giron

nature
nom masculin
diction
[ʒiʁɔ̃] · 2 syllabes
attesté
1501 (datation incertaine)
usage
2 par million de mots

Sens et définitions

Nom 9

  1. Espace qui s’étend de la ceinture aux genoux d’une personne assise.
    • Elle ramassa ses robes sur son giron et sa voix trembla. Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958
  2. figuré Sein d’une mère.
    • De quelque adresse qu’au giron Ou de Phénix ou de Chiron Il [Achille] eût fait son apprentissage. François de Malherbe, IV, 5
  3. figuré Sein, intérieur, milieu, cœur.
    • Il avait grandi dans le giron de la famille, entouré de la tendresse de tous. Louis Pergaud, Une revanche, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921
  4. Domaine d'influence ou d'autorité, domaine propre.
    • Poutine est déterminé à réintégrer les anciens pays de l’URSS, de la Baltique au Caucase, dans le giron de Moscou. Normand Lester, Odeurs de guerre avec la Russie, Le Journal de Québec, 14 avril 2021
5 emplois spécialisés
  1. Héraldique Triangle isocèle qui part d’un bord de l’écu et qui finit au centre.
    • Il porte d’or au giron d’azur.
  2. Architecture Profondeur de la marche d’un escalier mesurée au niveau de la ligne de foulée, le lieu où l’on pose le pied, par assimilation de la coupe oblique d’une marche d’escalier avec le giron du blason.
    • À chaque fois qu’on s'élève d'un pouce, la valeur de la partie horizontale se trouve réduite de deux pouces et que la somme de la hauteur doublée de la marche et de son giron doit demeurer constante et être de deux pieds. François Blondel, Cours d’architecture enseigné à l’Académie royale d’architecture, Paris, 1675
  3. Technique Manchon de manivelle qui tourne avec la main.
  4. Héraldique Dans le blason, figure en forme de triangle dont la base est placée sur le périmètre de l'écu et la pointe vers le centre.
  5. Escaliers Distance horizontale entre les nez de deux marches consécutives, mesurée sur la ligne de foulée.

Citation

Une paysanne sur le giron de laquelle une petite fille est endormie
Denis Diderot, Salon de 1765, Œuv. t. XIII, p. 217, dans POUGENS

Origine du mot

De l’ancien français geron, du francique *gêro « pièce d’étoffe en pointe » (→ voir geer en néerlandais « pointe, lance »).

Les mots français venus du francique

1873 — le Littré

GIRON1 s. m. (ji-ron)

1Terme de blason. Triangle qui a une pointe longue faite comme une marche d'escalier à vis et qui finit au cœur de l'écu ; ainsi dit de l'acception primitive de giron, qui est pan coupé obliquement. S'il y a plusieurs girons, ils doivent être alternativement de métal et de couleur. encore relevé aujourd’hui

2Par extension du sens de pans de vêtement , l'espace qui s'étend de la ceinture aux genoux d'une personne assise. repris par le Wiktionnaire

  • Les filles de Darius prisonnières étaient couchées dans le giron de leur grand'mère — VAUGELAS, Q. C. III, dans le Dict. de RICHELET.
  • Une femme de peu se présente à sa vue Avec un enfant mort couché dans son giron — MAIRET, Soliman, I, 1
1 autre citation
  • Une paysanne sur le giron de laquelle une petite fille est endormie — DIDEROT, Salon de 1765, Œuv. t. XIII, p. 217, dans POUGENS

Fig.

  • De quelque adresse qu'au giron Ou de Phénix ou de Chiron Il [Achille] eût fait son apprentissage — MALH., IV, 5

Fig. Le giron de l'Église, la communion des fidèles.

  • Staphyle ouvrit les yeux, et retourna au giron de l'Église catholique — BOSSUET, Var. VIII, § 35

Dans un sens plus étendu. Rentrer dans le giron, revenir à une société, à un emploi qu'on avait quitté. Il a été longtemps éloigné de l'Université ; mais il vient de rentrer dans le giron.

3Terme d'architecture. La largeur de la marche d'un escalier, le lieu où l'on pose le pied, par assimilation de la coupe oblique d'une marche d'escalier avec le giron du blason. Ces marches ont tant de décimètres de giron. encore relevé aujourd’hui

Giron droit, celui qui est contenu entre deux parallèles.

Historique

XIIe s.

  • Et riches trez [tentes] de soie à girons et à pans — Sax. V
  • S'or n'avoit ci de ta gent tel fuison, à ceste espée qui me pent au geron T'aprenderoie ici pesme lecon — Raoul de C. 156

XIIIe s.

  • Après lor gieux, en son giron Venus embracié le tenoit — la Rose, 15896
  • Lors garde entor lui, si cort prendre Des motes, tot plain son giron, Si li rue tot environ Et dessus le dos et encoste — Ren. 5933
3 autres citations
  • Mès pauvres hons qui n'a avoir..., Ne siet à feu, ne siet à table, Ançois menjut sor son giron — ib. 10215
  • Tout en ourant [priant] l'herbe a cuellue, Ses grons en a la dame emplis — DU CANGE, gyro.
  • Et ainsi mena le roy jusques à Kasel, et le descendirent en une meson, et le coucherent ou giron d'une bourjoise de Paris aussi comme tout mort — JOINV., 239

XVIe s.

  • Prend le ballay, et tout à l'environ Va nettoyant la meule et le gyron — DU BELLAY, VII, 3, verso.
  • Au giron [sein] mesme de la jouissance — MONT., I, 10
3 autres citations
  • Il estoit encore tout nud, au giron, et ne vivoit que des moyens de sa mere nourrice — ID., IV, 17
  • Il ne se faut fier ni à femme ni à giron — COTGRAVE
  • Les deux premiers [forçats] qui manient le giron des rames joignantes l'espale s'appellent espaliers, qui sont ceux qui donnent la vogue au reste — I. HOBIER, De la construction d'une galère et de son équipage, Paris, 1622, p. 6
Étymologie

Wallon, gèron ; namur. juron ; picard, gron, giron, tablier ; prov. giro ; esp. giron ; port. girão ; ital. gherone, garone ; du germanique : moyen haut-allem. gêre : anc. frison, gare, pan, pointe d'habit ; holl. geere, bande coupée en biais ; pour lesquels Diez suppose un ancien haut-allem. gêro, acc. gêrum, d'où les formes romanes giron, gherone. Diez pense que les mots germaniques viennent de gêr, pointe de lance, à cause de la forme de ces pans de vêtement ; à l'appui de cette transition de sens, il cite dans le bas-latin pilum vestimenti ; à quoi Scheler ajoute sagittas, dit pour pans de vêtement, et synonyme de girones. Ainsi l'ordre des sens est : dans l'ancienne langue, pan oblique, signification hors d'usage aujourd'hui et conservée dans le blason ; puis, par extension, les pans d'habit devenant le vêtement depuis la ceinture jusqu'au genou, et prenant même l'acception de côté ; enfin la marche de l'escalier ainsi dite à cause de sa forme oblique.

GIRON2 s. m. (ji-ron)

  • Nom, dans l'Aunis, du pied de veau, arum vulgare, — Gloss. aunisien, p. 111

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « giron » du Wiktionnaire.

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