timide

nature
adj
diction
[timid] · 2 syllabes
usage
34 par million de mots

Sens et définitions

Adjectif 4

  1. Qui est craintif, qui manque de hardiesse, d’assurance.
    • Lui que j’ai connu si sûr de lui-même, d’une fatuité toute naturelle, […], le voici devant moi presque timide […], tel un petit garçon qui craint d’être grondé. Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 161
  2. Qui manque d’énergie, de souffle, en parlant des ouvrages artistiques.
  3. Qualifie les choses où se manifeste un manque d’assurance ou de hardiesse.
    • Les premières expériences de reboisement et d’enrésinement dans le département sont timides et relativement tardives par rapport à d’autres régions françaises (Landes, Sologne, Champagne pouilleuse) ou européennes (Ardennes belges). Pascal Marty, Forêts et sociétés : logiques d’action des propriétaires privés et production de l’espace forestier, Publications de la Sorbonne, 2004, page 115
  4. Qui est excessivement prudent.
    • L’Académie, depuis le XIXᵉ siècle, est très timide, pour une raison bien simple : c’est que depuis le XIXᵉ siècle l’orthographe est devenue une superstition ; on écrit d’après le Dictionnaire de l’Académie avec scrupule. Émile Faguet, Simplification simple de l’orthographe, 1905

Nom 2

  1. Personne qui fait preuve de timidité.
    • L’éminent gastronome Grimod de la Reynière fait chorus, qui déconseille le céleri aux timides, mais le recommande chaudement aux célibataires. France Mutuelle Magazine, nᵒ 176, avril-mai-juin 2023, page 53
  2. Espèce de papillon de nuit, notodontidé d'Europe et d'Afrique du Nord. absent du Littré
    • La chenille du timide se nourrit sur des chênes, parfois des bouleaux.

Citation

Monsieur [le frère de Louis XIII] était timide et paresseux au souverain degré
Cardinal de Retz, Mém. t. II, liv. III, p. 447, dans POUGENS

Origine du mot

Du latin timidus (« qui craint, craintif, timide, peureux, circonspect, qui inspire de la crainte »), dérivé de timere (« craindre »). → voir temere, « craindre » en italien, miedo, « crainte » en espagnol, timoré etc.

Dans le dictionnaire latin : timidus

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

TIMIDE adj. (ti-mi-d')

1 Qui manque de hardiesse ou d'assurance. Cet animal est fort timide. encore relevé aujourd’hui

  • Monsieur [le frère de Louis XIII] était timide et paresseux au souverain degré — RETZ, Mém. t. II, liv. III, p. 447, dans POUGENS
  • Est-il possible, dis-je, qu'un homme si assuré dans la guerre soit si timide en amour ? — MOL., Am. magn. I, 1
2 autres citations
  • Le roi [Louis XIV] la vit [Christine].... mais à peine lui parla-t-il ; élevé dans l'ignorance, le bon sens avec lequel il était né, le rendait timide — VOLT., Louis XIV, 6
  • Elle hésite, elle n'ose, elle unit dans son âme L'audacieux despote et la timide femme — P. LEBRUN, Marie Stuart, II, 2

Timide à, suivi d'un infinitif.

  • Et, timide à l'aimer, je meurs [je brûle] d'en être aimée — CORN., Toison d'or, IV, 2
  • Une amante moins belle aime mieux, et du moins, Humble et timide à plaire, elle est pleine de soins — A. CHÉN., Élégies, II, 17

Timide envers.

  • Le malheur et le repentir l'avaient rendu timide envers la destinée — STAËL, Corinne, I, 1

Substantivement.

  • On ne voyait pas autour de lui des rangs affreux de gardes en haie pour effrayer les timides ou pour rebuter les importuns — FLÉCH., Panégyr. St Louis.

2 Il se dit des actions, du discours, du caractère, etc. encore relevé aujourd’hui

  • L'amour n'est guère heureux lorsqu'il est trop timide — QUINAULT, Atys, IV, 1
  • Faut-il qu'en un moment un scrupule timide Perde.... — RAC., Bajaz. II, 3
5 autres citations
  • Quels timides conseils m'osez-vous suggérer ? — ID., Athal. III, 6
  • Je ne sais si cette négligence, Les ombres, les flambeaux, les cris et le silence, Et le farouche aspect de ses fiers ravisseurs, Relevaient de ses yeux les timides douceurs — ID., Brit. II, 2
  • Les habitudes timides des animaux fugitifs devant l'homme — BUFF., Ois. t. XIV, p. 261
  • Un âme noble et fière a beau se roidir et s'élever, un tempérament timide ne peut se refondre — J. J. ROUSS., Lett. à M de St-Germ. Corresp. t. VII, p. 238, dans POUGENS.
  • C'est d'un pied timide qu'ils [les païens] approchaient eux-mêmes des idoles — CONDILLAC, Hist. anc. III, 3

Fig. Marche timide, conduite excessivement prudente.

3 Il se dit du manque de hardiesse dans les œuvres de l'esprit. Ecrivain timide. Style timide. encore relevé aujourd’hui

  • Qu'on ne s'attende pas pourtant de trouver ici une version timide et scrupuleuse des paroles de Longin — BOILEAU, Traité du sublime, Préface du trad. 1674
  • Qu'on ne soit plus surpris, si, à mesure que le goût devient plus difficile, l'imagination devient plus timide et plus froide — MARMONTEL, Œuv. t. VI, p. 69

Se dit d'une manière de travailler du peintre, du sculpteur ou du graveur, qui manque de décision et de fermeté. Un faire timide. Pinceau, ciseau, burin timide.

Historique

XVIe s.

  • La mere du timide ne sçait que c'est de pleurer — COTGRAVE
Étymologie

Lat. timidus , de timeo, craindre, comme pavidus de paveo.

Supplément au dictionnaire

TIMIDE. Ajoutez :

4 S. f. La timide, sorte de papillon, bombyx trepida.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « timide » du Wiktionnaire.

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