austère

nature
adj
diction
[ostɛʁ] · 2 syllabes
usage
10 par million de mots

Sens et définitions

Adjectif 4

  1. Qui est rigoureux pour le corps et qui mortifie les sens et l’esprit.
    • Placée dans quelque maison religieuse de l’ordre le plus austère, tu auras le temps de prier et de faire une pénitence convenable, […]. Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820
  2. Qui est sévère pour soi et pour les autres.
    • Le jour commence. La radio donne la parole aux politiciens qui prônent l'austère vie, vautrés en limousine. Eugène Savitzkaya, Fraudeur, Paris, Les Éditions de Minuit, 2015, page 34
  3. vieilli Qualifie une saveur âpre et astringente.
    • La plupart des fruits sauvages sont d’un goût austère, sont austères au goût. - Le coing a une saveur austère.
1 emploi spécialisé
  1. Beaux-arts Caractère de gravité qui exclut les agréments.
    • L’architecture d’une prison, d’un arsenal doit avoir quelque chose d’austère.

Citation

Combien voit-on de gens austères pour les autres, doux pour eux-mêmes !
Esprit Fléchier, I, p. 196

Origine du mot

Austerus ; grec, ἀυστηρὸς, au propre signifie qui rend la langue sèche, puis astringent, puis sévère, rude. Ἀυστηρὸς vient de αὔω, dessécher, et est, par conséquent, pour le sens primitif, le même qu'auster, vent du midi. — Littré, 1873

1873 — le Littré

AUSTÈRE adj. (ô-stê-r')

1 Qui a une saveur âpre et astringente. Le coing a une saveur austère. encore relevé aujourd’hui

2Fig. Sévère moralement. Un homme austère. Mener une vie austère. Une austère vertu. encore relevé aujourd’hui

  • Jeûne austère — RAC., Esth. I, 3
  • Combien voit-on de gens austères pour les autres, doux pour eux-mêmes ! — FLÉCH., I, p. 196
4 autres citations
  • Austère devoir — RAC., Andr. III, 4
  • Austère tutelle — ID., Phèd. II, 2
  • Austère fierté — ID., Brit. II, 2
  • Austère conseil — ID., Iphig. V, 6

En termes de beaux arts , qui rejette les ornements, les agréments. Le genre austère est opposé au genre gracieux.

  • Ces champs qui, l'hiver même, ont d'austères appas — V. HUGO, Voix intér. XIX.
Historique

XIVe s.

  • Poure vie menoient très dure et très austere — Girart de Ross. 2315
  • Comme Robert Briseteste feust très austers [violent], merveilleux et merancolieux — DU CANGE, austeritas.

XVIe s.

  • Auquel jour se celebre à Athenes la feste de Cerès, qui s'appelle Thesmophoria, qui est la plus austere et la plus triste solennité de toute l'année — AMYOT, Démosth. 44
  • Gros vin noir et austere — PARÉ, VI, 19
1 autre citation
  • Ils proposent des images de vie relevés ou bien si difficiles et austeres, que la praticque en est impossible — CHARRON, Sagesse, I, 53
Étymologie

Austerus ; grec, ἀυστηρὸς, au propre signifie qui rend la langue sèche, puis astringent, puis sévère, rude. Ἀυστηρὸς vient de αὔω, dessécher, et est, par conséquent, pour le sens primitif, le même qu'auster, vent du midi.

Supplément au dictionnaire

AUSTÈRE. Ajoutez : - REM. On l'a dit autrefois au sens de sévère, griève, en parlant d'une punition.

  • C'est chose certaine que la jalousie n'a pu le précipiter [le duc de la Vallette] en la faute qu'il a commise sans mériter une sévère punition, plus ou moins austère selon les divers préjudices que l'État peut recevoir de son envie — RICHELIEU, Lettres, etc. t. VI, p. 207 (1638).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « austère » du Wiktionnaire.

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