symbole

nature
nom masculin
diction
[sɛ̃bɔl] · 2 syllabes
usage
23 par million de mots

Sens et définitions

Nom 9

  1. Figure ou image qui sert à désigner une chose le plus souvent abstraite, une idée ou un concept.
    • Les vieux symboles chrétiens, tant expliqués, tant traduits, présentent à l'esprit, dès qu'on les voit, une signification trop claire. Ce sont des symboles austères de mort, de mortification. Jules Michelet, Du prêtre, de la femme, de la famille, 3ᵉ éd., Hachette & Paulin, 1845, page 181
8 emplois spécialisés
  1. Numismatique Figure qu’on voit sur les médailles et qui sert à désigner soit des hommes ou des divinités, soit des parties du monde, des royaumes, des provinces ou des villes.
    • La ville de Paris a un vaisseau pour symbole.
  2. Chimie Lettre ou ensemble de lettres, qui sert à désigner un corps simple.
    • Le symbole de l’oxygène est O, celui du sodium est Na.
  3. Religion Formulaire qui contient les principaux articles de la foi.
    • Les trois symboles de la foi sont le symbole des apôtres, le symbole de Nicée et le symbole attribué à saint Athanase.
  4. Cartographie Figuration graphique, colorée et/ou alphanumérique, affectée à un phénomène pour le représenter sur la carte.
  5. Éducation Outil d'humiliation publique de la politique linguistique d'État afin de forcer les élèves à parler la langue d’enseignement. Sous la forme d'un objet à porter autour du cou, il est spécifiquement utilisé dans les écoles primaires francophones aux XIXe et XXe siècles pour interdire l'usage des langues maternelles régionales.
    • D’où l’usage, dans les classes, du légendaire « symbole », sou, médaille ou sabot, que le maître donnait au premier enfant surpris à parler occitan ou breton, à charge pour celui-ci de le repasser à un autre fautif, de sorte que le dernier possesseur de l’objet infamant soit puni. Mona Ozouf, Composition française, Gallimard, 2009, collection Folio, pages 234-235
  6. Sémiotique Signe lié à un objet par un lien purement conventionnel et arbitraire.
  7. Intelligence artificielle Signe ou notation qui, en vertu d'une convention arbitraire, correspond à une chose ou à une opération.
  8. Logiciels Représentation graphique d'un concept, reconnue dans un contexte déterminé.

Citation

On appelait symbole chez les Grecs les paroles, les signes auxquels les initiés aux mystères de Cérès, de Cybèle, de Mithra se reconnaissaient
Voltaire, Dict. phil. Credo

Origine du mot

Du latin symbolus ou latin symbolum emprunté au grec ancien σύμβολον, sýmbolon.

Dans le dictionnaire latin : symbolus

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1873 — le Littré

SYMBOLE s. m. (sin-bo-l')

1

  • On appelait symbole chez les Grecs les paroles, les signes auxquels les initiés aux mystères de Cérès, de Cybèle, de Mithra se reconnaissaient — VOLT., Dict. phil. Credo

2 Figure ou image employée comme signe d'une chose. encore relevé aujourd’hui

  • [Serpent réchauffé] Symbole des ingrats ! — LA FONT., Fabl. X, 2
  • Depuis que le roi a pris un soleil pour son symbole, et qu'il s'est approprié ce bel astre — BOUHOURS, Entret. d'Ar. et d'Eug. 6
7 autres citations
  • Tout symbole doit avoir un caractère propre et distinctif — DIDER., Salon de 1767, Œuv. t. XIV, p. 32, dans POUGENS
  • Sachez qu'en général le symbole est froid, et qu'on ne peut lui ôter ce froid insipide, mortel, que par la simplicité, la force, la sublimité de l'idée — ID., ib. p. 88
  • Le symbole est un signe relatif à l'objet dont on veut réveiller l'idée — MARMONTEL, Œuvr. t. VII, p. 181
  • La faucille est le symbole des moissons, la balance est le symbole de la justice — ID., ib. t. X, p. 237
  • Le symbole est indispensable dans l'emblème, et il ne l'est pas dans la médaille — GENLIS, Veillées du château t. I, p. 259
  • J'apportai un bouton de rose avec ses épines, comme le symbole de mes espérances mêlées de beaucoup de craintes — BERN. DE ST-PIERRE, Chaum. ind.
  • Le secret est d'une nature si divine, que les premiers hommes de l'Asie ne parlaient que par symboles — CHATEAUBR., Génie, I, I, 2

Fig.

  • Guillaume, enfant de chœur, prête sa main novice ; Son front nouveau tondu, symbole de candeur.... — BOILEAU, Lutr. I

3 Particulièrement, marque, figure qu'on voit sur les médailles, et qui sert à désigner soit des hommes ou des divinités, soit des contrées, des royaumes, des provinces, des villes. La ville de Paris a pour symbole un vaisseau. encore relevé aujourd’hui

4 Symboles sacrés, ou, simplement, symboles, les signes extérieurs des sacrements.

5 Formulaire qui contient les principaux articles de la foi. repris par le Wiktionnaire

  • Le premier concile général, où 318 évêques qui représentaient toute l'Église.... dressèrent le symbole où la consubstantialité du Père et du Fils est établie — BOSSUET, Hist. I, 11
  • Qu'on dise tout ce qu'on voudra du Symbole des Apôtres, ce sera toujours un fait véritable, qu'il est reçu et pratiqué par tout ce qui porte le nom de chrétien — ID., 2e instr. past. 125
1 autre citation
  • Au lieu de casser la tête à un ennemi renversé, il le forçait à renier son symbole religieux — MÉRIMÉE, Préface des aventures de Faeneste, par A. d'Aubigné

Le Symbole des Apôtres, et, absolument, le symbole, celui qui fut établi par les apôtres, et qui commence par ces mots : Je crois en Dieu le Père tout-puissant....

6Terme de rhétorique. Espèce de trope par lequel on substitue au nom d'une chose le nom d'un signe que l'usage a choisi pour la désigner. Ex. : La robe, c'est-à-dire la magistrature ; l'épée, c'est-à-dire l'état militaire. C'est une espèce de métonymie.

  • à la fin j'ai quitté la robe pour l'épée — CORN., Ment. I, 1

7 Symbole chimique, nom donné par les chimistes aux lettres initiales par lesquelles, pour abréger, ils désignent les corps élémentaires. O et S sont les symboles de l'oxygène et du soufre.

Historique

XVIe s.

  • Le pain est un symbole, sous lequel nostre Seigneur nous offre la vraye manducation de son corps — CALV., Instit. 1113
  • Ces trois firent là un symbole [conspiration], et y taillerent bien de la besogne que l'on a bien sceu depuis et veu éclore — BRANT., Capit. estrang. t. II, p. 90
Étymologie

Lat. symbolum, de σύμϐολον, marque convenue, de συμϐάλλειν, mettre ensemble, de σὺν, avec et βάλλειν, jeter (voy. BALISTIQUE).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1873 — texte original du domaine public, balisage de François Gannaz (xmlittre, CC BY-SA 3.0). Édition papier : télécharger le tome 4 (PDF, 234 Mo)

Sources

Les définitions et étymologies proviennent du Wiktionnaire et sont diffusées sous CC BY-SA 4.0. Elles ont été normalisées et restructurées par sens, sans réécriture du texte. Consulter l'entrée « symbole » du Wiktionnaire.

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