échec

nature
nom masculin
diction
[eʃɛk] · 2 syllabes
attesté
Au plus tard au XIIIᵉ siècle
usage
37 par million de mots

Sens et définitions

Nom 6

  1. figuré Obstacle, gêne ou embarras causés à quelqu’un.
    • Faire échec à quelqu’un.
  2. Revers momentané dans une entreprise.
    • Carcassonne était la place centrale des opérations entreprises contre l’armée aragonaise et un refuge assuré en cas d’échec. Eugène Viollet-le-Duc, La Cité de Carcassonne, 1888
4 emplois spécialisés
  1. Échecs Coup par lequel, au jeu d’échecs, on met le roi en péril.
    • Le roi ne peut pas rocquer étant en échec, ni lorsqu’il a remué, ni lorsqu’il essuierait un échec en passant, ni avec une tour qui aurait remué de sa place. Hilaire Le Gai, Almanach des jeux : Académie nouvelle, Paris : Passard, 1853, page 168
  2. Échecs (pluriel) Jeu qui se joue par deux personnes sur un tablier, appelé échiquier, avec huit pièces et huit pions de chaque couleur.
    • Une partie d’échecs.
  3. Échecs Pièces avec lesquelles on joue à ce jeu, considérées toutes ensemble.
    • Des échecs d’ivoire, de buis, d’ébène.
  4. Jeux sur plateaux Au jeu d'échecs, situation où le roi peut être pris par l'adversaire et doit se déplacer ou se protéger.

Interjection 1

1 emploi spécialisé
  1. Échecs Attaque sur le roi, au jeu d’échecs, de sorte qu’il est obligé de se retirer ou de se couvrir.

Adjectif 1

1 emploi spécialisé
  1. Échecs Menacé de perdre son roi au prochain coup.
    • Tu ne peux pas jouer ici car tu es échec.

Citation

Et n'était, quel qu'il fût, morceau dedans le plat Qui des yeux ou des mains n'eût un échec et mat
Mathurin Régnier, Sat. X

Origine du mot

En ancien français eskec, du persan شاه مات, šâh mât (« le roi est mort ») qui a donné échec et mat ; voir chah (« roi ») et mat. L’ajout du \k\ final a été influencé par l’ancien français eschac, eschec (« butin »), du francique *skâk.

Les mots français venus du persan

1873 — le Littré

ÉCHEC s. m. (é-chèk ; au pluriel, des é-chèk ; l's ne se lie pas : des é-chèk inattendus ; cependant quelques-uns la lient : des é-chèk-z inattendus)

1 Terme qu'on emploie au jeu d'échecs chaque fois qu'on attaque le roi ou qu'on met la reine en prise. Échec au roi. Échec à la reine. Il se couvrit de l'échec par un pion. On ne peut se couvrir de l'échec du cavalier. Faire échec. Être en échec. encore relevé aujourd’hui

Échec et mat, se dit quand le roi ne peut plus se couvrir ni se retirer, ce qui décide du gain de la partie. Faire le roi échec et mat. Faire échec et mat, gagner la partie. Mon roi est échec et mat, ou je suis échec et mat, c'est-à-dire j'ai perdu la partie.

Fig.

  • Et n'était, quel qu'il fût, morceau dedans le plat Qui des yeux ou des mains n'eût un échec et mat — RÉGNIER, Sat. X
  • Nous le trouvâmes [M. de Pomponne] et les dames qui nous reçurent fort gaiement ; on causa tout le soir ; on joua aux échecs ; ah ! quel échec et mat on lui préparait à Saint-Germain [sa destitution] ! — SÉV., 386
2 autres citations
  • La vie de la cour est un jeu sérieux, mélancolique, qui applique ; il faut arranger ses pièces.... et après toutes ses rêveries et toutes ses mesures on est échec, et quelquefois mat — LA BRUY., VIII
  • Le roi qu'on n'osait ni secourir ni abandonner fut échec et mat — VOLT., Lett. Prusse, 57

Échec et mat, sorte de proposition elliptique pour dire qu'on n'a pas réussi, qu'on a échoué dans une entreprise.

  • Échec et mat, se dit le vieillard en se rasseyant tranquillement ; parbleu ! voilà une maîtresse femme — CH. DE BERNARD, la Femme de 40 ans, § X

Tenir en échec, mettre dans l'impossibilité d'agir, de prendre une résolution.

  • Si vous voulez qu'il puisse trouver la vérité, chassez cet animal [une mouche bourdonnante], qui tient sa raison en échec et trouble cette puissante intelligence qui gouverne les villes et les royaumes — PASC., Pensées, t. I, p. 258, éd. Lahure, 1860
  • Ne savez-vous pas comment les jansénistes les tiennent en échec ? — ID., Prov. 3
1 autre citation
  • Vous lui supposez une audace, une présomption qui tient ses lumières en échec — MARIVAUX, dans DESFONTAINES

Tenir en échec, se dit aussi d'une troupe de guerre qu'on empêche d'agir.

  • De là ils tinrent en échec leur ennemi, qui souffrait également et de la chaleur du climat et du défaut de rafraîchissements — RAYNAL, Hist. phil. X, 16

2 Dommage, revers. Sa fortune a éprouvé un échec considérable.

  • Et si de quelque échec notre faute est suivie, Nous disons injures au sort — LA FONT., Fabl. VII, 14
  • Pourquoi sortirait-il d'une situation brillante, quoique non assurée, pour se jeter dans une situation si critique où le moindre échec pouvait tout perdre, où tout revers serait décisif ? — SÉGUR, Hist. de Napol. II, 4

Perte considérable éprouvée par une armée.

  • L'échec d'Inkowo venait de décider Napoléon ; dix mille chevaux russes, dans une rencontre d'avant-garde, avaient culbuté Sébastiani et sa cavalerie — ID., ib. VI, 1
Historique

XIIIe s.

  • Au roc [avec le roc, la tour] [il] en prist un grant tropel, Et dist eskec ; moult li fu bel — Fl. et Bl. fl. V. 2117
  • [Il] L'assailli por li desconfire, Eschec et mat li ala dire — la Rose, 6676

XVIe s.

  • Ainsi, à divers tours de vieille guerre, les endommageoit, et conduisoit tellement ses entreprises que sur ses ennemis avoit tousjours eschec à l'advantage — JEAN D'AUTON, Annales de Louis XII, p. 134, dans LACURNE
  • L'artillerie fit son eschec [coup] dans les Mutinades — D'AUB., Hist. III, 393
2 autres citations
  • Une grande sortie sur le reste fit un merveilleux eschec sur les Turcs — CARLOIX, I, 41
  • M. de Vieilleville, qui avoit laissé M. le prince de la Roche-sur-Yon en peine de lui, le voulut bien lever de cet eschec [inquiétude] — ID., IV, 4
Étymologie

Voy. ÉCHECS. Il y avait dans l'ancien français escheq, eschieq, eschac, qui signifiait butin et que Diez rattache à l'ancien haut allemand schâh, butin, le c empêchant de rattacher ce mot à échoir.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « échec » du Wiktionnaire.

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