tribut

nature
nom masculin
diction
[tʁiby] · 2 syllabes
usage
3 par million de mots
parenté
tri

Sens et définitions

Nom 3

  1. Contribution périodique qu’un État impose à un peuple vaincu comme signe de la dépendance.
    • Il me nomma même trésorier des tributs que l'Arabie Pétrée payait au roi des rois. Voltaire, Zadig ou la Destinée, XIV. Le brigand, 1748
  2. figuré Ce qu’on est obligé d’accorder, de faire, de supporter.
    • Pas de chance pour lui, voudrait-on dire. Car ce sont bien les femmes qui ont payé le plus lourd tribut. Nathaniel Herzberg, Pratiquée jusque dans les années 80, la lobotomie visait surtout les femmes, Le Monde. Mis en ligne le 12 septembre 2018
  3. figuré Ce qui est apporté.
    • Les fleuves portent à la mer le tribut de leurs ondes.

Citation

Après divers avis on résout, on conclut D'envoyer hommage et tribut [à Alexandre]
Jean de La Fontaine, Fabl. IV, 12

Origine du mot

Du latin tributum.

Dans le dictionnaire latin : tributum

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

TRIBUT s. m. (tri-bu ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au pluriel, l's se lie : des tri-bu-z onéreux)

1 Ce qu'un État paye ou fournit à un autre État pour marque de dépendance. encore relevé aujourd’hui

  • Après divers avis on résout, on conclut D'envoyer hommage et tribut [à Alexandre] — LA FONT., Fabl. IV, 12
  • Carthage fut obligée à payer tribut — BOSSUET, Hist. I, 8
4 autres citations
  • Affranchir l'Espagne de l'infâme tribut de cent filles que son oncle Mauregat avait accordé aux Maures — ID., Hist. I, 11
  • Pompée.... content du tribut qu'il leur imposa.... leur laissa leur prince [aux Juifs] avec toute la juridiction — ID., Hist. II, 10
  • La guerre contre les Saxons avait commencé pour un tribut de trois cents chevaux et quelques vaches que Pepin avait exigé d'eux ; et cette guerre dura trente années — VOLT., Mœurs, 15
  • Le souverain de la Perse osa demander un tribut au vainqueur ; Albuquerque fit apporter, devant l'envoyé, des boulets, des grenades et des sabres : voilà, leur dit-il, la monnaie des tributs que paye le roi de Portugal — RAYNAL, Hist. phil. I, 14

Enfants de tribut, les enfants que le Grand Seigneur lève en certains pays par forme de tribut sur les chrétiens qui sont ses sujets.

2 Impôt que lèvent les gouvernements.

  • Ils [les sénateurs, à Rome] déchargèrent le menu peuple de tout impôt, ajoutant que les pauvres payaient un assez grand tribut à la république, en nourrissant leurs enfants — BOSSUET, Hist. III, 6
  • Lorsqu'il fut question de payer le tribut à César — MASS., Carême, Aumône.
2 autres citations
  • Les tributs doivent être si faciles à percevoir et si clairement établis, qu'ils ne puissent être augmentés ni diminués par ceux qui les lèvent — MONTESQ., Esp. XIII, 10
  • Il n'y a point d'État où l'on ait plus besoin de tributs que dans ceux qui s'affaiblissent — ID., Rom. 18

3Fig. Ce qu'on est obligé d'accorder, de souffrir, de faire. encore relevé aujourd’hui

  • L'estime et le respect sont de justes tributs Qu'aux plus fiers ennemis arrachent les vertus — CORN., Sertor. III, 2
  • Ni l'or ni la grandeur ne nous rendent heureux.... Des soucis dévorants c'est l'éternel asile.... L'humble toit est exempt d'un tribut si funeste — LA FONT., Phil. et Bauc.
4 autres citations
  • Tout le monde en ce pays a eu des rhumatismes, ou des fluxions sur la poitrine, choisissez.... ainsi il fallait bien payer le tribut d'une façon ou d'une autre — SÉV., 247
  • Elle [Mme de Luynes] avait payé le tribut de l'humanité l'année passée par une grande maladie, et la voilà morte un an après — ID., 5 nov. 1684
  • Quel qu'il soit, il paiera son tribut aux douleurs — DELILLE, Imag. III
  • À son penchant toujours il faut payer tribut — COLLIN D'HARLEV., Vieill. et jeun. gens, II, 12

Payer le tribut à la mer, se dit d'un homme qui, embarqué pour la première fois, a le mal de mer.

Payer le tribut à la nature, mourir.

  • C'est une loi de la nature, que ce qui est mortel doit le tribut à la mort — BOSSUET, 1or sermon, Assompt. de la Ste Vierge, 1

4 Dans le langage de la galanterie, hommage amoureux. non relevé aujourd’hui

  • Le plus parfait objet dont je serais charmé N'aurait point mes tributs, n'en étant point aimé — MOL., Dép. am. I, 3
  • Son mari [de Mme de Vins] a donc payé le tribut aux yeux de Mme D*** ; vous lui apprendrez comme il faut en être jalouse — SÉV., 30 juin 1680
1 autre citation
  • Peut-être sans colère Alliez-vous de mon cœur recevoir le tribut — RAC., Bérén. I, 4

5 Rétribution.

  • Je sais qu'un noble esprit peut sans honte et sans crime Tirer de son travail un tribut légitime — BOILEAU, Art p. IV
  • Et nos voisins frustrés de ces tributs serviles Que payait à leur art le luxe de nos villes [il s'agit de l'établissement des manufactures sous Louis XIV] — ID., Épît. I

6Fig. et poétiquement. Les fleuves portent à la mer le tribut de leurs ondes, ils s'y jettent. non relevé aujourd’hui

Remarque

Il ne faut pas confondre payer tribut et payer le tribut. Payer tribut, c'est être tributaire. Payer le tribut, c'est acquitter l'imposition fixée.

Historique

XIe s.

  • E le treüd d'Espagne la grant tere — Ch. de Rol. LII

XIIe s.

  • E rechut de ces citez David, cume sires, servises e truud — Rois, p. 146

XIIIe s.

  • Il me retenoient le treü Que trestuit homme m'ont deü — la Rose, 19531

XVe s.

  • Si nous avions jà jusques à mille lances, nous ferions un si grand treü en Angleterre qu'il y parroit [paraîtrait] quarante ans à venir — FROISS., II, II, 220
  • Jà estoit venu Bouciquaut en l'age et au temps que amour naturellement a coustume de prendre le treü et la paye de tous jeunes nobles courages — Bouciq. I, 7

XVIe s.

  • Il n'imposera peage ou treu, sinon du consentement des electeurs — SLEIDAN, f° 17
  • Tributs et impositions faites sur le peuple — PASQUIER, Recherch. p. 717, dans LACURNE
Étymologie

Prov. trabug, trabus, trahut, traut, treu, et aussi tribut, trebut ; esp. et ital. tributo ; du lat. tributum, de tribuere, distribuer, qui vient de tribus, tribu, et signifie répartir par tribu.

Supplément au dictionnaire

TRIBUT. - Ajoutez : L'e de treü, qui est l'ancienne forme, se trouve dès le VIe siècle : trebuetur, dans MONE, Mess. III, 20, 13.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « tribut » du Wiktionnaire.

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