couver
- nature
- ver
- diction
- [kuve] · 2 syllabes
- usage
- 2 par million de mots
Sens et définitions
Verbe 7
-
Couvrir de son corps ses œufs pour entretenir la chaleur qui les fait éclore, en parlant des oiseaux.
- Les oiseaux couvent leurs œufs.
-
figuré S'occuper avec soin de quelqu'un, comme un oiseau le fait de ses œufs.
- Ainsi cette colonie convoitée, couvée, qu’on n’osait brusquer de peur d’un soulèvement général, se livrait sans résistance ! Eugène Blairat, Tunis : Impressions de voyages, Paris : Librairie Ch. Delagrave, 1891
-
figuré Cacher, préparer sourdement.
- On lui parle, elle ne vous répond pas. C’est comme les gens qui couvent une maladie et qui ont les yeux à l’envers… Émile Zola, Le Docteur Pascal, G. Charpentier, 1893, chapitre VII
-
Être caché sous la cendre.
- Il ne se passe rien, quoiqu'on sente le feu couver sous la cendre. Nuit blanche nᵒ 175, été 2024, page 35.
-
figuré (En parlant d'une maladie, d'une catastrophe, d'un coup d'état, d'un sentiment, etc.) se développer, se préparer d'une manière qui n'est pas encore apparente.
- Au moment de se coucher, la tête battante, il sentit se libérer à ses poignets et à ses tempes, les flots déchaînés d’une fièvre qui couvait depuis plusieurs jours. Albert Camus, La Peste’', 1947
- vieilli Il faut laisser couver cela, se dit d’une chose qu’il ne faut pas se presser de faire.
1 emploi spécialisé
- Comportement animal Se tenir pendant un certain temps sur des œufs pour les faire éclore.
Conjugaison
Indicatif
Présent
- je couve
- tu couves
- il couve
- nous couvons
- vous couvez
- ils couvent
Imparfait
- je couvais
- tu couvais
- il couvait
- nous couvions
- vous couviez
- ils couvaient
Passé simple
- je couvai
- tu couvas
- il couva
- nous couvâmes
- vous couvâtes
- ils couvèrent
Futur simple
- je couverai
- tu couveras
- il couvera
- nous couverons
- vous couverez
- ils couveront
Passé composé
- j'ai couvé
- tu as couvé
- il a couvé
- nous avons couvé
- vous avez couvé
- ils ont couvé
Plus-que-parfait
- j'avais couvé
- tu avais couvé
- il avait couvé
- nous avions couvé
- vous aviez couvé
- ils avaient couvé
Passé antérieur
- j'eus couvé
- tu eus couvé
- il eut couvé
- nous eûmes couvé
- vous eûtes couvé
- ils eurent couvé
Futur antérieur
- j'aurai couvé
- tu auras couvé
- il aura couvé
- nous aurons couvé
- vous aurez couvé
- ils auront couvé
Subjonctif
Présent
- je couve
- tu couves
- il couve
- nous couvions
- vous couviez
- ils couvent
Imparfait
- je couvasse
- tu couvasses
- il couvât
- nous couvassions
- vous couvassiez
- ils couvassent
Passé
- j'aie couvé
- tu aies couvé
- il ait couvé
- nous ayons couvé
- vous ayez couvé
- ils aient couvé
Plus-que-parfait
- j'eusse couvé
- tu eusses couvé
- il eût couvé
- nous eussions couvé
- vous eussiez couvé
- ils eussent couvé
Conditionnel
Présent
- je couverais
- tu couverais
- il couverait
- nous couverions
- vous couveriez
- ils couveraient
Passé
- j'aurais couvé
- tu aurais couvé
- il aurait couvé
- nous aurions couvé
- vous auriez couvé
- ils auraient couvé
Impératif
Présent
- couve
- couvons
- couvez
Passé
- aie couvé
- ayons couvé
- ayez couvé
Formes impersonnelles
- Infinitif présent
- couver
- Participe présent
- couvant
- Participe passé
- couvé
Citation
Elle bâtit un nid, pond, couve et fait éclore, à la hâte ; le tout alla du mieux qu'il put
Origine du mot
Du latin cubare (« dormir, être couché ») pris dans le sens de incubare (« être couché sur ») et que l'on retrouve dans incubation. Pour le feu, dans le sens de « sous la cendre », également de cubare pris dans le sens de « coucher, être couché ».
Dans le dictionnaire latin : cubare
1873 — le Littré
COUVER v. a. (kou-vé)
1 Se tenir sur les œufs pour les faire éclore, en parlant des femelles des oiseaux. La poule a couvé tant d'œufs. encore relevé aujourd’hui
- J'avais d'abord regardé comme une fable ce que Diodore rapporte de l'industrie des Égyptiens, qui savaient, par une fécondité artificielle, faire éclore des poulets, sans faire couver les œufs par des poules ; mais tous les voyageurs modernes attestent la vérité de ce fait — ROLLIN, Hist. anc. Œuvres, t. I, p. 98, dans POUGENS
Absolument. Cette poule veut couver.
- Elle bâtit un nid, pond, couve et fait éclore, à la hâte ; le tout alla du mieux qu'il put — LA FONT., Fabl. IV, 22
- Il [Diphile] retrouve ses oiseaux dans son sommeil : lui-même il est oiseau, il est huppé, il gazouille, il perche, il rêve la nuit qu'il mue ou qu'il couve — LA BRUY., XIII
2Fig. Entretenir avec soin et mystère.
- Ennuyés de couver leur cruelle manie — MALH., II, 1
- Ce fier serpent qui couve un venin sous des fleurs — RÉGNIER, Sat. VI
6 autres citations
- Je vous avoue, ma très aimable chère, que je couve une grande joie, mais elle n'éclatera point que je ne sache votre résolution — SÉV., 183
- N'est-ce pas sous un beau semblant d'obéissance et de modestie couver la rébellion et la violence dans le sein ? — BOSSUET, Var. Avert. V, § 14
- Vous avez couvé le feu profane dans votre cœur — MASS., Car. Tiédeur, 2
- L'ouvrage d'un scélérat qui couvait de mauvais desseins — J. J. ROUSS., 1er dial.
- Je vois sur votre visage cette méditation profonde qui couve les germes du génie et les dispose à la fécondité — MARMONT., Contes mor. Connaiss.
- Quel que soit le destin que couve l'avenir, Terre [Italie], enveloppe-toi de ton grand souvenir — LAMART., Harm. II, 3
Couver des yeux, regarder avec plaisir, avec convoitise.
- Lorsqu'il est jaloux de son trésor et qu'il le couve des yeux — DESC., Pass. 169
- Telle prenait Goût à le voir et des yeux le couvait [un jouvenceau], Lui souriait, faisait la complaisante — LA FONT., Psaut.
2 autres citations
- Messire Jean Chouart couvait des yeux son mort, Comme si l'on eût dû lui ravir ce trésor — ID., Fabl. VII, 1
- Gaillard corbeau disait en le couvant des yeux [un mouton] : Je ne sais qui fut ta nourrice — ID., ib. II, 16
Préparer, renfermer dans son sein.
- Ces grands mouvements Couvent, en leurs fureurs, de piteux changements — RÉGNIER, Sat. IV
- L'air calme couve une pluie — DESC., Météor. 2
Familièrement. Couver une maladie, porter en soi les germes d'une maladie qu'on craint de voir apparaître.
3 V. n. Être entretenu sourdement, préparé en silence, sans paraître. Le feu couve sous la cendre. encore relevé aujourd’hui
- Tant qu'aucun souffle ne l'éveille, L'humble foyer couve et sommeille — LAMART., Médit. II, 6
Fig. C'est un feu qui couve sous la cendre, se dit d'une passion, d'une haine prête à se réveiller.
- C'est le feu de l'Etna qui couvait sous la cendre — VOLT., Catil. V, 3
- Le feu terrible qui paraissait presque éteint couvait sous la cendre, pour éclater bientôt avec plus de fureur que jamais — J. J. ROUSS., Ém. V
Il faut laisser couver cela, il ne faut le faire qu'après de mûres réflexions.
4 Se couver, v. réfl. Être en sourde préparation. encore relevé aujourd’hui
- Ne mettez point d'obstacle aux choses qui se couvent — BOSSUET, Devoirs, 2
- Tous les gens un peu pénétrants virent bien qu'il se couvait, au sujet de mon livre et de moi, quelque complot qui ne tarderait pas d'éclater — J. J. ROUSS., Conf. X
Historique
XIIIe s.
- Ce sunt cil qui en leur cuer covent leur malice — Psautier, f° 37
- Chose que li ton cuer covoit — Ren. 5720
5 autres citations
- Une geline oï cover, Qui desoz li avoit douze oes [œufs] — ib. 23388
- Tel mal ai dedenz moi cové, Par quoi me covendra finer ; Bien voi ne puis longues durer — ib. 8058
- Quatre loviax gisent enmi, Et ma dame Hersent la love, Qui ses loviax norrist et cove — ib. 361
- Car bien est ores esprouvée La traïson qu'avez couvée — la Rose, 2954
- Com plus couve li feus, plus art — RUTEB., 38
XIVe s.
- La très grant traïson qu'il ont longtemps covée Fu en l'ost dessus dit très clairement provée, Complainte sur la bataille de Poitiers — Bibl. des Chartes, 3e série, t. II, p. 261
- Et ainsi [le feu d'amour] se queuve et engendre, Com li charbons desouz la cendre — MACHAULT, p. 85
1 autre citation
- Et en droite aventure, je vous acertefie, Met-on les oefs couver, on l'a dit mainte fie — Guesclin. 4460
XVIe s.
- Je me couve continuellement de mes pensées, et les couche en moy — MONT., I, 78
- Les tortues et les autruches couvent leurs œufs de la seuie vue — ID., I, 101
9 autres citations
- Les accoustrements nous eschauffent de nostre chaleur, laquelle ils sont propres à couver et nourrir — ID., I, 319
- Un vieillard se faict tort et aux siens de couver inutilement un grand tas de richesses — ID., II, 76
- Il couvoit de longtemps en son cœur le paganisme — ID., III, 83
- Que je couve quelque maladie causée d'excès — YVER, p. 582
- Cela descouvrit la maladie cachée et secrette, qui de long temps se couvoit en la ville de Rome — AMYOT, Marius, 62
- Les plus temeraires se prirent à crier que Crispinus ne couvoit rien de bon en son cueur — ID., Othon, 4
- La poule couvante ne les poussins esclos ne peuvent souffrir l'incommodité d'un mauvais logis — O. DE SERRES, 358
- Qui te retient, disoy je, ainsi tard endormie ? Tu ne dois si longtemps en paresse couver ; La femme d'un vieillard matin se doit lever — DESPORTES, Œuvres, p. 327, dans LACURNE
- Elle y peut bien pondre, mais elle n'y couvera pas — COTGRAVE
Étymologie
Berry et normand, couer ; saintong. coûer ; wallon, cover ; génev. gonver ; Franche-Comté, gouver ; provenç. coar ; catal. covar ; ital. covare ; du latin cubare, être couché.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- TERMIUM Plus (OGL-C)
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
- Morphalou 3.1 — ATILF (CNRS / Université de Lorraine) LGPL-LR
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