contretemps

nature
nom masculin
diction
[kɔ̃tʁətɑ̃] · 3 syllabes
attesté
1559
usage
5 par million de mots
parenté
contre

Sens et définitions

Nom 3

  1. Accident inopiné qui nuit au succès d’une affaire et qui compromet la réalisation d’un dessein, d’un projet.
    • Au bout d’une demi-heure, avec de grandes excuses, il nous a été dit qu’il y avait un contretemps et que nous avions le choix de rester dans l’avion ou de retourner dans la gare, ce que j’ai choisi, car je voulais rassurer le fonctionnaire. Agnès Spycket, À temps et à contretemps: un demi-siècle d’archéologie et de contacts dans le domaine du Proche-Orient, 2004
2 emplois spécialisés
  1. Danse Certain pas.
    • On fait des contretemps dans la gavotte.
  2. Musique Syncope rythmique qui rompt une accentuation régulière lorsqu'un son, commencé sur un temps faible, est interrompu sur le temps fort qui suit.
    • De son éventail elle battait pendant un instant la mesure, mais, pour ne pas abdiquer son indépendance, à contretemps. Marcel Proust, Un amour de Swann, 1913, réédition Le Livre de Poche, page 185

Origine du mot

Dérivé de temps, avec le préfixe contre-, calque de l’italien contrattempo.

Les mots français venus de l’italien

1873 — le Littré

CONTRE-TEMPS s. m. (kon-tre-tan ; l's se lie : un contre-temps inattendu, dites : un contre-tan-z inattendu)

1 Inopportunité.

  • Dans quel contre-temps êtes-vous revenue ? — CORN., Tite et Bérén. III, 5
  • Et d'un tel contre-temps il fait tout ce qu'il fait Que, quand il tâche à plaire, il offense en effet — ID., le Ment. I, 1
3 autres citations
  • Voyez quel contre-temps Attale prend ici — ID., Nicom. III, 4
  • Quel honteux contre-temps de vertu délicate S'oppose au beau succès de l'espoir qui vous flatte ? — ID., Sertor. I, 1
  • Quittez ces contre-temps de froide raillerie — ID., D. Sanche, I, 4

Tomber dans un contre-temps, dans des contre-temps, se trouver inopinément dans des circonstances qui dérangent les mesures prises.

Accident inopiné qui rompt les mesures prises, qui dérange les projets.

  • Que l'heureux contre-temps d'un si rare service.... — CORN., Othon, II, 5
  • Il est des contre-temps qu'il faut qu'un sage essuie — RAC., Esth. III, 1
1 autre citation
  • Ordres qui causèrent divers contre-temps dans l'exécution — FÉN., Tél. XII

À contre-temps, loc. adv. En prenant mal son temps, mal à propos.

  • Ce qu'il fait à contre-temps est mal fait — FÉN., Tél. XXIV
  • Les justes ont appris qu'il faut reprendre à temps et à contre-temps — MASS., Car. Mélange.

2Terme de musique. La partie faible de la mesure ou du temps.

Aller à contre-temps, se dit lorsque l'exécutant manque à la mesure.

On dit aussi qu'une mesure est à contre-temps quand il y a un silence au temps fort. Commencer à contre-temps, se dit quand on commence au quart, au milieu, etc. de la mesure, la première partie de cette mesure étant occupée par un silence. On appelle au piano contre-temps quand, dans le même temps, une main fait trois notes et l'autre deux, ou une main quatre notes, l'autre cinq.

3Terme de danse. Action de sauter sur un pied, avant de poser l'autre qui est en l'air.

  • Plusieurs [pantomimes] font des contre-temps, et ne prennent pas bien la cadence — D'ABLANCOURT, Lucien, danse.

L'art de la danse distinguait autrefois plusieurs contre-temps différents. Il y en avait trois dans le menuet seulement : il y avait le contre-temps de gavotte ou contre-temps en avant ; le contre-temps de chaconne ou contre-temps ouvert. Tous ces contre-temps sont aujourd'hui peu usités ou plutôt ils entrent dans des pas figurés. Par exemple, c'est un contre-temps qui commence l'en-avant-deux.

4Terme de grammaire. Expression tirée de la musique et qui se dit de tout accent qui tombe où il ne doit pas tomber.

5Terme d'escrime. Faute des deux combattants, qui, s'allongeant en même temps, se portent un coup fourré ; et aussi, méprise de l'un des combattants qui saisit un temps faux qu'on lui présente à dessein.

6Terme de manége. Interruption de la cadence d'un cheval.

Passage subit et inattendu de l'action à l'inaction ; soubresaut, qui indique l'altération du flanc du cheval dans la pousse.

Historique

XVIe s.

  • D'un seul clin d'œil ou d'une seule parole echappée à contre temps.... — SULLY, dans le Dict. de DOCHEZ.
Étymologie

Contre, et temps.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « contretemps » du Wiktionnaire.

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