fâcher
- nature
- ver
- diction
- [faʃe] · 2 syllabes
- usage
- 9 par million de mots
Sens et définitions
Verbe 5
-
Mettre en colère, irriter.
- Mais, quand j’y songe deux fois, je ne puis être longtemps fâché contre un homme qui ne peut avoir d’autre motif que son zèle pour le service de son maître. Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820
-
Mettre dans le déplaisir, dans la peine.
- Cet événement me fâche beaucoup. Votre refus l’a un peu fâché. Je vous ai fait mal ; j’en suis bien fâché.
-
Se mettre en colère.
- Te fâche pas, Jo, qu’il a rambiné très papelard, à toi la parole, je ne l’ouvre plus. Jo Barnais [Georges Auguste Charles Guibourg], Mort aux ténors, Gallimard, 1956, chapitre XIX
- Se brouiller avec quelqu’un.
-
Gronder.
- Au moins promettez-moi de ne pas le fâcher... Je lui expliquerai demain. Si vous pouvez, préparez-le... Suzanne Pairault, Florence fait un diagnostic, Bibliothèque verte
Conjugaison
Indicatif
Présent
- je fâche
- tu fâches
- il fâche
- nous fâchons
- vous fâchez
- ils fâchent
Imparfait
- je fâchais
- tu fâchais
- il fâchait
- nous fâchions
- vous fâchiez
- ils fâchaient
Passé simple
- je fâchai
- tu fâchas
- il fâcha
- nous fâchâmes
- vous fâchâtes
- ils fâchèrent
Futur simple
- je fâcherai
- tu fâcheras
- il fâchera
- nous fâcherons
- vous fâcherez
- ils fâcheront
Passé composé
- j'ai fâché
- tu as fâché
- il a fâché
- nous avons fâché
- vous avez fâché
- ils ont fâché
Plus-que-parfait
- j'avais fâché
- tu avais fâché
- il avait fâché
- nous avions fâché
- vous aviez fâché
- ils avaient fâché
Passé antérieur
- j'eus fâché
- tu eus fâché
- il eut fâché
- nous eûmes fâché
- vous eûtes fâché
- ils eurent fâché
Futur antérieur
- j'aurai fâché
- tu auras fâché
- il aura fâché
- nous aurons fâché
- vous aurez fâché
- ils auront fâché
Subjonctif
Présent
- je fâche
- tu fâches
- il fâche
- nous fâchions
- vous fâchiez
- ils fâchent
Imparfait
- je fâchasse
- tu fâchasses
- il fâchât
- nous fâchassions
- vous fâchassiez
- ils fâchassent
Passé
- j'aie fâché
- tu aies fâché
- il ait fâché
- nous ayons fâché
- vous ayez fâché
- ils aient fâché
Plus-que-parfait
- j'eusse fâché
- tu eusses fâché
- il eût fâché
- nous eussions fâché
- vous eussiez fâché
- ils eussent fâché
Conditionnel
Présent
- je fâcherais
- tu fâcherais
- il fâcherait
- nous fâcherions
- vous fâcheriez
- ils fâcheraient
Passé
- j'aurais fâché
- tu aurais fâché
- il aurait fâché
- nous aurions fâché
- vous auriez fâché
- ils auraient fâché
Impératif
Présent
- fâche
- fâchons
- fâchez
Passé
- aie fâché
- ayons fâché
- ayez fâché
Formes impersonnelles
- Infinitif présent
- fâcher
- Participe présent
- fâchant
- Participe passé
- fâché
Citation
Affable à tous avec dignité, elle savait estimer les uns sans fâcher les autres ; et, quoique le mérite fût distingué, la faiblesse ne se sentait pas dédaignée
Origine du mot
Du latin fastidire (« dégouter, éprouver du dégoût ») devenu, en latin populaire *fasticare, voir fastic en ancien occitan.
Dans le dictionnaire latin : fastidire
1873 — le Littré
FÂCHER v. a. (fâ-ché)
1 Exciter un déplaisir permanent, indisposer fortement. Il ne faut fâcher personne. encore relevé aujourd’hui
- .... Si vous me fâchiez, j'ajouterais peut-être.... — CORN., Nicom. III, 3
- Affable à tous avec dignité, elle savait estimer les uns sans fâcher les autres ; et, quoique le mérite fût distingué, la faiblesse ne se sentait pas dédaignée — BOSSUET, Duch. d'Orl.
Familièrement. Soit dit sans vous fâcher, sorte d'excuse dont on se sert quand on veut faire entendre à quelqu'un que, si on lui dit quelque chose de peu flatteur, ce n'est pas pour le fâcher.
2 Causer du déplaisir, de la peine. Votre refus l'a fâché. encore relevé aujourd’hui
- Les enfants n'ont l'âme occupée Que du continuel souci Qu'on ne fâche pas leur poupée — LA FONT., Fabl. IX, 6
- Il est vrai qu'il me fâcherait s'il parlait ; mais il serait à propos qu'il me fâchât — MARIV., Fausses confid. II, 13
Il prend aussi pour sujet un nom de chose.
- Une chose me fâche, c'est que le chevalier Folard, que je cite dans cette histoire, vient de devenir fou ; il a des convulsions au tombeau de saint Pâris — VOLT., Lett. Formont, 10 déc. 1731
3 Dans le style élevé, causer de la douleur, de l'indignation. encore relevé aujourd’hui
- Te dirai-je un penser indigne, bas et lâche ; Je l'étouffe, il renaît, il me flatte et me fâche — CORN., Poly. III, 5
- Des dieux qu'a pu fâcher sa vertu trop sévère — ID., Hor. v, 3
4 autres citations
- Son retour me fâchait plus que son hyménée — ID., Rodog. II, 2
- Nicomède, en deux mots, ce désordre me fâche — ID., Nicom. IV, 3
- Pour moi, je l'avoûrai, sa trahison me fâche — TH. CORN., Ariane, v, 2
- Quoique j'attendisse il y a longtemps la nouvelle que vous m'avez mandée [la mort de Mme de Fontanges], elle n'a pas laissé de me surprendre et de me fâcher — LOUIS XIV, dans Extr. de la corresp. de la fam. de Noailles (GODEFROY, Lex. de Corneille).
Fig.
- Que faites-vous pour eux [les innocents tués par Hérode], si vous les regrettez ? Vous fâchez leur repos, et vous rendez coupables Ou de n'estimer pas leurs trépas honorables, Ou de porter envie à leurs félicités — MALH., I, 4
4 Fâcher, s'emploie impersonnellement avec à, et signifie il est pénible à.
- Il me fâche, et j'ai dépit que notre Démosthène ait été de ces gens-là — BALZ., 6e discours sur la cour.
- Il leur fâche d'avoir admiré sérieusement des ouvrages que mes satires exposent à la risée de tout le monde — BOILEAU, Disc. sur la satire.
3 autres citations
- Il te fâche en ces lieux d'abandonner ta proie — RAC., Mithr. III, 1
- Avec ce surcroît de princes vrais et faux dont son fils [à Mme d'Espinoy] était environné de si près, bien leur fâchait de ne l'être pas aussi — SAINT-SIMON, 59, 246
- Les courtisans enlèvent du produit de nos champs le plus clair, le plus net, dont bien fâche audit seigneur roi — P. L. COUR., I, 326
Avec que et le subjonctif. Il leur fâchait qu'il en fût ainsi.
On trouve aussi l'indicatif.
- Il leur fâchait qu'il ne déclarait pas sa toute-puissance — BOSSUET, Serm. quinq. 1
On lit dans J. J. Rousseau cette phrase : Les Ximenès et les Voltaire peuvent critiquer la Julie [la Nouvelle Héloïse] à leur aise ; ce n'est pas à eux qu'elle est curieuse de plaire ; et tout ce qui fâche à l'éditeur de leurs critiques, c'est qu'ils les fassent de si loin, Lett. à Mme de Luxemb. 1766, t. XIX, p. 185, édit. 1824. Cette phrase est incorrecte ; c'est fâcher impersonnel qu'il faut ici.
5 Se fâcher, v. réfl. Prendre de l'humeur, témoigner un vif mécontentement. encore relevé aujourd’hui
- Par adresse il se fâche, après s'être assuré — CORN., Pomp. IV, 1
- Je ne me fâche jamais que l'on m'écrive — BOSSUET, Lett. Corn. 16
1 autre citation
- Mme de Maintenon, charmée du roi, ne pouvait se fâcher de rien — GENLIS, Mme de Maintenon, t. I, p. 204, dans POUGENS
6 S'affliger. encore relevé aujourd’hui
- Ne vous fâchez point tant, ma très chère madame — MOL., Sgan. 16
S'irriter.
Par extension.
- Votre sang est trop bon, n'en craignez rien de lâche, Rien dont la fermeté de ces grands cœurs se fâche — CORN., Hor. II, 6
- Il [Claude] régna toutefois, bien qu il se fît haïr, Jusqu'à ce que Néron se fâcha d'obéir — CORN., Othon, III, 5
1 autre citation
- Tu charmais trop ma peine ; et le ciel qui se fâche Me vend déjà bien cher ce moment de relâche — ID., Hor. III, 1
7 Se brouiller. Se mettre mal avec quelqu'un. Ils se sont fâchés sans motif. encore relevé aujourd’hui
Synonyme
FÂCHER, METTRE EN COLÈRE. Mettre en colère, c'est exciter un accès de colère qui peut ne laisser aucune trace après soi ; au contraire, ce qui fâche laisse des traces qui durent, une impression lente à s'effacer.
Historique
XIVe s.
- La femme et le suppliant se facherent — DU CANGE, Sangulatus.
XVIe s.
- Il vous dira verité de plusieurs chouses dont je crains par lectre vous ennuyer, saichant bien les affaires que vous avez, qui ne sont pour estre faschés de petites chouses — MARG., Lett. CXIX.
- Il nous fasche qu'ils nous marchent sur les talons — MONT., II, 71
6 autres citations
- Son valet estant surchargé d'argent, il luy ordonna qu'il versast là ce qui luy faschoit — ID., II, 124
- L'estre mort ne les fasche point, mais oui bien le mourir — ID., II, 385
- Je me desrobbe aux occasions de me fascher — ID., IV, 71
- Les plus ambitieux d'entre les Spartiates commenceoient à se fascher de luy pour l'envie qu'ilz luy portoient — AMYOT, Alc. 46
- Je ne le cognois point, mais il me fasche de l'ouir ainsi partout appeler le juste — ID., Arist. 20
- Je luy ay trouvé un mary, qui ne sera pas mal à propos pour elle, si d'adventure l'aage ne luy fasche — ID., Caton, 50
Étymologie
Prov. fastigar, dégoûter, qui a donné fascher, comme masticare a donné mascher. Fastigar vient de fastic, fastig, qui représente le latin fastidium, dégoût, ennui (voy. FASTIDIEUX). Cette étymologie, donnée par Diez. paraît tout à fait véritable. Cependant il est étonnant que fâcher qui, s'il vient de fastigar, est certainement un mot ancien, ne se trouve pas dans les vieux textes ; mais, à cela, une lecture plus étendue peut remédier en le fournissant.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
- Morphalou 3.1 — ATILF (CNRS / Université de Lorraine) LGPL-LR
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