gaieté

nature
nom féminin
diction
[ɡete] · 2 syllabes
attesté
1160
usage
30 par million de mots

Sens et définitions

Nom 9

  1. Disposition à être de bonne humeur.
    • À mon sens la gaieté vaut presque la sagesse. Imbert, Jaloux sans amour, I, 6
  2. Belle humeur.
    • Ce pauvre diable ainsi parlant Mettait en gaieté tout l’hospice. Pierre Jean de Béranger, Ange gardien
  3. vieilli Folâtrerie, plaisanteries ou jeux d’enfants.
    • Ce sont là de petites gaietés qu’on peut passer à la jeunesse.
  4. Vivacité de belle humeur franche et communicative.
    • Les hommes mêmes n’ont pas en Perse la gaieté qu’ont les Français. Montesquieu, Lett. pers., 34
  5. Manière agréable et enjouée d’écrire.
    • Avoir de la gaieté dans le style.
  6. Pointe de vin ; griserie d’alcool.
    • On commençait à être en gaieté.
  7. Vivacité, en parlant d’un cheval.
  8. Paroles, actions gaies, folâtres.
    • Ce sont des jeux de mains et des gaietés incroyables. Marquise de Sévigné, 264
  9. Petite pièce de théâtre ou autre, destinée à faire rire.

Citation

Ce pauvre diable ainsi parlant Mettait en gaieté tout l'hospice
Pierre-Jean de Béranger, Ange gardien.

Origine du mot

Gai ; provenç. gayeza ; anc. cat. gaeza ; ital. gaiezza. — Littré, 1873

1873 — le Littré

GAIETÉ ou GAÎTÉ s. f. (ghé-té ; anciennement il était de trois syllabes, ghé-ye-té, comme on le voit par ces vers : Mais je vous avouerai que cette gaieté Surprend au dépourvu toute ma fermeté Mais que de gaieté de cœur On passe aux mouvements d'une fureur extrême)

1 Belle humeur. repris par le Wiktionnaire

  • À mon sens la gaieté vaut presque la sagesse — IMBERT, Jaloux sans amour, I, 6
  • Ce pauvre diable ainsi parlant Mettait en gaieté tout l'hospice — BÉRANG., Ange gardien.
1 autre citation
  • Quelques pages plus loin, vous retrouverez la vivacité impétueuse de Lovelace, son incorrigible folie, et cette gaîté non plus du vice, mais du remords qui cherche à s'étourdir — VILLEMAIN, Litt. fr. XVIIIe siècle, 1re leçon.

Avoir de la gaieté dans le style, écrire d'une manière agréable et enjouée.

Vivacité de belle humeur franche et communicative.

  • Les hommes mêmes n'ont pas en Perse la gaieté qu'ont les Français — MONTESQ., Lett. pers. 34
  • Le vrai caractère de la gaieté italienne, ce n'est pas la moquerie, c'est l'imagination — STAËL, Corinne, VII, 2
1 autre citation
  • Cette gaieté qui ne tenait en rien à la moquerie, mais seulement à la vivacité de l'esprit, à la fraîcheur de l'imagination — ID., ib. II, 2

Pointe de vin. On commençait à être en gaieté.

Ce cheval a de la gaieté, il a de la vivacité.

On dit aussi : ce cheval est gai.

2 Paroles, actions gaies, folâtres. repris par le Wiktionnaire

  • Ce sont des jeux de mains et des gaietés incroyables — SÉV., 264
  • Cent escapades aussi fortes passèrent pour des gaietés et des gentillesses agréables — SAINT-SIMON, 259, 219

Une gaieté, petite pièce de théâtre ou autre, destinée à faire rire.

  • Une petite gaieté qu'il s'était permise au théâtre de Fontainebleau, en y tournant en ridicule, dans un prologue de sa façon, les gentilshommes de la chambre, les lui avait aliénés — MARMONTEL, Mém. VI
  • Verre en main, Jean le vigneron Chantait les gaietés de Piron — BÉRANG., Nourrice.

3 De gaieté de cœur, loc adv. De propos délibéré et sans sujet.

  • Les personnes qui écrivent de gaieté de cœur et seulement pour dire des gentillesses, ne sont pas excusables de ne m'avoir pas fait cet honneur [de ne m'avoir pas écrit] — VOIT., Lett. 19
  • Il m'attaque de gaieté de cœur pour se faire connaître de quelque façon que ce soit — MOL., l'Impromptu, 3
5 autres citations
  • C'est une licence que prennent messieurs les poëtes de mentir de gaieté de cœur — ID., Comtesse d'Esc. 1
  • Troubler de gaieté de cœur la fortune d'une personne — SÉV., 384
  • Les juges du chevalier de la Barre ont été des monstres sanguinaires de gaieté de cœur — VOLT., Roi de Prusse, 268
  • Celui qui va se battre de gaieté de cœur — J. J. ROUSS., Hél. I, 57
  • Leur ineptie, comme le dit très bien Votre Majesté, fera gagner aux Allemands et aux Hollandais l'argent que la France perdra de gaieté de cœur — D'ALEMB., Lett. au roi de Pr. 16 fév. 1782
Historique

XVIe s.

  • ....Pour domter la gayeté trop grande de leurs appetits — CALV., Instit. 144
  • Boisverd voulut couvrir sa pauvreté [son peu d'hommes] d'une gayeté de cœur, jettant au devant de soi 80 arquebusiers pour faire fumée sur le haut de la levée — D'AUB., Hist. I, 266
3 autres citations
  • Puis tournant sur son chemin, il prit Sahurne d'une mesme gaieté — ID., II, 114
  • Qui pourra penser que le tiers estat aie en mesme temps au cœur la gaieté des armes, la peur au visage, et la faim entre les dents ? — ID., ib. 252
  • Ils trouvoient fort mauvais que l'on allast ainsi voluntairement de guayeté de cœur commencer la guerre à ces peuples — AMYOT, Crass. 31
Étymologie

Gai ; provenç. gayeza ; anc. cat. gaeza ; ital. gaiezza.

Supplément au dictionnaire

GAIETÉ. - HIST. Ajoutez :

XIIe s.i (On voit par là que ce mot, qui, dans l'historique, n'a des exemples que du XVIe siècle, remonte aux plus anciens temps de la langue.)

  • Chevels ot blons, molt avenant, Ielz [yeux] vers et pleins de gaieté — BENOIT, Roman de Troie, V. 5377

XIIIe s.

  • Les dames vont devant plaines de gaieté — Brun de la Montaigne, V. 1394, éd. P. Meyer, Paris, 1875

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « gaieté » du Wiktionnaire.

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