allemand
- nature
- nom masculin
- diction
- [aləmɑ̃] · 3 syllabes
- attesté
- 1100
- usage
- 48 par million de mots
Sens et définitions
Nom 3
-
Langue parlée en Allemagne, en Autriche, en Suisse, au Liechtenstein, au Luxembourg et en Belgique (Cantons de l’Est).
- L’Allemagne, en ce temps-là, était encore l’Athènes de l’Europe ; et puis l’allemand était la langue de la science de l’Antiquité, de l’Altertumswissenschaft. Paul Veyne, Et dans l’éternité je ne m’ennuierai pas. Souvenirs, Albin Michel, 2014, page 27
2 emplois spécialisés
- Noms d’habitants et noms de peuples Personne née en Allemagne ou qui y habite.
- Psycho- Langue indo-européenne, du groupe germanique occidental, parlée en Allemagne, Autriche et en Suisse. Au sens large, elle comprend l'ensemble des dialectes ou parlers locaux haut-allemands et bas-allemands alors qu'au sens strict elle désigne la langue officielle, littéraire et administrative qui est la base du haut-allemand.
Adjectif 2
-
Relatif à l’allemand, la langue allemande.
- On m'apprenait également le latin, l'allemand - l'anglais n'existait pas encore à l'époque ou, du moins, était considéré par ma mère comme une facilité commerciale à l'usage des gens de peu. Romain Gary, La promesse de l'aube, Folio
1 emploi spécialisé
-
Géographie
Relatif à l’Allemagne ; originaire d’Allemagne.
- Des loups sont régulièrement tués sur les routes côté allemand. Aurélie Locquet, Une louve gestante tuée dans une collision avec une voiture en Forêt-Noire, France Bleu Alsace , France Bleu Elsass, Dimanche 21 avril 2024
Origine du mot
En ancien français aleman, du latin Alemannus (« relatif aux Alamans »), ancien peuple germanique dont le nom signifie « tous les hommes », selon Asinius Quadratus. Aleman est d’abord devenu alemant par ajout de la terminaison en « -t » du cas régime singulier des adjectifs de deuxième classe en ancien français, puis alemand.
1873 — le Littré
ALLEMAND s. m. (a-le-man)
Ce mot est employé dans quelques phrases proverbiales : Une querelle d'allemand, c'est-à-dire une querelle sans sujet.
C'est de l'allemand, c'est du haut allemand pour moi, c'est-à-dire je n'y entends, je n'y comprends rien.
Historique
XIIe s.
- N'il ne cremi les reis l'Engleis ne le Francur, Aleman ne Tieis, ne duc n'empereür — Th. le Mart. 100
XIIIe s.
- Et ne porquant isnelemant, Se il ne fussent alemant, Les nommaisse ; mès ce seroit Tens perdus, qui les nommeroit — RUTEB., II, 154
XVIe s.
- Ils seroient bien aises de vous dresser une querelle d'Allemaigne — CARL., IV, 18
Étymologie
Quoique ce mot ait donné lieu à beaucoup d'étymologies, cependant il faut encore s'en rapporter à Agathias, qui dit : « Les Allemands, s'il faut en croire Asinius Quadratus, Italien qui a écrit avec exactitude l'histoire des Germains, sont des hommes rassemblés de divers endroits et mêlés ensemble ; c'est ce que signifie le nom qu'ils portent. » Cette opinion doit d'autant plus être acceptée, qu'elle se justifie sans peine par les langues germaniques : all, tout, et mann, homme. Le d qui se trouve dans mand provient de la forme danoise mand, homme, pour mann. Quant à allemand, dans la locution querelle d'allemand, il s'agit bien, sans doute, des Allemands. Pourtant on en a donné une étymologie différente : on écrit alors alleman, et l'on cite le dicton : Gare la queue des Alleman ! Ce dicton a appartenu au Dauphiné, dont la région montagneuse entre le Drac et l'Isère était occupée par une puissante et nombreuse famille de seigneurs portant tous le nom d'Alleman. Malheur au voisin qui provoquait un membre de cette famille ! il se les attirait tous sur les bras. De l'ardeur avec laquelle cette famille vengeait la plus petite injure est aussi venu, dit-on, le proverbe : Faire une querelle d'allemand ; et Oudin (Curiosités franç. p. 462) écrit, en raison de cette origine : Querelle d'alleman. Mais je remarque qu'à la fin du XVIe siècle, Carloix dit querelle d'Allemaigne, ce qui montre que, dès ce temps-là, on regardait, dans la locution, allemand comme le nom de peuple.
Supplément au dictionnaire
ALLEMAND. Ajoutez :
2 L'allemand, nom générique de la langue parlée en Allemagne ; on y distingue surtout deux dialectes : le bas-allemand et le haut-allemand. En traçant une ligne en partant de Cologne et aboutissant par Cassel et Magdebourg à la frontière orientale d'Allemagne près Lissa (grand-duché de Posen), il se trouve que tout ce qui est au sud de cette ligne appartient au haut-allemand ; c'est de ce haut-allemand que s'est essentiellement formée, depuis le commencement du XVIe siècle, la langue littéraire actuelle. La partie de l'Allemagne au nord de la ligne ci-dessus appartient au bas-allemand, qui y est encore aujourd'hui la langue populaire, bien que de plus en plus, nommément dans les villes, il cède la place au haut-allemand. Seule la petite colonie franque du Hartz (Goslar) forme un îlot isolé dans le territoire du bas-allemand. Celui-ci règne donc sur le Rhin inférieur, dans la Frise, Westphalie, Brunswick, Hanovre, Holstein et Schleswig, Mecklenbourg, Poméranie, Rugen, Marche de Brandebourg, et, à travers la Prusse, le long de la côte de la Baltique, jusqu'au territoire de la langue lithuanienne. Le hollandais et l'anglo-saxon, base essentielle de l'anglais d'aujourd'hui, appartiennent au domaine du bas-allemand. Dans un sens étendu, on peut encore compter les langues scandinaves parmi celles qui relèvent du bas-allemand.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- wiktionnaire (cibles)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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