vanité

nature
nom féminin
diction
[vanite] · 3 syllabes
usage
22 par million de mots
parenté
vain

Sens et définitions

Nom 7

  1. Caractère de ce qui est vain, futile.
    • Mais les vanités de la douleur sont étrangères aux âmes fidèles. Honoré de Balzac, Louis Lambert, 1836
  2. Inutilité, inconsistance.
    • Deux ans chez les trappistes lui ont appris à la fois le poids des mots et leur vanité. Antoine Bello, Scherbius (et moi), Gallimard, 2018, p. 96
  3. Désir de se faire valoir, fatuité.
    • Et tous de le flatter, et de l’entourer d’une cour dont il ne peut être dupe, mais dont se gonfle sa vanité. Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958
  4. Fierté excessive, amour-propre frivole.
    • Eh ! bien, lui qui devait n’avoir que de l’orgueil était dévoré de vanités blessantes et maladives qui décourageaient l’amitié. Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844
  5. Mondanités, frivolités, futilités.
    • Je n’aime pas ces vanités, qui étaient inconnues à nos pères lorsque l’Angleterre était libre. Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820
2 emplois spécialisés
  1. Art Peinture de genre signifiant le temps, la mort, l’instabilité des choses, à l’aide de composition d’objets périssables, tels que bougie, crâne, sablier, végétaux.
  2. Bijouterie Bijou, bague, orné d’une tête de mort.
    • Les voûtes de l’établissement devaient remonter aux catacombes, l’éclairage aurait convenu à un enterrement clandestin, les clients et les serveurs arboraient des vanités à chaque doigt – tout ici présageait la mort. Amélie Nothomb, Pétronille, Éditions Albin Michel, Paris, 2014, page 162

Citation

Tous les hommes qui n'ont pas la connaissance de Dieu ne sont que vanité
Lemaistre de Sacy, Bible, Sagesse, XIII, 1

Origine du mot

Du latin vanitas (« vide, futilité, frivolité, fausseté, jactance, viduité »), synchroniquementdérivé de vain, avec le suffixe -ité

Dans le dictionnaire latin : vanitas

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

VANITÉ s. f. (va-ni-té)

1 Caractère de ce qui est vain, vide, sans solidité, sans durée. encore relevé aujourd’hui

  • Tous les hommes qui n'ont pas la connaissance de Dieu ne sont que vanité — SACI, Bible, Sagesse, XIII, 1
  • Qu'une chose aussi visible qu'est la vanité du monde soit si peu connue.... — PASC., Pens. VI, 59, édit. HAVET.
8 autres citations
  • Le sentiment de la fausseté des plaisirs présents, et l'ignorance de la vanité des plaisirs absents causent l'inconstance — ID., ib. VI, 45
  • Vanité des vanités, et tout est vanité.... j'ai pris sans étude et sans choix les premières paroles que me présente l'Ecclésiaste, où, quoique la vanité ait été si souvent nommée, elle ne l'est pas encore assez à mon gré pour le dessein que je me propose — BOSSUET, Duch. d'Orl.
  • Ô vanité ! ô néant ! ô mortels ignorants de leurs destinées ! — ID., ib.
  • Si M. de Turenne n'avait su que combattre et vaincre ; s'il ne s'était élevé au-dessus des vertus humaines.... je laisserais à la vanité le soin d'honorer la vanité — FLÉCH., Tur.
  • Vanité des vanités ! mais tout n'est pas vanité ; ma tendre reconnaissance pour mes amis, et surtout pour vous, madame, n'est pas vanité — VOLT., Lett. Mme Necker, 21 juin 1770
  • Je me félicite, sire, de penser comme Votre Majesté sur la vanité et la futilité de la métaphysique — D'ALEMB., Lett. au roi de Pr. 17 sept. 1764
  • Un roi, je dirai plus, un sage Écrit que tout est vanité, Tout, y compris la majesté, Même l'amour, et c'est dommage — M. J. CHÉNIER, la Retraite.
  • De toutes les couronnes que j'avais rêvées, l'amour d'une grande dame était celle qui flattait le plus ma vanité — REYBAUD, Jér. Patur. II, 16

Au plur.

  • Quittons ces vanités, lassons-nous de les suivre ; C'est Dieu qui nous fait vivre, C'est Dieu qu'il faut aimer — MALH., I, 3
  • La princesse palatine se montre au monde cette fois, mais c'est pour lui déclarer qu'elle avait renoncé à ses vanités — BOSSUET, Anne de Gonz.
1 autre citation
  • Il ne s'apaise et il ne revient de ce grand fracas, que pour bredouiller des vanités et des sottises — LA BRUY., V

2 Désir d'approbation qui se manifeste au dehors, désir de produire de l'effet. encore relevé aujourd’hui

  • La vertu n'irait pas si loin, si la vanité ne lui tenait compagnie — LA ROCHEFOUC., Max. 200
  • Si la vanité ne renverse pas entièrement les vertus, du moins elle les ébranle toutes — ID., ib. 388
11 autres citations
  • La vanité nous fait faire plus de choses contre notre goût que la raison — ID., ib. 467
  • Curiosité n'est que vanité ; le plus souvent on ne veut savoir que pour en parler — PASC., Pens. II, 6
  • Un dénombrement exact de tous les ornements de la vanité — BOSSUET, la Valliere.
  • Quoique Dieu et la nature aient fait tous les hommes égaux, en les formant de même boue, la vanité humaine ne peut souffrir cette égalité, ni s'accommoder à la loi qui nous a été imposée de les regarder tous comme nos semblables — ID., Gornay.
  • On ne voit point mieux le ridicule de la vanité, et combien elle est un vice honteux, qu'en ce qu'elle n'ose se montrer, et qu'elle se cache souvent sous les apparences de son contraire — LA BRUY., XI
  • Que faut-il donc penser de la vanité ? à un certain point, c'est vice ; un peu en deçà, c'est vertu — FONTEN., Dial. I, Morts mod.
  • La vanité qui se montre n'est ni la plus habile, ni la plus à craindre — MASS., Or. fun. Villars.
  • L'orgueil d'un Espagnol le portera à ne pas travailler ; la vanité d'un Français le portera à savoir travailler mieux que les autres — MONTESQ., Esp. XIX, 9
  • Il y a bien des sortes de vanité ; mais la plus belle est celle qui, ne s'arrogeant aucun titre, rend presque tous les autres ridicules — VOLT., Dict. phil. Quakers.
  • La vanité, exigeant tout et n'accordant rien, est toujours inique, au lieu que l'amour, donnant autant qu'il exige, est par lui-même un sentiment rempli d'équité — J. J. ROUSS., Ém. v.
  • La vanité est la mère des ridicules, comme l'oisiveté est la mère des vices — MARMONTEL, Œuv. t. IX, p. 352

Au plur.

  • Mes vanités jusque-là ne se montent — CORN., Suiv. III, 6
  • Que le souvenir de sa modestie et de son humilité [de J. C.]... vous guérisse de vos vanités, de vos projets, de vos prétentions frivoles — MASS., Avent, Disp. à la comm.
2 autres citations
  • Combien de petites vanités intérieures devaient m'amuser et me distraire du souci que j'aurais pu prendre ! — MARIV., Marianne, 4e part.
  • Les folles vanités, l'orgueil ambitieux — VOLT., Scythes, II, 2

Faire vanité, tirer vanité, prendre vanité d'une chose, s'en glorifier.

  • Peu, même des grands cœurs, tireraient vanité D'aller par ce chemin à l'immortalité — CORN., Hor. II, 3
  • Quelque favorable accueil que Sa Majesté ait daigné faire à cet ouvrage, je n'en dois pas faire grande vanité, puisque je n'en suis que le traducteur — ID., Poëme sur les vict. du roi, Au lecteur.
7 autres citations
  • La solide vertu dont je fais vanité — ID., Hor. II, 3
  • On fait souvent vanité des passions, même les plus criminelles — LA ROCHEFOUC., Réflex. 27
  • Ce style figuré dont on fait vanité — MOL., Mis. I, 2
  • Il est certain que cette affaire-là était épineuse, et que, si la personne en sort, il y a sujet d'en prendre quelque vanité — PASC., Lett à Mlle de Roannez, 7
  • Quand il ferme la bouche à un libertin qui fait vanité du vice — BOSSUET, Panég. Ste Catherine, 3
  • Si, avant que de tirer vanité d'une chose, ils voulaient s'assurer bien qu'elle leur appartînt, il n'y aurait guère de vanité dans le monde — FONTEN., Dial. 2, Morts mod.
  • Gilbert : Vous êtes philosophe ? - Psaphon : Oui, j'en fais vanité, Et mes écrits moraux prouvent ma probité — GILB., Apologie.

Sans vanité, sans vouloir me vanter, locution dont on se sert quand, disant de soi quelque chose d'avantageux, on veut le faire passer.

  • Je puis dire sans vanité, que, dans tout Paris, il n'y a point de cocher qui prenne tant de soin de ses chevaux que moi — HAUTEROCHE, le Coch. 3
  • Pour le petit marquis.... C'est moi-même, messieurs, sans nulle vanité — MOL., Mis. v, 4
1 autre citation
  • Pour le cœur, dont surtout nous devons faire cas, On sait, sans vanité, que je n'en manque pas — ID., ib. III, 1

3 Acte de vanité.

  • Ceux que l'opinion fait plaire aux vanités Font dessus leurs tombeaux graver des qualités Dont à peine un dieu serait digne — MALH., V, 8
  • Mettre des bornes à son jeu, à ses dissipations, à ses vanités, à son attachement au monde — BOURDAL., 2e dim. après l'Épiph. Dominic. t. I, p. 73
2 autres citations
  • Qu'on me permette ici une vanité sur mon ouvrage — LA BRUY., Préf. Disc. de récept.
  • Cette cour [de Rome] où tout se passe en cérémonie, était le tribunal où se jugeaient ces vanités de la grandeur [les préséances] — VOLT., Louis XIV, 7

4 Au plur. Des personnes vaines. encore relevé aujourd’hui

  • Facilités offertes à certaines vanités pour arriver à la conquête de titres.... — Journ. offic. 24 fév. 1872, p. 1316, 2e col.
Historique

XIIe s.

  • Pur quei amez vus vanitet e querez menceunge ? — Liber psalm. p. 3
  • Il esperat en la multitudine de ses richeises, e miez valut en sa vanitet — ib. p. 69
1 autre citation
  • Laissez de cest siecle les vanitez — Rois, p. 41

XIIIe s.

  • Vanitez est là où veritez ne converse — Psautier, f° 10
  • Jonesce qui tout a gité [jeté] Son preterit en vanité — la Rose, 4550

XVe s.

  • Et des deliz de chacier ensement, Et de voler [chasser au vol] et de tournoiement, Vanitez sunt, croy donc certainement ; Car tout desplait fors estude et science — E. DESCH., Plais. de l'étude.

XVIe s.

  • S'arrester aux vanitez de la divination — MONT., I, 47
  • Puisque je n'ai rien profité par mes raisonnemens de ce soir sur la vanité des esmeutes populaires — D'AUB., Hist. I, 132
Étymologie

Prov. vanitat, vanetat ; esp. vanidad ; ital. vanità ; du lat. vanitatem, de vanus, vain.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « vanité » du Wiktionnaire.

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