rature
- nature
- nom féminin
- diction
- [ʁatyʁ] · 2 syllabes
- attesté
- 1201
- usage
- moins de 1 par million de mots
Sens et définitions
Nom 9
- vieilli Raclure.
-
vieilli Ce qu’on enlève des peaux en les raclant.
- Les ratures servent à faire de la colle.
- vieilli Petite bande qu'on enlève en tournant l’étain sur la roue.
- Rayure(s), ajout d'un ou plusieurs traits pour barrer ou masquer une partie d'un texte à corriger, à rectifier.
- Voici un exemple : ce texte est une rature sur Wikipédia.
- Faire des ratures.
- Un écrit tout plein de ratures, chargé de ratures.
- Un acte plein de ratures.
- Correction apportée à une action, à un comportement.
Formes fléchies 5
- Première personne du singulier du présent de l’indicatif de raturer.
-
Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de raturer.
- Personne qui renonce à son os imaginaire, et moi qui tant rature et qui tant écrivouille, qu’est-ce que j’irais reprocher à celui-là, à celui-ci, quand ils encyclent à perdre haleine ? Mercure de France, 1960, page 301
- Première personne du singulier du présent du subjonctif de raturer.
- Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de raturer.
- Deuxième personne du singulier de l’impératif de raturer.
Citation
J'ai vu son manuscrit original [Télémaque de Fénelon], il n'y a pas dix ratures
Origine du mot
Apparait sous la forme rasture ; avec le suffixe -ure, de l’ancien français rater, raster (« raturer, ratisser »).
1873 — le Littré
RATURE s. f. (ra-tu-r')
1 Synonyme de raclure. Quand on voulait faire l'essai d'une masse d'argent, on en tirait quelques grains, par le moyen d'un petit instrument nommé échoppe ; on mettait cette petite quantité d'argent sur des charbons ardents, et on jugeait de son titre par sa couleur plus ou moins blanche ; cette méthode s'appelait faire l'essai à la rature ou à l'échoppe, Dict. des arts et mét. Essayeur.
Ce qu'on enlève des peaux en les raturant. Les ratures servent à faire de la colle.
Terme de potier d'étain. Petite bande qu'on enlève en tournant l'étain sur la roue.
2Par extension, trait de plume passé sur ce qu'on a écrit (le trait ainsi passé étant comparé à une raclure).
- J'ai vu son manuscrit original [Télémaque de Fénelon], il n'y a pas dix ratures — VOLT., Louis XIV, 32
- Les actes seront inscrits sur les registres de suite, sans aucun blanc ; les ratures et les renvois seront approuvés et signés de la même manière que le corps de l'acte — Code Nap. art. 42
Fig.
- Que vous servira d'avoir tant écrit dans ce livre [une grande vie], d'en avoir rempli toutes les pages en beaux caractères, puisque enfin une seule rature doit tout effacer ? encore une rature laisserait-elle quelques traces, du moins, d'elle-même ; au lieu que ce dernier moment [la mort], qui effacera d'un seul trait toute votre vie, s'ira perdre lui-même avec tout le reste dans ce gouffre du néant — BOSSUET, Sermons, la Mort, 1
Historique
XIIIe s.
- Rature [raclure] d'estaux de boucherie — DU CANGE, ratura.
XVIe s.
- Et fut la cuirace attainte, qui neantmoins demoura en son entier, et à peine y feit le traict une petite rature, qui n'apparoissoit comme point, non plus que si elle eust esté faitte d'un petit burin ou poinçon à escrire — AMYOT, Démétr. 26
Étymologie
L'ancien verbe rater, qui signifiait effacer : XIVe siècle : Et aussi rata le dit prestre une lettre scellée du grant scel, DU CANGE, rattare ; Il rata et osta un x sur la somme de xij c. frans, ID. ib. Rature a aussi bien le sens de racler que celui de raturer. Ratter ou rater représente phonétiquement un dérivé du lat. raptus, enlèvement, qui, en effet, avait donné rat ; il signifierait enlever ; mais de là à racler, effacer, les intermédiaires manquent. D'un autre côté, l'ancienne langue a raté, rongé par les rats ; d'où rature a pu signifier rongeure de rat, comme le provençal ratonadura ; mais là aussi les intermédiaires manquent. Toutefois rater, ronger, est plus voisin de racler, que ne le serait rater, enlever, s'il existait. Quelques-uns pensent que rater est pour gratter.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Wiktionnaire (dump du 6 juillet 2026) Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (cibles)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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