emportement

nature
nom masculin
diction
[ɑ̃pɔʁtəmɑ̃] · 4 syllabes
usage
4 par million de mots
parenté
en

Sens et définitions

Nom 2

  1. Action de s’emporter.
    • Je lui demandai pardon de mon emportement. Abbé Prévost, Histoire du chevalier de Grieux et de Manon Lescaut, 1731, rééditions Grenier-Flammarion, 1967, page 140
  2. Colère qui se manifeste par une insolence méprisante, des propos insultants, de la violence.
    • Pierre ne connaissait ni les emportements ni les rêveries maladives des louveteaux de Macquart. Émile Zola, La Fortune des Rougon, G. Charpentier, Paris, 1871, chapitre II ; réédition 1879, page 56

Citation

N'attendez pas de moi ces doux emportements Tels que j'en vois paraître au cœur de ces amants
Jean Racine, Baj. III, 2

Origine du mot

Emporter. — Littré, 1873

1873 — le Littré

EMPORTEMENT s. m. (an-por-te-man)

1 Mouvement déréglé, violent, qu'excite une passion.

  • Tous mes emportements pour la grandeur suprême — CORN., Tite et Bér. IV, 3
  • N'attendez pas de moi ces doux emportements Tels que j'en vois paraître au cœur de ces amants — RAC., Baj. III, 2
6 autres citations
  • Il y a des biens que l'on désire avec emportement — LA BRUY., XI
  • Secourons sa valeur qui devient imprudente, Et cet emportement que nous désapprouvons — VOLT., Tancr. V, 2
  • C'est dans l'emportement du meurtre et du carnage — ID., Olymp. III, 1
  • Sages enfin après l'emportement, Ils jouissaient de ce repos charmant Où tombe une âme heureuse et satisfaite — MALFIL., Narc. ch. IX
  • Qu'il y ait eu, dans les premiers moments, quelque emportement dans le pillage, cela doit-il étonner d'une armée exaspérée par de si grands besoins, si souffrante, et composée de tant de nations ? — SÉGUR, Hist. de Napol. VIII, 8
  • Ô bonheur de se voir adoré, Qu'avec emportement mon cœur t'a désiré ! — DELAV., Paria, II, 2

2 Transport de colère. encore relevé aujourd’hui

  • De trop d'emportement votre faute est suivie — CORN., Cid, II, 1
  • Mais ne voyais-tu pas, dans mes emportements, Que mon cœur démentait ma bouche à tous moments ? — RAC., Andr. V, 3
5 autres citations
  • Je n'ai trouvé que pleurs mêlés d'emportements — ID., ib. V, 5
  • Il [Artaxerce] en fit mourir un grand nombre dans des emportements de colère — ROLLIN, Hist. anc. Œuvres, t. IV, p. 333, dans POUGENS
  • Le roi ne leur répondit que par des emportements et des injures — ID., ib. t. IX, p. 20
  • Les termes d'emportement et de débauche qui peuvent blesser la religion et la pudeur — D'OLIVET, Hist. Acad. t. II, p. 82, dans POUGENS
  • Dirait-on, à l'emportement qui règne dans les écrits de Saumaise, que c'était au fond un homme facile et la douceur même, jusque-là qu'il se laissait dominer par une femme hautaine ? — ID., ib. p. 395
Remarque

Bouhours dit : " Nous avons vu naître ce mot sans que nous sachions précisément qui en est l'auteur. Il naquit durant les guerres civiles ; et on ne le prit d'abord que pour un mouvement et un transport de colère. "

Étymologie

Emporter.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 2 (PDF, 276 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « emportement » du Wiktionnaire.

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