seoir

nature
verbe
diction
[swaʁ]

Sens et définitions

verbe 6

  1. (Soutenu) Aller bien, pour un vêtement; être convenable
  2. Être assis, bien établi
  3. Être installé ou établi
  4. S’asseoir, s’installer dans une assemblée à la place qui convient à son rang
  5. (Figuré) Siéger
  6. (Vieilli) ou (Littéraire) Être assis, être placé

Origine du mot

Berry, se soyer, au subj. qu'il siese ; provenç. sezer, cezer, seire ; anc. catal. seser, siure ; catal. mod. seurer ; ital. sedere ; du lat. sedere ; comparez le grec ἕδος, siége ; goth. sitan, être assis ; allem. sitzen. — Littré, 1873

1873 — le Littré

SEOIR1 v. n. (soir)

, déf. qui n'est guère usité qu'à l'infinitif, au présent de l'indicatif, je sieds, tu sieds, il sied, nous seyons, vous seyez, ils seient ; à l'impératif, sieds-toi, seyons-nous, seyez-vous ; au part. présent séant, et au part. passé sis.

1 Être assis. encore relevé aujourd’hui

  • Le Thermodon a vu seoir autrefois Des reines au trône des rois — MALH., III, 4
  • Il la fit seoir — LA FONT., Court.
3 autres citations
  • Comme Jésus-Christ a souffert durant sa vie mortelle, est mort à cette vie mortelle, est ressuscité d'une nouvelle vie, est monté au ciel, et sied à la droite du Père, ainsi le corps et l'âme doivent souffrir, mourir, ressusciter, monter au ciel et seoir à la dextre — PASC., Lett. sur la mort de son père
  • Pas un évêque n'a voulu entrer au conseil, par l'indécence d'y seoir après un homme de second ordre — SAINT-SIMON, 87, 127
  • Les chevaliers de l'ordre, mandés par le roi, seient en bas, et n'ont point de voix — ID., 373, 205

2 Se seoir, v. réfl. S'asseoir ; peu usité, s'emploie quelquefois familièrement ou en poésie au présent de l'indicatif, à l'impératif et à l'infinitif. encore relevé aujourd’hui

  • Je m'approche, me sieds, et m'aidant au besoin.... — RÉGNIER, Sat. X
  • Carlos, y voyant une place vide, s'y veut seoir — CORN., Don Sanche, I, 3
5 autres citations
  • Sieds-toi, je n'ai pas dit encor ce que je veux — ID., Cinna, V, 1
  • Il se sied, il lui dit qu'il veut la voir pourvue — ID., le Ment. II, 5
  • Seyez-vous, et quittons ces petits différends — ID., D. Sanche, I, 3
  • L'heure du souper étant venue, chevaliers et dames se furent seoir à leurs tables assez mal servies — LA FONT., Œuv. Lett. à Mme de la Fontaine, 30 août 1663
  • Salut ! vois, l'on t'apporte et la table et le pain : Sieds-toi — A. CHÉN., Idylles, le Mendiant.
Historique

Xe s.

  • Et si [il] sist contra orientem civitatis — Fragm. de Valenc. p. 468

XIe s.

  • Sur palies blans siedent cil chevalier — Ch. de Rol. VIII
  • Alez sedeir, quant nuls ne vos somunt — ib. XVII

XIIe s.

  • Je sui retornez en mon regne, e ai sis sor le siege de mes peres — MACHAB., I, 10
  • Que li faus entes [enfant] ki crie Pour la bele estoile avoir, Qu'il voit haut et cler seoir — Couci, III
3 autres citations
  • Entour lui [il] vit ses homes seïr et arrangier — Sax. VI
  • E Hely sedeit sur le chemin devers l'ost — Rois, p. 16
  • Sire, sire, as-tu cumanded que Adonias regne et siesced en tun trone cume reis après tun decet ? — ib. 223

XIIIe s.

  • Cis Nullis siet entre Laigni sur Marne et Paris — VILLEH., I
  • Cil dame Diex, fait ele, qui haut siet et loin voit — Berte, XXVIII
2 autres citations
  • Et se tu siez bien à cheval, Tu dois poindre amont et aval — la Rose, 2207
  • Si vint à l'uis, si vist que c'estoient sis vallet et femes avec eus, et sooient à une table — BEAUMANOIR, LXIX, 21

XIVe s.

  • Laditte confrarie doit seoir [avoir ses séances] le premier dimenche — Ordonn. des rois de Fr. t. III, p. 583
  • Messire Charles de Blois et les seigneurs dessus nommés sirent assez longuement devant la cité de Rennes — FROISS., I, I, 171
1 autre citation
  • Le chapperon luy eschappa de la main dextre, et s'en alla seoir à l'aide du vent assez près d'ung chevalier qui se delectoit à regarder vers les pucelles — Perceforest, t. VI, f° 40

XVIe s.

  • Comme un pelerin lassé ou defaillant se sied au milieu de la voye pour reposer — CALV., Inst. 500
  • Il [Jésus-Christ] est seant à la dextre du pere — ID., ib. 1109
5 autres citations
  • Je veulx que l'esprit s'y seye [au plaisir de la table], non qu'il s'y couche — MONT., IV, 295
  • Jà Dieu ne plaise que je seye jamais en chaire, dont je ne me puisse lever au devant d'un plus vieil que moy — AMYOT, Lyc. 43
  • Il voulut que les serfs, ès festes de Saturne, se seissent à table pour manger avec leurs propres maistres — ID., Lyc. et Numa, 2
  • Caton y arriva, que tous les autres estoient desjà à table, et demanda où il se serroit — ID., Cat. d'Utiq. 50
  • [ô Dieu, est-ce que] Ne partiront jamais du throsne où tu te sieds Et la Mort et l'Enfer qui dorment à tes pieds ? — D'AUB., Tragiques, Misères.
Étymologie

Berry, se soyer, au subj. qu'il siese ; provenç. sezer, cezer, seire ; anc. catal. seser, siure ; catal. mod. seurer ; ital. sedere ; du lat. sedere ; comparez le grec ἕδος, siége ; goth. sitan, être assis ; allem. sitzen.

SEOIR2 v. n. (soir)

, déf. qui ne s'emploie plus guère qu'aux troisièmes personnes suivantes : il sied, ils siéent ; il seyait, ils seyaient ; il siéra, ils siéront ; il siérait, ils siéraient ; qu'il siée, qu'ils siéent ; au part. seyant ou séant ; il ne forme aucun temps composé, le part. passé sis n'étant pas usité en ce sens.

1 Être convenable, bien aller. Ces couleurs vous seyant ou séant si bien, vous devez les préférer aux autres. encore relevé aujourd’hui

  • Si près de voir sur soi fondre de tels orages, L'ébranlement sied bien aux plus fermes courages — CORN., Hor. I, 1
  • Mme de la Fayette lui répondit bonnement : ha ! mon Dieu, madame, ne le faites point, cela ne sied bien qu'aux jeunes personnes — SÉV., 37
10 autres citations
  • Mais, hélas ! en ce temps d'opprobre et de douleurs, Quelle offrande sied mieux que celle de nos pleurs ? — RAC., Athal. I, 3
  • Il les donnait [ses mémoires] avec une modestie et une espèce de timidité qui seyait tout à fait bien à un homme de guerre transplanté dans une assemblée de savants — FONTEN., Lafaye.
  • Des sociétés qui ne siéent ni à votre rang ni à votre sexe — MASS., Carême, Emploi du temps.
  • Ce qui sied bien au corps sied très mal à la bourse — MONTFLEURY, Femme juge et part. III, 2
  • Un peu d'aide souvent sied bien à la beauté — ID., ib. IV, 2
  • La voilà dans un âge où un mari ne lui siéra pas mal — LAMOTTE, Magnifique, I, 1
  • Voici l'âge d'or qui succède à l'âge de fer ; cela donne trop envie de vivre, et cette envie ne me sied point — VOLT., Lett. Dupont, 23 mars 1776
  • Je commence à croire que nous devenons trop Anglais, et qu'il nous siérait mieux d'être Français — ID., Lett. Richelieu, 10 oct. 1769
  • Elle n'aime point ce qui brille, mais ce qui sied — J. J. ROUSS., Ém. V
  • La marquise : Voilà un drôle de bonnet. - Mlle Ledoux : Je l'ai inventé et fait cette nuit ; il siérait bien à madame — GENLIS, Théât. d'éduc. Dangers du monde, I, 5

Impersonnellement.

  • Quoi ! vous iriez dire à la vieille Émilie Qu'à son âge il sied mal de faire la jolie ? — MOL., Mis. I, 1
  • Sied-il bien à des dieux de dire qu'ils sont las ? — ID., Amph. prolog.
4 autres citations
  • C'est à toi, Lamoignon.... Qu'il sied bien d'y veiller pour le maintien des lois — BOILEAU, Épître VI
  • Mais siérait-il, Abner, à des cœurs généreux, De livrer au supplice un enfant malheureux ? — RAC., Athal. V, 2
  • Quand je vous traite avec bonté, il vous sied mal de montrer de la hauteur — Mme RICCOBONI, Œuv. t. III, p. 187, dans POUGENS
  • Il vous sied, mon amie, D'être dans mon malheur toujours plus raffermie — V. HUGO, Hernani, II, 14

Ironiquement.

  • Il sied bien.... Trop aveugle ministre, Il te sied bien d'avoir en de si jeunes mains, Chargé d'ans et d'honneurs, confié tes desseins ! — RAC., Bajaz. IV, 7
  • Perfide, il vous sied bien de tenir ce discours ! — ID., Mithr. IV, 4

2 Concorder, aller ensemble. encore relevé aujourd’hui

  • Avecque la beauté mon humeur ne sied pas — RÉGNIER, Élég. II
  • Oui, c'est lui qui le dit ; et cette vanité, Monsieur, ne sied pas bien avec la piété — MOL., Tart. II, 2
Remarque

St-Simon a dit seyé au participe ; mais cela est barbare : J'avais avec eux la liberté de leur tout dire qui n'eût pas seyé de même à la dévotion du duc de Charost, 302, 285.

Historique

XIIe s.

  • Bien li sistrent les armes, si s'en sut bien aidier — Sax. IV

XIIIe s.

  • Car quant chascun jadis veoit La fame qui miex li seoit — la Rose, 14112
  • Grailles li flancs, basses les hance, Moult li siet bien sa destre mance — Fl. et Bl. 2907

XIVe s.

  • Il n'est nul quelconque à qui il siece ou appartienne plus assavoir meilleurs choses et plusieurs, que il appartient au prince — ORESME, Prol.

XVe s.

  • Et, si Dieu m'aist, le courage m'en sied trop bien que nous en viendrons à notre dessus — FROISS., I, I, 17

XVIe s.

  • Pensez qu'à Ambres bien sierroit, Ou à Carris, qui les verroit Combattre en ordre et equipage, L'un un valet et l'autre un page — MAROT, VI, 54
  • Un critique dit là dessus : ....Mais si tu leur bailles ung eschec Du mot serroit, qui n'est mot grec, Et du latin n'a delivrance ; Parle françois, ou cloz le bec, Car serroit n'est receu en France — ID., ib. VI, 94
5 autres citations
  • Il siet mal à un homme qui n'a plus de ville ny de maison, de prescher ceulx qui en ont de les abandonner — AMYOT, Thémist. 21
  • Il avoit la langue un peu grasse, ce qui ne luy seoit pas mal — ID., Alc. 2
  • Il n'est homme à qui il siese si mal de.... — MONT., I, 33
  • La mort la plus muette me semble la mieux seante — ID., II, 55
  • Il vous siera mieux de vous resserrer dans le train accoustumé — ID., II, 314
Étymologie

Le même que seoir 1, parce que ce qui est bien assis est séant.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « seoir » du Wiktionnaire.

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