aloi
- nature
- nom masculin
- diction
- [alwa] · 2 syllabes
- attesté
- 1268
- usage
- 2 par million de mots
- parenté
- a
Sens et définitions
Nom 4
-
Titre que l’or et l’argent doivent avoir selon les lois et les règlements.
- Le deuxième critère était la taille au marc, c'est-à-dire le nombre de pièces « taillées » dans un marc d'alliage à l’aloi légal prêt à l'emploi (appelé marc d'œuvre, par opposition au marc de métal non encore monnayable, nommé marc hors d’œuvre). Jean-François Lassalmonie, La boîte à l'enchanteur: Politique financière de Louis XI, Institut de la gestion publique et du développement économique/Comité pour l'histoire économique de la France, 2002, 2013
-
figuré Qualité requise par les règlements ou qui est attribuée par le vendeur, en parlant de marchandises.
- La diminution que nous pouvons constater dans la proportion des denrées alimentaires reconnues de mauvais aloi à l'analyse, démontre les progrès réalisés dans ce domaine. Bulletin mensuel de l’Office International d'Hygiène Publique, Paris, 1923, vol. 15, part. 2, page 1582
-
Considération dont jouit une personne ou ses actions.
- Ses cheveux, étalés en frange sur le front, s'y déroulaient avec une élégance foraine du meilleur aloi. Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927
-
vieilli Qualité reconnue à une œuvre de l'esprit.
- Ce sont des vers de mauvais aloi, de bas aloi.
Citation
Je suis un sou de bon aloi ; Mais en secret argentez-moi, Et me voilà fausse monnaie
Origine du mot
. Déverbal de l'ancien français aloier, ancienne forme de allier → voir aloyer.
1873 — le Littré
ALOI s. m. (a-loi)
1 Titre légal de l'or et de l'argent. De l'or, de l'argent de bon, de mauvais aloi. Or de bas aloi, or qui n'est pas au titre. encore relevé aujourd’hui
- Je suis un sou de bon aloi ; Mais en secret argentez-moi, Et me voilà fausse monnaie — BÉRANG., Refus.
2Par extension. non relevé aujourd’hui
- Le marchand voit s'il est de bon aloi [le cuvier] — LA FONT., Cuv.
- Cette marchandise est de trop bon aloi — CORN., le Ment. I, 1
1 autre citation
- Forte femelle et d'assez bon aloi — LA FONT., Troq.
3Fig. Vers de mauvais aloi. Style de bas aloi, médiocre en son genre.
- Sa tendresse n'est pas d'un bon aloi — SÉV., 110
- Il faut avoir un peu de ce bon aloi que nous regrettons — ID., 532
Historique
XIIIe s.
- Tous les mestres et li vallet doivent ouvrer de boine œuvre et de loial et de boin aloy selonc ce qui a esté acoustumé en la ville de Paris — Liv. des mét. 56
XVIe s.
- Ô Dieu, ton parler d'efficace Sonne plus cler que fin alloy — MAROT, IV, 340
- Leurs ames, du plus bas aloy, rapportent faussement le fruict de la science — MONT., I, 149
3 autres citations
- Il y avoit une grande quantité de pieces antiques de monnoie, les unes d'argent, les autres d'aloi [alliage], desquelles il ne savoit la valeur — DESPER., Contes, XX
- Il meit en avant (encores que les deputez de l'empereur fussent contents de prendre les escus marchans et ayans cours) qu'on meist les dits escus au marc et à l'aloy [titre] — M. DU BELL., 159
- Celui qui dignement voudra chanter ta grace, Ta vertu, tes honneurs, il faudra qu'il se fasse Argentier general ou tresorier d'un roy, Ayant tousjours les doigts jaunes de ton aloy [or] — RONS., 910
Étymologie
Bas-lat. alleium, aleium, alaium. Ménage suppose un mot latin adlex qu'on aura pu dire de même qu'exlex, comme qui dirait selon la loi : « Du Haillan, ajoute-t-il, dans son traité de l'Estat de France : Les monnoyes de France sont altérées et de mauvaise loy ; la corruption du langage dit alloy, mais il faut dire loy, pource que la monoye est la loy du peuple. Dans les anciennes ordonnances touchant les monnoyes, il n'y a que loy : à 24 caras de loy ; qui ne sont pas de telle loi, et c'est comme parle M. de Bouteroue. » On trouve dans le provençal ley avec le sens de titre : Els no son ni de ley ni de pes, dans Raynouard. Dans l'italien aloi se dit lega, et aussi allegato, de bon aloi. En espagnol ley signifie aussi aloi. Toutes ces concordances paraissent bien démontrer que aloi vient de à (voy. À) et loi (voy. LOI) ; ce qui est conforme à la loi. Cependant il est difficile de ne pas y remarquer aussi une confusion avec allier, alliage. Lega italien est plus près de ligare que de lex ; et plusieurs des anciennes formes françaises se rapprochent aussi d'allier.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 1 (PDF, 199 Mo)
Sources
- Wiktionnaire Licence Creative Commons partage identique
- Littré (1873), balisage XML de François Gannaz Licence Creative Commons partage identique
- wiktionnaire (cibles)
- Lexique 3.83 — Boris New et Christophe Pallier Licence Creative Commons partage identique
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