ornement

nature
nom masculin
diction
[ɔʁnəmɑ̃] · 3 syllabes
usage
4 par million de mots
parenté
orner

Sens et définitions

Nom 12

  1. Ce qui sert à orner, à embellir.
    • L’Inde autrefois nous donna l’anémone, De nos jardins ornement printanier. Évariste de Parny, « Les Fleurs », dans le recueil Œuvres d’Évariste Parny, tome 1, Paris : chez Debray, impr. Didot l’aîné, 1808, page 177
  2. Parure.
    • […], M. B. sortit de sa tente coiffé d'un superbe bicorne à plumes blanches. Il y avait là, paraît-il, une infraction flagrante au protocole, qui réserve cet ornement aux seuls chefs de mission. Frédéric Weisgerber, Au seuil du Maroc Moderne, Institut des Hautes Études Marocaines, Rabat : Les éditions de la porte, 1947, page 269
  3. Peintures faites, dans une galerie, pour servir d’accompagnement au sujet principal et qui n’en font point partie.
    • Un peintre d’ornements.
  4. figuré Ce qui sert à faire honneur, à donner du lustre à un pays, à un siècle, à une famille, etc.
    • ― Douleur naturelle, dit Guise… Une fille si charmante ! ― Elle eût été l’ornement de votre cour, sire ! fit Condé. Michel Zévaco, Le Capitan, 1906, Arthème Fayard, collection « Le Livre populaire » nᵒ 31, 1907
  5. Pièce d’une même couleur ou d’une même parure, faisant un assortiment entier, dans lequel les habits sacerdotaux et les devants d’autel sont compris.
    • Un ornement blanc, rouge.
  6. Ensemble des habits sacerdotaux, comme la chasuble, l’étole, etc., dont les prêtres se servent pour les offices dans le culte catholique.
6 emplois spécialisés
  1. Poésie Figure, forme de style dont on se sert pour embellir le discours.
    • Les ornements du style.
  2. Art Figure de fantaisie, comme fleuron, rosace, feston, que différents arts ou métiers emploient comme embellissements.
    • Elle honnit le carton-pâte et l'ornement en staff, l'orviétan des charlatans littéraires, le tarabiscotage des épithètes, qui sont trop souvent l'essentiel d'un livre consacré aux splendeurs factices d"un climat africain. Pierre Mannoni, Les Français d'Algérie: vie, mœurs, mentalité, 1993
  3. Architecture Sculpture, moulure, qui sert à décorer les différentes parties d’un bâtiment ou d’une boiserie.
    • À première vue, on attribuerait au gothique flamboyant cette maîtresse œuvre où l'on découvre bientôt les volutes, les ornements, toutes les riches imaginations de la Renaissance. Ludovic Naudeau, La France se regarde : Le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931
  4. Musique Notes secondaires utilisées pour embellir une ligne mélodique.
  5. Décoration intérieure Produit de fibres textiles qui fait partie intégrante d'un article à des fins décoratives et qui constitue un motif général ou un dessin facile à distinguer et dont la teneur en fibres est différente de celle du reste de l'article.
  6. Éléments d'architecture Désigne tout élément accessoire peint, sculpté, moulé ou mouluré, dont la fonction est purement esthétique.

Citation

Cette femme ambitieuse et vaine croit valoir beaucoup quand elle s'est chargée d'or, de pierreries et de mille autres vains ornements
Bossuet, la Vallière.

Origine du mot

Du latin ornamentum.

Dans le dictionnaire latin : ornamentum

Les mots français venus du latin

1873 — le Littré

ORNEMENT s. m. (or-ne-man)

1 Ce qui orne, ce qui sert à orner. encore relevé aujourd’hui

  • Grand prince, en attendant vos ornements royaux, Recevez, s'il vous plaît, quelques rares joyaux — MAIRET, Soliman, V, 4
  • Cette femme ambitieuse et vaine croit valoir beaucoup quand elle s'est chargée d'or, de pierreries et de mille autres vains ornements — BOSSUET, la Vallière.
9 autres citations
  • L'âme regarde ensuite le corps auquel elle est unie ; elle le voit revêtu de mille ornements étrangers ; elle en a honte, parce qu'elle voit que ces ornements empruntés sont un piége et pour les autres et pour elle-même — ID., ib.
  • Seigneur, dit-elle, pour prévenir votre colère, je commencerai moi-même à m'en dépouiller [d'une vaine parure] ; entrons dans un état où il n'y ait plus d'ornement que celui de la vertu — ID., ib.
  • Je ferai tomber leurs cheveux, je détruirai et les colliers et les bracelets.... car le Saint-Esprit a voulu descendre dans un dénombrement exact de tous les ornements de la vanité, s'attachant pour ainsi parler, à suivre par sa vengeance toutes les diverses parures qu'une vaine curiosité a inventées — ID., ib.
  • Les mains industrieusement occupées s'exerçaient dans des ouvrages dont la piété avait donné le dessin : c'était ou des habits pour les pauvres, ou des ornements pour les autels — ID., Anne de Gonz.
  • Les obélisques font le principal ornement de Rome — ID., Hist. III, 3
  • Telle qu'une bergère, aux plus beaux jours de fête, De superbes rubis ne charge point sa tête, Et, sans mêler à l'or l'éclat des diamants, Cueille en un champ voisin ses plus beaux ornements — BOILEAU, Art p. II
  • Que ces vains ornements, que ces voiles me pèsent ! — RAC., Phèdre, I, 3
  • Arrachons, déchirons tous ces vains ornements — ID., Esth. I, 5
  • Les maisons y sont propres, commodes, riantes, mais sans ornements ; la superbe architecture n'y est pas ignorée, mais elle est réservée pour les temples des dieux — FÉN., Tél. V

Fig.

  • D'un insolent discours ce juste châtiment [un soufflet] Ne lui servira pas d'un petit ornement — CORN., Cid, I, 6

2 Il se dit des figures de caprice, fleurons, rosaces, festons, etc. qu'on emploie pour orner. La peinture, la sculpture d'ornements. Un recueil d'ornements. Ce serrurier exécute très bien les ornements. encore relevé aujourd’hui

3 Particulièrement, en architecture et en menuiserie, il se dit des sculptures, moulures, etc. qui servent à orner les différentes parties d'un bâtiment ou d'une boiserie. Une façade chargée d'ornements. Une boiserie nue et sans ornements. encore relevé aujourd’hui

  • Simple en était la noble architecture [du temple] ; Chaque ornement, à sa place arrêté, Y semblait mis par la nécessité — VOLT., Temple du Goût.

Les ornements, l'architrave, la frise et la corniche.

Ornement courant, tout ornement qui se répète dans une frise ou une moulure. Les entrelacs, les rinceaux, les oves sont des ornements courants.

4 Peinture qui, dans une galerie où est représenté un sujet principal, sert d'accompagnement à ce sujet. Un peintre d'ornements. encore relevé aujourd’hui

5Terme de blason. Il se dit de tout ce qui est hors de l'écu, comme les timbres, les bourrelets, les cimiers, etc.

6 Au plur. Ornements, habits sacerdotaux et autres dont on se sert pour l'office divin dans le culte catholique, et qui comprennent plusieurs pièces différentes, comme la chasuble, l'étole. Ornements pontificaux. Le prêtre revêtu de ses ornements. encore relevé aujourd’hui

Au sing. Il se dit de plusieurs pièces d'une même couleur ou d'une même parure, qui font assortiment et qui comprennent les habits sacerdotaux et les devants d'autel. Un ornement blanc. Un ornement rouge. Un bel ornement.

Au plur. Il signifie plusieurs assortiments de cette nature. Cette sacristie renferme plusieurs beaux ornements.

7Terme de musique.

  • Ornement, notes d'agrément qu'on exprimait autrefois, dans la notation dite neumatique, par les lettres de l'alphabet, la plique, la réverbération, les fleurs, le trille, etc. M. Danjou parle, en plusieurs endroits de sa Revue de musique religieuse, des ornements du chant ; il dit, année 1848, p. 82, que les signes simples et composés de la notation en neumes, même les signes d'ornements, étaient placés sur des lignes.... — D'ORTIGUE, Dict. de pl.- ch. au mot ornement

Aujourd'hui, notes d'ornement, celles qui, écrites en petites notes, ne comptent pas dans la mesure, et pourraient à la rigueur être supprimées ; il est toujours préférable de les écrire en notes réelles, et bon nombre de compositeurs ont fini par prendre ce parti.

8 Ce qui fait honneur à.

  • Cette rare beauté qu'en ces lieux même on prise, Qui fait de ces cantons le plus digne ornement — CORN., le Ment. V, 1
  • Un saint abbé dont la doctrine et la vie sont un ornement de notre siècle — BOSSUET, Anne de Gonz.
4 autres citations
  • Quand il [Dieu] a fait, dans ses ennemis aussi bien que dans ses serviteurs, ces belles lumières d'esprit, ces rayons de son intelligence, ces images de sa bonté, ce n'est pas pour les rendre heureux qu'il leur a fait ces riches présents, c'est une décoration de l'univers, c'est un ornement du siècle présent — ID., Louis de Bourbon.
  • On l'appelle à la cour d'une grande reine [Marie de Médicis] pour en être un des principaux ornements — FLÉCH., Mme d'Aiguillon.
  • Ce fut là [à l'hôtel de Rambouillet] que, tout enfant qu'elle était, elle se fit admirer de ceux qui étaient eux-mêmes l'ornement et l'admiration de leur siècle — ID., Mme de Mont.
  • Les hommes qui ont été l'ornement de leur siècle — FÉN., Tél. XIX.

9Terme de littérature. Figures, forme de style qui servent à embellir le discours. encore relevé aujourd’hui

  • Tous [les anciens fabulistes] ont fui l'ornement et le trop d'étendue — LA FONT., Fabl. VI, 2
  • Je voudrais bien que vous eussiez donné au nôtre [nom] tous les ornements que vous lui deviez donner — SÉV., à Bussy, 8 avr. 1681
2 autres citations
  • N'attendez pas, chrétiens, que j'applique au P. Bourgoing des ornements étrangers, ni que j'aille rechercher bien loin sa noblesse dans sa naissance, sa gloire dans ses ancêtres, ses titres dans l'antiquité de sa famille — BOSSUET, Bourgoing.
  • On appelle ornement en matière d'éloquence certains tours, certaines manières qui contribuent à rendre le discours plus agréable, plus insinuant et même plus persuasif — ROLLIN, Traité des Ét. III, 3
Historique

XIe s.

  • [Elle] Vint en la cambre, plaine de marrement [tristesse] ; Si la despeiret [lisez despeicet ?] que n'i remest nient ; N'i remest [reste] palie [manteau] ne nessun ornement — St Alexis, XXVIII

XIIe s.

  • Tuz ses ornemenz sont pris — Machab. I, 2

XIIIe s.

  • Amistiez est uns loables ornemenz entre ceus qui ensemble conversent — BRUN. LATINI, Trésor, p. 312

XVIe s.

  • Accoustre et cein sur ta robuste cuisse Ton glaive aigu, qui est la resplandeur Et l'ornement de royalle grandeur — MAROT, IV, 287
Étymologie

Prov. ornament, ornamen ; espagn. et ital. ornamento ; du lat. ornamentum, de ornare, orner.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 3 (PDF, 216 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « ornement » du Wiktionnaire.

Retour au dictionnaire