hart
- nature
- nom féminin
- diction
- [aʁ] · 1 syllabe
- attesté
- Au plus tard au XIIᵉ siècle
- usage
- moins de 1 par million de mots
Sens et définitions
Nom 3
-
Espèce de lien fait d’osier, ou d’autre bois souple, dont on lie les fagots, les bourrées, etc.
- Il poussa la barrière qui cria dans sa hart, et à pas lents il s’avança vers la maison. Hector Malot, Sans famille, Dentu E., 1887
-
Corde avec laquelle on étranglait les criminels.
- Et il a promis la hart à ceux qui désobéiraient. Jean-Christophe Rufin, Rouge Brésil, Gallimard, 2001
1 emploi spécialisé
- Art Chevillette de fer en demi-cercle et fixée à la muraille, sur laquelle le gantier et le peaussier passent et étirent les peaux.
Citation
Bourgean le promit bien et signa ; et moi, qui me fiais à cela, je m'en allai.... persuadé qu'il n'oserait couper une seule hart au delà de ce qui lui revenait
Origine du mot
De l’ancien français hart.
1873 — le Littré
HART s. f. (har ; le t ne se prononce et ne se lie jamais : la har au cou)
1 Lien d'osier ou d'autre bois pliant qui sert à lier les fagots. encore relevé aujourd’hui
- Bourgean le promit bien et signa ; et moi, qui me fiais à cela, je m'en allai.... persuadé qu'il n'oserait couper une seule hart au delà de ce qui lui revenait — P. L. COUR., à MM. les juges de Tours.
2 La corde dont on étranglait les criminels. encore relevé aujourd’hui
- Je croirais mériter la hart — RÉGNIER, Mac.
- Guindé la hart au col, étranglé court et net — LA FONT., Fabl. VI, 19
2 autres citations
- Si je suis par vos soins à l'abri de la hart, Du butin que j'ai fait vous aurez votre part — BOURSAULT, Merc. gal. II, 4
- En 1535, il fut prescrit, et sous peine de la hart, à tout bourgeois de se faire raser la barbe, parce qu'alors la longue barbe distinguait les nobles et les militaires de ceux qui ne l'étaient point — SAINT-FOIX, Ess. Paris, t. 4, p. 254
3 Cheville de fer, courbée en demi-cercle et fixée à la muraille, sur laquelle le gantier et le peaussier passent et étirent les peaux. repris par le Wiktionnaire
Historique
XIIe s.
- Ou [qu'] il l'en amaint [amène] pris en chaaine ou en hart — Sax. XI
- Si com chascuns estoit eschapez de la hart — ib. XXIX
1 autre citation
- Nus nus vestirums de sacs, e vendruns devant le rei, le [la] hart el col — Rois, p. 327
XIIIe s.
- Et mesires Loeys fist crier son ban, que nus n'i fourfesist riens, sous le [la] hart — Chr. de Rains, p. 156
- À itant d'ilec se depart, Et va el bois faire une hart Qu'il li volt metre entor la teste — Ren. 4448
2 autres citations
- De cordes de hars et de corre [coudre, coudrier], De kaïnes et de carkans [ils] Les crucefient en lor bans — GUI DE CAMBRAI, Barl. et Jos. p. 131
- Fortune au gibet vous atent, Et, quant au gibet vous tendra [tiendra] La hart ou col, el reprendra La bele corone dorée Dont vostre teste est coronée — la Rose, 6550
XIVe s.
- Le lia fermement à quatre hars torses — Chr. de St Denis, t. I, f° 146, dans LACURNE
XVIe s.
- Hart, donc, est le lien d'un fagot, ou d'une bourrée à Paris ; qu'on appelle une riorte en mon benoit pays ; parquoi j'entends que quand on crie de par le roi, sur peine de la hart (hart est feminini generis) vaut autant à dire que sur peine de la corde ; je dis qu'on s'aidoit des branches des arbres pour espargner le chanvre. - Sentir la hart, vaut autant à dire que chatouilleux de la gorge — DESPER., Contes, XCVII
Étymologie
Wallon, hâre ; namur. haurde ; Hainaut, hart, s. m. ; norm. hart, grosse branche, et arde, morceau de bois ; origine inconnue. On indique le celtique : bas-breton, ari, éré, lien, attache ; gaél. ar ; bas-breton aricin, et dans les anciens auteurs, heren, attacher ; mais cela ne rend pas compte du t.
Supplément au dictionnaire
HART. - ÉTYM. Ajoutez : D'après M. Jouaucoux, en picard, hart signifie pousse ou tige flexible de toute essence de bois propre à être tordue, et aussi baguette, jeune rameau avec lequel on peut fouetter, et vient du lat. artus, employé par Pline au sens de branche, de rameau ; diminutif une hartchel. Mais, indépendamment de la prosthèse de l'h, artus de Pline est un mot métaphorique dont il n'y a aucune trace dans la langue vulgaire au sens de rameau.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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