foin

nature
nom masculin
diction
[fwɛ̃] · 1 syllabe
attesté
1694
usage
22 par million de mots

Sens et définitions

Nom 6

  1. Herbe fauchée et séchée qui sert principalement à la nourriture des chevaux et des bestiaux.
    • Nous étions donc tous là ce samedi avec nos 17 enfants qui s’épivardaient dans les bottes de foin […]. Le Devoir, 4 mai 2007
  2. Herbe sèche avant qu’elle soit fauchée.
    • Une pièce de foin. — Couper le foin. — Les foins sont beaux. — On coupe les foins. — La saison des foins.
  3. Ensemble des fleurons tubulaires du capitule (fond) immature de l’artichaut.
    • Prenez des artichauts que vous appropriez dessus et dessous faites-les cuire dans l'eau assez pour pouvoir enlever le foin mettez-les sur une tourtière avec huile, gousses d'ail, sel, poivre.
  4. familier Fenaison.
    • Depuis quand ce commerce-là durait-il ? Depuis les foins assurément, cela c’était indubitable, mais qui sait si auparavant déjà, il n’y avait pas quelque chose. Louis Pergaud, La Vengeance du père Jourgeot, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921
  5. familier Argent.
    • […] si nos experts économistes de la Commission Séguin (et de nombreux autres experts) ont raison, le Québec s'est fait avoir pour 50 millions de dollars par semaine depuis presque 10 ans. Pour ceux qui savent compter, tout cela commence à faire pas mal de foin. Le Devoir, 14 novembre 2006
1 emploi spécialisé
  1. Culture des plantes fourragères Herbe fauchée et séchée jusqu'à l'atteinte d'une faible teneur en eau et destinée à l'alimentation des animaux.

Interjection 1

  1. vieilli Marque l’impatience, le dédain, le mépris.
    • Tout est bien comme il est. Foin de ce que je n’ai point ! Mais ce que j’ai, je le tiens… Romain Rolland, Colas Breugnon, 1919

Citation

Vous [Nabuchodonosor] mangerez du foin comme un bœuf, vous serez trempé de la rosée du ciel
Lemaistre de Sacy, Daniel, IV, 22

Origine du mot

Des parlers oïliques de l'Est (champenois, lorrain, bourguignon, franc-comtois) et variante de l’ancien français fein depuis le XIIᵉ siècle ; lui-même du latin fēnum.

Dans le dictionnaire latin : fēnum

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

FOIN1 s. m. (foin)

1 Herbe des prairies fauchée et séchée au soleil pour la nourriture des bestiaux. Une botte de foin. encore relevé aujourd’hui

  • Vous [Nabuchodonosor] mangerez du foin comme un bœuf, vous serez trempé de la rosée du ciel — SACI, Daniel, IV, 22
  • Mon Dieu, que, si j'ai du bon foin cette année, je serai heureux ! — VOLT., Lett. d'Argental, 17 mars 1760

Il est bête à manger du foin, il est très bête.

Maladie de foin ou asthme de foin, dit aussi catarrhe d'été, affection saisonnière qui se montre à l'époque de la fenaison et qui est une espèce de catarrhe fébrile commençant par les yeux, se propageant aux fosses nasales et gagnant la gorge et les bronches.

Fig. et familièrement. Mettre du foin dans ses bottes, amasser de l'argent.

  • Mettez du foin dans vos bottes — LESAGE, Gil Blas, VIII, 9
  • Vous me mandâtes que tout le foin de la cavalerie du roi très chrétien était soumis à votre juridiction ; je souhaite que vous en mettiez dans vos bottes et que vous veniez à Paris enrichi de nos triomphes — VOLT., Lett. Berger, 7 oct. 1744

Avoir du foin dans ses bottes, avoir des ressources, de la fortune.

Fig. C'est chercher une aiguille dans une botte de foin, se dit d'une chose qu'on cherche parmi beaucoup d'autres et qui est très difficile à trouver.

Il a du foin aux cornes, se dit d'un homme fâcheux et puissant auquel il est dangereux d'avoir affaire. Locution tirée de ce qu'on mettait du foin aux cornes des taureaux méchants, afin qu'on les reconnût et qu'on s'en pût donner de garde.

On a dit ronger son foin, au lieu de ronger son frein.

2 Herbe des prairies qui n'est pas encore fauchée. Une pièce de foin, En ce sens on se sert surtout du pluriel : faire ses foins ; les foins sont beaux cette année.

Fig. Faire ses foins, faire de gros profits.

3 Foin d'artichaut, amas de barbes qui garnissent le fond d'un artichaut.

Masses des tubes qui garnissent en dessous les bolets, et qu'on enlève pour manger ces champignons.

4 Foin-grec, traduction de fenugrec employée parfois au lieu de cette dernière expression. non relevé aujourd’hui

5 Foin de mer, espèce de zoophyte à corail. non relevé aujourd’hui

6Terme de pêche. Duvet blanc ou brun qu'on trouve sous l'enveloppe crustacée des écrevisses.

Remarque

Comment expliquer au propre mettre du foin dans ses bottes ? Est-ce mettre du foin dans les chaussures appelées bottes ? Mais on ne fait cela que pour se préserver du frottement. Est-ce faire grosses les bottes de foin ? Si cela était, il faudrait croire que la locution fut primitivement mettre du foin dans les bottes.

Historique

XIIIe s.

  • Le cheval [il] corut attachier à un arbre parmi le frain ; Ilec pest de l'erbe et dou fain — Ren. 19266

XIVe s.

  • Une ane esliroit plustost fein que or — ORESME, Eth. 309

XVe s.

  • C'est à entendre que ils [les serfs anglois] doivent.... par servage, les faings faner et mettre à l'hostel — FROISS., II, II, 106
  • Et me fist on mon foing ronger Tout à par moi, à ceste enseigne Que je commençay à songer Que faisoys chasteaulx en Espaigne — COQUILLART, le Monologue de la botte de foin.

XVIe s.

  • Ce n'est que du foin, les bestes s'y amusent — OUDIN, Curios. fr.
Étymologie

Picard, fein ; provenç. fen, fe ; espagn. heno ; portug. feno ; ital. fieno ; du lat. foenum, que l'on rattache au latin feo, engendrer, sanscr. bhu, être.

Supplément au dictionnaire

1. FOIN. Ajoutez :

7 Foin de Bourgogne, un des noms de la luzerne (en Normandie, bourgogne est un des noms de la luzerne).

FOIN2 locut. interj. (foin)

Locution familière dont on se sert pour exprimer la répulsion.

  • Foin du loup et de sa race ! — LA FONT., Fabl. IV, 15
  • J'étais en train de rire ; Foin de la messagère et de son compliment ! — ID., Eunuq. IV, 9
5 autres citations
  • Foin ! que n'ai-je avec moi pris mon porte-respect — MOL., l'Ét. III, 9
  • Foin de moi ! — RAC., Plaid. II, 5
  • Foin de ces terreurs paniques qui n'ont pas le sens commun ! — J. J. ROUSS., Hél. VI, 2
  • Foin du plus parfait des mondes, si je n'en suis pas ! — DIDER., Neveu de Rameau.
  • Foin des mécontents ! Comme balayeuse on me loge, Depuis quarante ans, Dans le château, près de l'horloge — BÉRANG., H. rouge.
Historique

XVIe s.

  • Foin de la beste et de celui qui me l'a vendu — OUDIN, Curios. fr.
Étymologie

Jaubert, Gloss. du Berry, le tire de fouin, putois en Berry : Il pue comme un fouin ; oh ! le petit fouin, en parlant d'une personne qui sent mauvais ; de là fouin ! mal écrit foin. On peut anssi penser à l'exclamation latine phu qui exprime le dégoût.

Supplément au dictionnaire

2. FOIN. Interj.

ÉTYM. Ajoutez : Fouin, au sens de putois, est une autre forme de fouine, et a la même origine, faginus au lieu de fagina (voy. FOUINE).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « foin » du Wiktionnaire.

Retour au dictionnaire