bélier
- nature
- nom masculin
- diction
- [belje] · 2 syllabes
- attesté
- 1412
- usage
- 4 par million de mots
Sens et définitions
Nom 7
-
Outil à enfoncer les pieux ou d’autres éléments.
- Pilon/bélier utilisé pour enfoncer les poteaux de bois profondément en terre. mon-atelier.com
-
Meuble représentant l’animal du même nom dans les armoiries. À rapprocher de l’agneau, de l’agneau pascal, de la brebis ou du mouton.
- D’azur au bélier passant d’argent accorné et onglé d’or ; au chef d’hermine, qui est de Quimper → voir illustration « armoiries avec un bélier »
5 emplois spécialisés
-
Élevage
Mouton mâle non châtré, caractérisé par ses cornes en spirales.
- Le septième jour, les grands prêtres ont soufflé dans des trompettes de cornes de bélier et la ville est tombée, grâce à une intervention divine. Loïc Tassé, Les trompettes de Jéricho, Le Journal de Québec, 14 décembre 2020
-
Armement
Machine de guerre médiévale servant à enfoncer les portes blindées des châteaux-forts ; composée d’un tronc et d’une tête justement renforcée, rappelant la tête de l’animal.
- Il fait bélier de ses reins. Un grand craquement en résulte. Le verrou a sauté ; la porte cède […] René Boylesve, La leçon d’amour dans un parc, Calmann-Lévy, 1920, réédition Le Livre de Poche, page 156
- Instruments scientifiques Extrémité de la partie qui frappe d'une machine destinée à des essais de résistance au choc; par ex. l'extrémité frappante d'un mouton-pendule.
- Police Grosse barre métallique munie de poignées, servant à pratiquer des trouées dans les murs et autres parois pour y effectuer des opérations urgentes.
- Élevage des ovins Ovin adulte mâle entier ou ovin adulte mâle castré après la puberté.
Origine du mot
Avec changement de suffixe (-ier pour -in), de l’ancien français belin, attesté vers 1151 sous la forme Belinus, nom propre du mouton dans le roman Ysengrimus → voir renard pour un autre exemple de prénom substantivé à la même époque et qui a évincé le mot latin équivalent (pour le bélier : aries).
1873 — le Littré
BELIER ou BÉLIER s. m. (be-lié ou bé-lié ; l'r ne se lie jamais ; au pluriel, l's se lie : les béliers et les brebis, dites : les bélié-z et....)
1 Le mâle de la brebis.
Terme de blason. Bélier sautant, bélier dressé sur ses pieds de derrière. Bélier onglé, bélier dont les pieds sont d'un autre émail que le corps.
2 Machine de guerre dont les anciens se servaient pour battre et renverser les murailles.
- Le bélier impuissant les menaçait en vain — RAC., Bérén. I, 3
Bélier hydraulique, machine hydraulique très puissante, imaginée par Montgolfier et qui sert à élever l'eau.
3Terme d'astronomie. Constellation zodiacale qui, du temps d'Hipparque, coïncidait avec l'équinoxe du printemps ; aujourd'hui nom conventionnel du signe dont le commencement répond à ce même équinoxe dans le zodiaque mobile en vertu de la précession.
Le retour du bélier, le printemps.
- Ou demeurer oisive au retour du bélier — BOILEAU, Sat. VIII
Historique
XVe s.
- Parties de la despense faite le lundi quatriesme jour de juillet 1412 en l'ostel de Belier [nom d'un chanoine de la Sainte Chapelle] — Bibl. des Chartes, 5e série, t. I, 225
XVIe s.
- Adonc l'engin s'appeloit aries, pour ce que voulentiers on le faisoit à la semblance de la teste d'ung bellier — Suppl. franç. 1328, p. LXXXIV, Ms. de l'an 1519, dit Commentaires de Jules César
- Les Ammonians le faisoyent pourtraire [Jupiter] en figure de belier belinant, belier cornut — RAB., Pant. III, 12
3 autres citations
- Je te donnerois, respondit le marchant, ung coup d'espée sur ceste aureille lunetiere, et te tuerois comme ung belier — ID., ib. IV, 5
- Beliers, balistes, catapultes — ID., ib. IV, 61
- Mieux vaut perdre la toison Que brebis, belier ou mouton — GABR. MEURIER, Trésor des sentences, dans LEROUX DE LINCY, t. I, p. 153
Étymologie
Belin est, dans le roman de Renart, le nom du bélier ; mais le mot belier lui-même ne s'est présenté dans aucun texte au delà du XVe s. ; car belier, employé dans ce siècle comme nom propre, montre sans doute qu'il l'était comme nom commun. Au delà, en remontant, on ne trouve que mouton : dans le liber Psalmorum du XIIe siècle, on lit : Li mont s'esledecerent sicume multun, et li tertre sicume li aignel des oeilles, p. 175 ; passage où multun traduit arietes. On l'a fait venir de balarius, de balare, bêler ; mais une telle dérivation d'un verbe n'est pas justifiée par les habitudes des langues romanes. Ménage le tire de vellarius, le velu, de vellus, toison ; mais vellarius n'est donné par aucun texte. Diez paraît avoir mis le doigt sur la vraie étymologie en indiquant le bas-latin bella, clochette, qu'on pend au cou des moutons ou des vaches, du flamand bel, clochette, anglais bell. Ainsi le bélier est celui qui porte la clochette, autrement en français mouton à la sonnette, clocheman de quelques localités ; bas-latin, aries squilatus ; en flamand, bel-hamel, anglais, bell-wether, qui ont le même sens. Cette étymologie est fortifiée par l'existence du mot bélière.
Supplément au dictionnaire
BÉLIER. Ajoutez :
4 Coup de bélier, coup que donne le bélier, et, par extension, coup que donne une vague, une onde en mouvement.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- wiktionnaire (cibles)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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