civil

nature
adj masculin
diction
[sivil] · 2 syllabes
usage
15 par million de mots

Sens et définitions

Adjectif 10

  1. Citoyen ; relatif aux citoyens.
    • Un parti qui causa quelque émeute civile, Molière, l'Étour. IV, 1. — cité par Littré
  2. Relatif à l’état civil des personnes.
  3. Qui n'est ni militaire, ni religieux, ni politique.
    • Car loin d'être uniquement des victimes civiles collatérales, les envahis et occupés deviennent des cibles pour l’occupant. Annette Becker, Les cicatrices rouges, Fayard, 2010
  4. Qualifie le mariage contracté devant un officier d’état-civil
  5. Qualifie les obsèques faites sans aucune cérémonie religieuse.
  6. Qui appartient à la société, par opposition à sauvage.
    • Ces peuples ne se sont point formés eux-mêmes par degrés ; ils ont été transportés du fond des forêts et de l’état sauvage au milieu des cités et de l’état civil, François René Chateaubriand, Génie, III, III, 2. — cité par Littré
  7. Affable ; poli ; courtois.
    • C'est une loûable adresse de faire recevoir doucement un refus par des paroles civiles qui réparent le défaut du bien que l'on ne peut accorder. Maximes et pensées diverses, par Madame de Sablé, Paris : chez Sébastien Mabre-Cramoisy, 1678
3 emplois spécialisés
  1. Droit Qualifie le droit relatif à la personne physique, c’est-à-dire l'ensemble des règles qui déterminent le statut des personnes, aux relations juridiques entre elles, et aux biens. → voir droit civil
    • Le droit de justice des seigneurs hauts justiciers était absolu. Il emportait la plénitude de la juridiction civile et criminelle, limitée seulement par les cas royaux. Alfred Franklin, La vie privée d’autrefois - La vie de Paris sous Louis XV devant les tribunaux, Paris, Plon, 1899, p.9
  2. Administration militaire Ayant égard aux services médicaux, personne qui n'est ni un membre des Forces canadiennes, ni un fonctionnaire, ni une personne à charge, ni un instituteur, ni un militaire d'une force ou d'un élément civil d'un état Partie du Traité de l'Atlantique Nord, ni une personne à charge d'un militaire de cette force ou cet élément civil. absent du Littré
  3. Droit militaire Toute personne autre qu'un officier ou homme du rang qui, en vertu de l'article 55 de la Loi sur la défense nationale, est assujettie au Code de discipline militaire. (Art. 113.01).

Nom 3

  1. Statut des citoyens qui ne sont pas militaires
    • Et son cousin, c'est pas un con, puisqu'il est facteur dans le civil et qu'il a fait son sapin dans la colo avec de vrais durs qui n'entamaient jamais une belote sans avoir à portée de main leur carton de douze bières chacun. Jean Failler, Le petit Quimpérois s'en va en guerre, tome 2 : Années 60-62 - Algérie, Palémon Éditions, 2023, chap. 3
  2. Personne de la population qui n'a pas le statut de combattant et qui n'est ni un prisonnier de guerre, ni un combattant ne prenant plus part aux hostilités (blessé, naufragé, malade, etc).
    • Obsédées par la crainte des « francs-tireurs », les troupes d'invasion ont déjà, le 24 août, incendié Haybes et mis à mort soixante civils du lieu, avec une grande cruauté […] Henri Manceau, Des luttes ardennaises, 1969
1 emploi spécialisé
  1. Droit Partie de la justice qui ressortit du code civil.
    • Vous pouvez le poursuivre au civil, mais non au criminel.

Citation

La France, sortie enfin des guerres civiles, commençait à donner le branle aux affaires de l'Europe
Bossuet, le Tellier.

Origine du mot

De l'ancien français civil, qui vient du latin civilis.

Dans le dictionnaire latin : civilis

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

CIVIL, ILE adj. (si-vil, vi-l' ; au pluriel l's ne se lie pas : des employés civils à tout le monde ; dites civil-à.... cependant plusieurs prononcent cette s : ci-vil-z à....)

1 Qui concerne les citoyens. La vie, la société civile. Guerre civile, guerre entre les citoyens.

  • La France, sortie enfin des guerres civiles, commençait à donner le branle aux affaires de l'Europe — BOSSUET, le Tellier.
  • La vigueur qui, durant cinq ans, lui fit dévouer sa tête aux fureurs civiles — ID., ib.
5 autres citations
  • Pourquoi nous déchirer par des guerres civiles ? — CORN., Hor. I, 4
  • Et les proscriptions et les guerres civiles — ID., Cinna, I, 3
  • Un parti qui causa quelque émeute civile — MOL., l'Étour. IV, 1
  • Soit qu'en sa dernière tête L'hydre civile t'arrête — MALH., II, 6
  • Les vertus civiles, qui font toute la douceur et toute l'harmonie de la société — MASSILLON, Conty.

Année civile, l'espace de temps qui est réglé, dans chaque État, pour la durée des affaires du barreau, des cours de justice, etc.

Année civile se dit par opposition à année astronomique. Comme celle-ci vaut à très peu près 365 jours et un quart, pour éviter cette fraction de jour, on compte trois années de 365 jours, et la quatrième qu'on nomme bissextile en a 366. D'un autre côté, l'année astronomique commence au solstice d'hiver, le 21 décembre, et l'année civile au 1er janvier qui suit.

État civil, la condition d'une personne résultant de sa filiation, de ses alliances, de ses droits de famille.

Actes civils, actes qui constatent l'état civil des personnes.

Officier de l'état civil, fonctionnaire qui est chargé d'enregistrer les naissances, les mariages et les décès.

Droit civil, l'ensemble des lois qui règlent l'état des personnes, les biens et les diverses manières d'acquérir la propriété. Se dit par opposition à droit politique, droit criminel, droit commercial, droit des gens, droit canonique.

Droits civils, ceux dont la jouissance est garantie par la loi civile à tout Français. Mort civile, privation complète des droits civils.

Liste civile, somme allouée sur le budget de l'État au souverain.

Jour civil, espace de vingt-quatre heures qui se comptent d'un minuit à l'autre.

2Terme de jurisprudence. Civil se dit par opposition à criminel. Code, procès civil. Tribunal civil. Matière, procédure civile.

Partie civile, celui qui agit en son nom et dans son propre intérêt contre un accusé.

Intérêts civils, le dédommagement dû sur les biens d'un criminel à celui qui a souffert du crime. Les effets civils d'un jugement criminel.

Requête civile, voie extraordinaire admise par la loi en certain cas pour faire rétracter un jugement ou arrêt rendu en dernier ressort.

Substantivement. Le civil, la voie civile, par opposition au criminel. Vous pouvez le poursuivre au civil, mais non au criminel.

3 Civil se dit par opposition à militaire. Courage civil. Emploi civil. Les autorités civiles, militaires, ecclésiastiques. Bâtiments civils.

Substantivement. Le civil par opposition au militaire.

Les militaires disent aussi un civil, pour un bourgeois.

4 Se dit aussi par opposition à politique. Ordre civil.

Se dit enfin par opposition à religieux.

5 Qui appartient à la société, par opposition à sauvage. repris par le Wiktionnaire

  • Ces peuples ne se sont point formés eux-mêmes par degrés ; ils ont été transportés du fond des forêts et de l'état sauvage au milieu des cités et de l'état civil — CHATEAUB., Génie, III, III, 2

6 Affable, poli, courtois. encore relevé aujourd’hui

  • Civil à ceux à qui il ne pouvait être favorable — FLÉCH., Lamoign.
  • Autrefois le rat de ville Invita le rat des champs, D'une façon fort civile, à des reliefs d'ortolans — LA FONT., Fabl. I, 9
2 autres citations
  • La recherche [de ma fille] en pouvait être honnête et civile — MOL., le Dép. III, 8
  • Reconnaissez le héros qui, toujours égal à lui-même, sans se hausser pour paraître grand, sans s'abaisser pour être civil et obligeant, se trouve naturellement tout ce qu'il doit être en vers tous les hommes — BOSSUET, Louis de Bourbon.
Historique

XIVe s.

  • Qu'il vousist se recorder de la civile compeignie en laquelle il estoit nez — BERCHEURE, f° 64, recto.
  • Il a convenu que les civiles privées discordes aient esté remises et delaiées — ID., f° 42, verso.
2 autres citations
  • Et celle apert estre science civille — ORESME, Eth. 111
  • Toute paine criminelle, corporelle et civille, qu'il devroit ou pourroit avoir encourue ou deservie — Bibl. des chartes, 5e série, t. I, p. 82

XVe s.

  • Adonc (dit Tulles) un homme de grande authorité leur monstra le grand bien de la vie civile, c'est à dire de la communauté de gens — Bouciq. IV, ch. 10
  • Malet qui estoit civil et subtil home — DU CANGE, civilis.
1 autre citation
  • Oster et meurtrir toute vie civile du roy et du royaume — GERSON, Harangue au roi Charles VI, p. 15

XVIe s.

  • Il est plus respectueux et civil de.... — MONT., I, 51
  • Guerres civiles — MONT., I, 122
2 autres citations
  • Le debvoir des armes et le debvoir civil — ID., I, 119
  • Requeste qui sembla raisonnable et civile — AMYOT, Flamin. 7, 3
Étymologie

Provenç. et espagn. civil ; ital. civile ; du latin civilis, de civis, citoyen. Comparez à civis l'anglo-saxon, hîv ; goth. heiv.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « civil » du Wiktionnaire.

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