revêche
- nature
- adj
- diction
- [ʁəvɛʃ] · 2 syllabes
- usage
- 2 par million de mots
Sens et définitions
Adjectif 4
-
Qui est rude, âpre au goût.
- Ces poires sont revêches. – Du vin revêche.
- Qualifie un diamant auquel on ne peut pas faire prendre le poli dans toutes ses parties.
-
figuré D’un abord difficile, rude, peu traitable, rébarbatif, en parlant d’une personne.
- Vous êtes bien revêche ce soir. Je vous obéis, madame la marquise. Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832
-
figuré D’un abord rude et peu engageant, en parlant d’une chose.
- Toujours cette même voix revêche et sans sourire. Daniel Pennac, La fée carabine, Folio, éd. Gallimard, 1987, page 192
Citation
Il y a des marbres revêches dont le travail est très difficile ; les ouvriers les appellent marbres fiers, parce qu'ils résistent trop aux outils
Origine du mot
Poitev. roueinche, revêche, âpre au goût ; portug. revesso ; selon Diez, du lat. reversus, retourné, contraire ; l'historique, où revesche, reverse, reverche sont pris l'un pour l'autre, montre que cette étymologie est bonne. Revesche est l'équivalent de l'ital. rivescio, l'envers, qui représente le lat. reversus. — Littré, 1873
1873 — le Littré
REVÊCHE adj. (re-vê-ch')
1 Qui est comme à rebours.
On dit du fer, qu'il devient revêche, lorsque, étant mis au feu pour être travaillé, il s'endurcit au recuit.
Diamant revêche, diamant auquel on ne peut faire prendre le poli dans toutes ses parties.
On dit dans un sens analogue : marbre revêche.
- Il y a des marbres revêches dont le travail est très difficile ; les ouvriers les appellent marbres fiers, parce qu'ils résistent trop aux outils — BUFF., Min. t. II, p. 18
2 âpre au goût. Du vin revêche. Des poires revêches. encore relevé aujourd’hui
3Fig. Peu traitable, rébarbatif. encore relevé aujourd’hui
- Revêche à mes raisons, il se rend plus mutin — RÉGNIER, Sat. X
- Il s'était défié de Callisthène comme d'un esprit revêche — VAUGEL., Q. C. VIII, 6
6 autres citations
- Et vous, esprits revêches, humeurs grossières et fâcheuses, apprenez à vous vaincre — BOSSUET, Instr. aux ursul. sur le silence, II
- C'est un ami que je veux conserver ; et vous avez quelquefois le ton dur et revêche, Lisette : il valait mieux le laisser dire — MARIV., le Legs, sc. 6
- Catherine était grande, maigre, mise blanchement, et portant sur sa mine l'air d'une dévotion revêche, en colère, et ardente, — ID., Pays. parv. part. 1
- Elle a un certain air revêche qu'on est flatté d'apprivoiser — Mme DU DEFFANT, Lett. à H. Walpole, t. I, p. 93, dans POUGENS
- Le singe est indocile autant qu'extravagant ; sa nature est en tout point extrêmement revêche — BUFF., Quadrup. t. IV, p. 169
- Il est vrai que l'encens était habilement préparé pour chatouiller la modestie revêche du Caton rigide [le duc de Montausier] à qui Despréaux avait besoin de plaire — D'ALEMB., Éloges, Despréaux.
Substantivement.
- Il faut y joindre encor la revêche bizarre, Qui sans cesse, d'un ton par la colère aigri, Gronde, choque, dément, contredit un mari — BOILEAU, Sat. X
4 S. f. Anciennement, étoffe de laine, espèce de ratine frisée à poil long.
- Revêches non croisées, façon d'Angleterre, — Tabl. annexé aux lett. pat. du 22 juillet 1780
On a dit aussi reverse :
- pinchinats ou reverses, — Tabl. ann. aux lett. patent. du 18 sept. 1780, Auch.
Historique
XIIIe s.
- La felonnesse, la revesche Atropos qui tout empeesche — la Rose, 20002
- Des qu'as nues lassus amont Saillent et volent les flamesches ; Lors est si fiers et si revesches Li grant brasier et la grant flame.... — GAUTIER DE COINCY, p. 248
XVe s.
- Plus lui fist de derision Sa femme crueuse et perverse, Et plus son couraige reverse, Que chose qu'il eust à souffrir — E. DESCH., Poésies mss. f° 532
- À laquelle chose il mit moult grand'peine ; car moult le trouvoit dur et revesche — Boucic. I, 27
XVIe s.
- Ce Tissaphernes, qui au demeurant estoit homme revesche, se laissa si bien aller à ses flatteries.... — AMYOT, Alc. 47
- Vin revesche — COTGRAVE
2 autres citations
- Le lieu de l'execution estoit dans la salle, au milieu de la quelle on avoit dressé un echafaut large de douze pieds en quarré, et haut de deux, tapissé de meschante revesche noire — BRANT., Dames illust. p. 147, dans LACURNE
- Des bons draps unis et forts, des burats, des reverches, des cordillats — O. DE SERRES, 883
Étymologie
Poitev. roueinche, revêche, âpre au goût ; portug. revesso ; selon Diez, du lat. reversus, retourné, contraire ; l'historique, où revesche, reverse, reverche sont pris l'un pour l'autre, montre que cette étymologie est bonne. Revesche est l'équivalent de l'ital. rivescio, l'envers, qui représente le lat. reversus.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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