bourreau

nature
nom masculin
diction
[buʁo] · 2 syllabes
attesté
1302
usage
14 par million de mots

Sens et définitions

Nom 7

  1. Exécuteur des arrêts rendus par les cours criminelles, chargé de la peine capitale. Préposé à la guillotine, avant la suppression de la peine de mort, en France.
    • Malgré l’activité des bourreaux, les préparatifs du supplice ne purent être achevés avant le coucher du soleil. François-René de Chateaubriand, Atala, ou Les Amours de deux sauvages dans le désert
  2. figuré Homme cruel, inhumain.
    • C’est un vrai bourreau.
  3. figuré Personne qui ne ménage pas les autres ou soi-même.
    • C’est un vrai bourreau de travail.
  4. familier Homme excessif.
    • C’est un bourreau de travail.
  5. figuré Tourment de l'âme, mauvaise conscience, remords ou passion pénible.
  6. Terme de reproche, expression d’humeur et d’impatience.
    • Eh bien, bourreau, t’expliqueras-tu ?
  7. vieilli Sac bourré de paille qui se mettait sur l'épaule pour porter un fardeau. ^([2])

Adjectif 1

  1. figuré Qui est une cause de tourment physique.
    • La nature est assez bourrelle, elle nous force assez à manger, à rechercher la boustiffe, par tombereaux, par tonnes, pour entretenir sa chaleur, elle peut bien mettre un peu de drôlerie au fond de cette damnée carcasse. Louis-Ferdinand Céline, Les Beaux Draps, 1940, page 171

Citation

Il veut.... Qu'au lieu de votre époux je sois votre bourreau
Jean Racine, Iphig. III, 6

Origine du mot

De l’ancien français bourrel issu de bourrer au sens de « frapper » (→ voir bourrade).

1873 — le Littré

BOURREAU1 s. m. (bou-rô)

1 Celui qui inflige les peines corporelles qu'ordonnent les arrêts rendus en matière criminelle. Livré au bourreau. Livre brûlé par le bourreau. encore relevé aujourd’hui

  • Faisant passer Photin par les mains d'un bourreau — CORN., Pomp. V, 1
  • Va ! je suis ta partie et non pas ton bourreau — ID., Cid, III, 4
3 autres citations
  • Je craignais beaucoup moins tes bourreaux que ses larmes — ID., Poly. IV, 1
  • On les bat de verges par la main de bourreaux — BOSSUET, III, Pent. 1
  • Fouetté par la main du bourreau — PASC., Prov. 6

Valet de bourreau, homme qui aide le bourreau dans les exécutions.

Insolent comme un valet de bourreau, odieusement insolent.

2Par extension, meurtrier.

  • Et toi-même des tiens devenu le bourreau — CORN., Cinna, IV, 3
  • De deux princes ses fils elle fait ses bourreaux — ID., Rodog. II, 4
2 autres citations
  • Toi-même de ton sang devenir le bourreau — RAC., Phèd. IV, 6
  • Il veut.... Qu'au lieu de votre époux je sois votre bourreau — ID., Iphig. III, 6

Fig. Le remords sera son bourreau.

  • Le vice est lui-même son cruel bourreau — D'ABLANCOURT, Lucien, dans RICHELET
  • En quelque lieu que se trouve un parricide, il y rencontre un accusateur, un juge et un bourreau — LEMAÎTRE, Plaid. 28, dans RICHELET
2 autres citations
  • Les envieux sont eux-mêmes leurs bourreaux — VAUGEL., Q. C. liv. VIII, ch. 12
  • Il est lui-même son impitoyable bourreau — PATRU, Plaid. 5

3Familièrement. Être le bourreau de quelqu'un, le tourmenter, lui rendre la vie dure. encore relevé aujourd’hui

  • Un amiral était sa bête [à Pontchartrain], et un amiral bâtard du roi, son bourreau — SAINT-SIMON, 141, 63

Être le bourreau de soi-même, faire plus qu'on ne peut, s'excéder, ne pas ménager sa santé.

4 Un homme cruel, inhumain. Voyez comme il maltraite son cheval ; c'est un vrai bourreau. encore relevé aujourd’hui

5 Un bourreau d'argent, un dissipateur, un homme qui n'hésite devant aucune dépense.

6Terme de reproche , expression d'humeur, d'impatience. encore relevé aujourd’hui

  • Te tairas-tu, bourreau ! Donne-le donc, bourreau, lui dis-je — HAMILT., Gramm. 7
  • Oh ! le double bourreau, qui me va tout gâter — MOL., l'Étour. III, 4
1 autre citation
  • Mes bourreaux de symphonistes raclaient à percer le tympan d'un quinze-vingts — J. J. ROUSS., Confess. IV

7 Bourreau des arbres, nom donné à plusieurs plantes à tige volubile qui nuisent aux arbres, entre autres le célastre grimpant. non relevé aujourd’hui

8Terme de salines. Sac garni de paille que met sur son épaule l'ouvrier qui porte un panier de sel.

Synonyme

BOURREAU, EXÉCUTEUR DES HAUTES ŒUVRES. Dans le langage légal d'aujourd'hui, on ne dit qu'exécuteur des hautes œuvres. Bourreau est le terme général pour tous les temps et tous les pays.

Historique

XIVe s.

  • Le licteur, c'est le bourrel, se tenoit desjà à le lier d'un laz — BERCHEURE, f° 14, verso.

XVe s.

  • Prenez un bourrel et lui faites trancher la teste — FROISS., II, II, 138
  • De la soif je nomme l'eau Le bourreau Qui la fait mourir martyre — BASSELIN, XXIX.
Étymologie

Bourguig. borea ; wallon, boie ; provenç. borel ; pays de Coire, bojer ; provenç. mod. boyou ; anc. espagn. borrero ; espagn. mod. boya, bourreau et boucher ; ital. boja. Ménage supposait que bourreau venait de boucher, par l'intermédiaire d'un diminutif bouchereau, contracté en bourreau ; mais la contraction de ch ne se suppose pas. Diez pense que, au moyen du double suffixe er-ell (qui se trouve en effet : mât-er-eau, de mât), bourreau peut venir de boie, qui est le nom du bourreau en wallon, en espagnol et en italien (boie-er-el, d'où bourrel) ; du latin boia ou boja, carcan ; d'où l'ancien français buie, chaîne. D'autre part, on a dit que bourreau venait de Borel, seigneur de Bellecombe, en 1261, à la charge de pendre les voleurs du canton. Il est certain que plusieurs fiefs ont été possédés à charge de fournir au suzerain un pend-larron ; il est certain aussi que Borel est un nom propre ou plutôt un surnom très ancien (on le trouve dès la fin du XIe siècle : ; Malheureusement, les annalistes ne nous disent pas ce que signifie ce surnom ; s'il signifiait bourreau, ce qui est vraisemblable (ce surnom a pu être donné à un seigneur rigoureux justicier), bourreau serait beaucoup plus ancien que ne l'indiquent nos textes, et la dérivation n'en pourrait pas être cherchée dans un nom propre ; au contraire, le nom propre en dériverait. On a aussi songé à l'ancien français bourrel, tas de bourre, d'où les sens de remplir de bourre, tasser, et battre pour tasser ; mais l'historique, ni dans bourreau, ni dans bourre, ni dans bourrel, ne fournit les transitions qui autoriseraient cette étymologie.

  • Ernegisus filius Borel — ORDERIC VITAL, édit. de la Société de l'Histoire de France, t. V, p. 188
  • Odo cognomento Borel — BOUQ., XI, 204 A

BOURREAU2 s. m. (bou-rô)

Terme de salines. Sac garni de paille que met sur son épaule l'ouvrier qui porte un panier de sel.

Étymologie

Bourre ; bourreau a ici le sens de bourrelet.

Effacez le n° 8 de BOURREAU.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Tome 1 de l’édition papier

Liens de sens

Synonymes

coupe-tête exécuteur exécuteur des hautes œuvres guillotineur Monsieur de Paris taule tranche-tête

Terme générique

exécuteur homme sac tourment

Dérivés

aide-bourreau bourreau d’argent bourreau de travail bourreau des arbres bourreau des cœurs être son propre bourreau

Associés

bourrade bourrage bourratif bourre bourrée bourrèlement bourreler bourrelet bourrelier bourrellerie bourrer bourrette bourroir bourru

Prononciation

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « bourreau » du Wiktionnaire.

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