rature

nature
nom féminin
diction
[ʁatyʁ] · 2 syllabes
attesté
1201
usage
moins de 1 par million de mots

Sens et définitions

Nom 9

  1. vieilli Raclure.
  2. vieilli Ce qu’on enlève des peaux en les raclant.
    • Les ratures servent à faire de la colle.
  3. vieilli Petite bande qu'on enlève en tournant l’étain sur la roue.
  4. Rayure(s), ajout d'un ou plusieurs traits pour barrer ou masquer une partie d'un texte à corriger, à rectifier.
  5. Voici un exemple : ce texte est une rature sur Wikipédia.
  6. Faire des ratures.
  7. Un écrit tout plein de ratures, chargé de ratures.
  8. Un acte plein de ratures.
  9. Correction apportée à une action, à un comportement.

Formes fléchies 5

  1. Première personne du singulier du présent de l’indicatif de raturer.
  2. Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de raturer.
    • Personne qui renonce à son os imaginaire, et moi qui tant rature et qui tant écrivouille, qu’est-ce que j’irais reprocher à celui-là, à celui-ci, quand ils encyclent à perdre haleine ? Mercure de France, 1960, page 301
  3. Première personne du singulier du présent du subjonctif de raturer.
  4. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de raturer.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de raturer.

Citation

J'ai vu son manuscrit original [Télémaque de Fénelon], il n'y a pas dix ratures
Voltaire, Louis XIV, 32

Origine du mot

Apparait sous la forme rasture ; avec le suffixe -ure, de l’ancien français rater, raster (« raturer, ratisser »).

1873 — le Littré

RATURE s. f. (ra-tu-r')

1 Synonyme de raclure. Quand on voulait faire l'essai d'une masse d'argent, on en tirait quelques grains, par le moyen d'un petit instrument nommé échoppe ; on mettait cette petite quantité d'argent sur des charbons ardents, et on jugeait de son titre par sa couleur plus ou moins blanche ; cette méthode s'appelait faire l'essai à la rature ou à l'échoppe, Dict. des arts et mét. Essayeur.

Ce qu'on enlève des peaux en les raturant. Les ratures servent à faire de la colle.

Terme de potier d'étain. Petite bande qu'on enlève en tournant l'étain sur la roue.

2Par extension, trait de plume passé sur ce qu'on a écrit (le trait ainsi passé étant comparé à une raclure).

  • J'ai vu son manuscrit original [Télémaque de Fénelon], il n'y a pas dix ratures — VOLT., Louis XIV, 32
  • Les actes seront inscrits sur les registres de suite, sans aucun blanc ; les ratures et les renvois seront approuvés et signés de la même manière que le corps de l'acte — Code Nap. art. 42

Fig.

  • Que vous servira d'avoir tant écrit dans ce livre [une grande vie], d'en avoir rempli toutes les pages en beaux caractères, puisque enfin une seule rature doit tout effacer ? encore une rature laisserait-elle quelques traces, du moins, d'elle-même ; au lieu que ce dernier moment [la mort], qui effacera d'un seul trait toute votre vie, s'ira perdre lui-même avec tout le reste dans ce gouffre du néant — BOSSUET, Sermons, la Mort, 1
Historique

XIIIe s.

  • Rature [raclure] d'estaux de boucherie — DU CANGE, ratura.

XVIe s.

  • Et fut la cuirace attainte, qui neantmoins demoura en son entier, et à peine y feit le traict une petite rature, qui n'apparoissoit comme point, non plus que si elle eust esté faitte d'un petit burin ou poinçon à escrire — AMYOT, Démétr. 26
Étymologie

L'ancien verbe rater, qui signifiait effacer : XIVe siècle : Et aussi rata le dit prestre une lettre scellée du grant scel, DU CANGE, rattare ; Il rata et osta un x sur la somme de xij c. frans, ID. ib. Rature a aussi bien le sens de racler que celui de raturer. Ratter ou rater représente phonétiquement un dérivé du lat. raptus, enlèvement, qui, en effet, avait donné rat ; il signifierait enlever ; mais de là à racler, effacer, les intermédiaires manquent. D'un autre côté, l'ancienne langue a raté, rongé par les rats ; d'où rature a pu signifier rongeure de rat, comme le provençal ratonadura ; mais là aussi les intermédiaires manquent. Toutefois rater, ronger, est plus voisin de racler, que ne le serait rater, enlever, s'il existait. Quelques-uns pensent que rater est pour gratter.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « rature » du Wiktionnaire.

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