graisses, Arrêt du parlement, 20 sept. 1527. Il est bien mal-aisé que tels esprits croyent aux petites oyes de vostre religion, comme au baptesme des cloches — D'AUB., Faen. IV, 15
8 autres citations
- Verd de gris, merde d'oye, jaune paisle, jaune doré.... — ID., ib. I, 2
- Voilà une bataille avec ses petites oyes [détails] — ID., Hist. III, 58
- Je luy appris à tourner les talons en dedans, à cheminer en oye et de pareille gravité — ID., Conf. II, 1
- Qui mange de l'oye du roi, en cent ans il en rend la plume — CARL., I, 32
- Or ça on plume l'oye sans la faire crier — RAB., Pant. V, 13
- Se hoyes sont trouvées en prés ou en vignes, en quelque temps que ce soit, ou en terres embloyées ou semées — LA THAUMASSIÈRE, Cout. du Berry, p. 328, dans LACURNE
- Petite oue [abatis] — OUDIN, Dict.
- Petite oue d'habit — ID., ib.
Étymologie
Berry, oche ; wallon, âwe ; namur. auwe ; anc. espagn. auca ; espagn. mod. et portug. oca ; bas-lat. auca, de avica, dérivé fictif de avis, oiseau. Le nom général avica, oiseau, a été réduit à un sens spécial, comme jumentum, bête de somme, a donné jument.
Supplément au dictionnaire
OIE. Ajoutez :
9 Oie de mer, nom sur les côtes de Normandie, d'un petit cétacé, ainsi dit à cause de la forme de son museau.
10 Les oies du frère Philippe, les femmes ; locution qui provient d'un conte de La Fontaine, lequel est tiré de Boccace, qui, à son tour, l'a emprunté à une pieuse légende du moyen âge : Un jeune homme élevé loin du monde voit pour la première fois des femmes ; le jeune homme, touché de cette vue, demande ce que c'est ; le vieillard répond : ce sont des oies.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (profondeur)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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